05/05/2009 à 11h:20 Par AFP
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le Tchad accuse le Soudan d'avoir bafoué l'accord de réconciliation Le Tchad accuse le Soudan d'avoir bafoué l'accord de réconciliation © AFP

Le Tchad a accusé mardi son voisin soudanais d'avoir lancé "plusieurs colonnes armées" contre le territoire tchadien. Kharthoum dément.

Le gouvernement tchadien a accusé mardi le Soudan d'avoir lancé "plusieurs colonnes armées" contre le Tchad, deux jours après la signature à Doha d'un énième "accord" censé réconcilier les deux pays voisins, mais Khartoum a immédiatement démenti toute implication.

Des combats meurtriers ont opposé lundi, à la frontière entre les deux pays, l'armée de N'Djamena aux rebelles tchadiens, rapporte de son côté le Centre soudanais des médias, proche des services de renseignement de Khartoum. Aucune autre source n'a fait état d'affrontements jusqu'ici.

Base arrière des rebelles tchadiens qui ont failli renverser le président Idriss Deby Itno en février 2008 à N'Djamena, le Soudan est souvent considéré comme leur principal soutien. Pour certains observateurs, le Tchad joue le même rôle auprès de factions rebelles du Darfour, dans l'ouest du Soudan.

Ces derniers jours, diverses sources avaient évoqué l'imminence d'une nouvelle offensive de la rébellion tchadienne contre le régime tchadien.

"Agression programmée contre le Tchad"

"Alors que l'encre de l'accord de Doha n'a même pas séché, le régime de Khartoum vient de lancer plusieurs colonnes armées contre notre pays", a affirmé mardi à la radio d'Etat le porte-parole du gouvernement tchadien Mahamat Hissène.

Il a évoqué une "agression programmée contre le Tchad", sans indiquer la localisation de ces "colonnes armées" ni la date du début de l'offensive présumée.

Le porte-parole, également ministre de la Communication, a pris "à témoin" la communauté internationale de "la mauvaise foi" et de la "duplicité" de Khartoum.

Les forces armées soudanaises ont immédiatement démenti toute implication, assurant n'avoir "aucun lien" avec une telle offensive.

"Ce qui se passe actuellement au Tchad concerne l'armée tchadienne et les rebelles tchadiens", a déclaré à l'AFP un porte-parole, Osmane al-Aghbash.

Dimanche, sous l'égide du Qatar et de la Libye, Khartoum et N'Djamena avaient signé à Doha un nouvel accord s'ajoutant à de nombreuses "ententes" conclues ces dernières années pour pacifier leurs relations tumultueuses mais restées lettre morte.

Positions rebelles survolées

Après une première tentative qui avait fait long feu en avril 2006, les rebelles tchadiens avaient lancé l'an dernier une offensive spectaculaire depuis leurs bases arrière soudanaises. En moins une semaine, ils avaient traversé le pays d'est en ouest (un millier de kilomètres) pour entrer le 2 février à N'Djamena, où ils ont été à deux doigts de renverser Idriss Deby.

Mais, divisés et à court de munitions, les rebelles avaient été repoussés le lendemain par l'armée tchadienne, avec notamment une aide de la France, présente au Tchad depuis 1986 avec le dispositif Epervier qui apporte un soutien logistique et en renseignement aérien au régime de N'Djamena.

Depuis, les principales factions rebelles du Tchad ont formé une nouvelle alliance, l'Union des forces de la résistance (UFR), dirigée par Timan Erdimi, un neveu et ancien proche du président Deby.

Lundi, l'UFR a appelé appelé la France et les "pays amis" à observer "une stricte neutralité dans le conflit interne tchadien", affirmant que ses positions avaient été survolées dernièrement par des avions non identifiés.

Rencontré en avril au Darfour par l'AFP, Timan Erdimi affirmait que les "préparatifs" étaient en cours pour "déclencher la guerre" contre le régime d'Idriss Deby, lui-même arrivé au pouvoir par les armes depuis le Soudan en 1990.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Tchad

Hollande et l'Afrique : changement de diplomatie, au profit de qui ?

Hollande et l'Afrique : changement de diplomatie, au profit de qui ?

Les chefs d'État accueillent diversement l'alternance française. Si le Nigérien Mahamadou Issoufou et le Guinéen Alpha Condé sont tout sourire, leurs homologues d'Afrique centrale se méfie[...]

Tchad : Mahamat Saleh Annadif, une affaire d'État

Accusé de complicité de détournement de fonds publics, l'ancien ministre des Affaires étrangères Tchadien, Mahamat Saleh Annadif, attend son procès. Et clame son innocence.[...]

CPI : après Taylor, à qui le tour ?

Le 26 avril, ils étaient nombreux, sur le continent, à suivre le verdict du procès de Charles Taylor. Et à se dire qu'ils pourraient bien un jour, comme l'ancien président libérien,[...]

Développement : l'ONG Save the children dénonce les conditions de vie des enfants sur le continent

Les pires pays au monde pour devenir mère sont africains. C’est la conclusion, accablante, du rapport de l’ONG américaine Save the children : dans les dix dernières places du classement, huit[...]

Force d'intervention au Mali : la Cedeao patiente, pour combien de temps ?

Réunie à Dakar le 3 mai, la Cedeao a fait profil bas. Si elle se dit toujours favorable à l'envoi d'une force d'intervention, elle a précisé que l'opération ne se ferait pas sans le[...]

Industrie pharmaceutique : William Kouadio-Tiacoh prend soin du continent

Directeur général de la zone Afrique centrale chez Sanofi, le pharmacien franco-ivoirien William Kouadio-Tiacoh décline la stratégie du géant français dans douze pays.[...]

Présidentielle française : François Hollande vainqueur en Afrique

Comme au premier tour, les électeurs français d’Afrique ont apporté majoritairement leur suffrage à François Hollande le 6 mai 2012. Le candidat socialiste termine en effet en tête[...]

Sénégal - Tchad : et si avec Macky Sall le dossier Habré était enfin débloqué...

Jacqueline Moudeïna est présidente de l'Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l'homme (ATPDH) et avocate des victimes de Hissène Habré depuis 2000.[...]

Tchad : Déby n'est pas pressé de s'engager au Nord-Mali

Pour chasser les rebelles touaregs de Gao et Tombouctou, plusieurs chefs d'État d'Afrique de l'Ouest regardent avec intérêt du côté du président tchadien, dont les talents militaires en zone[...]

Victoire de Hollande : quand le continent rêve d'enterrer la Françafrique

Comme Nicolas Sarkozy en son temps, François Hollande a promis de mettre fin à la "Françafrique" et d'instaurer des rapports sains entre l'Hexagone et les pays du continent. Ses actes seront-ils[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers