04/05/2009 à 09h:29 Par AFP
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 Karim Wade, super-ministre par la volonté de son père Karim Wade, super-ministre par la volonté de son père © AFP

Abdoulaye Wade récuse les allégations selon lesquelles il prépare son fils à lui succéder à la tête du Sénégal. Seulement, Karim a hérité vendredi d'un ministère très important après le remaniement du gouvernement. Le même Karim que le peuple avait désavoué lors des élections locales...

Le président sénégalais Abdoulaye Wade, 82 ans, qui se défend de promouvoir son fils Karim pour lui succéder, a relancé les spéculations et controverses en lui confiant un ministère de premier plan, incluant la Coopération et les Infrastructures.

A 40 ans, Karim Wade est devenu vendredi "le premier fils d'un président de la République à faire partie d'un gouvernement au Sénégal", souligne samedi le quotidien pro-gouvernemental Le Soleil, tandis que le journal privé L'As ironise: "Le Gabon a son Ali Bongo (fils du président et ministre de la Défense, ndlr), le Sénégal son Karim Wade".

Entrant dans l'équipe formée par le nouveau Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye, Karim Wade est devenu d'emblée "ministre d'Etat, ministre de la Coopération internationale, de l'Aménagement du territoire, des Transports aériens et des Infrastructures". Un poste stratégique puisqu'il sera chargé de mettre en oeuvre les grands chantiers et de solliciter l'aide de partenaires étrangers.

Nomination "indécente"

"On a l'impression que le président lui a dit 'qu'est-ce qui t'intéresse, mon fils?' et qu'il a ensuite accolé les choses les unes après les autres", a protesté le secrétaire national aux élections du Parti socialiste (PS), Serigne Mbaye Thiam. "En principe, dans une République, la décence commande qu'on ne prenne pas son propre fils dans son gouvernement", a fortiori quand il vient de perdre une élection, a-t-il ajouté.

Métis de mère française, Karim Wade a fait ses études à Paris. Analyste financier de profession, il est réputé très libéral et plus particulièrement proche des investisseurs du Moyen-Orient.

Elu en 2000, le président Wade avait dès 2001 placé son fils à son côté comme conseiller.

Il lui avait ensuite confié la présidence du conseil de surveillance de l'Anoci, agence nationale chargée de préparer l'organisation de la conférence islamique qui a eu lieu l'an dernier à Dakar.

La polémique a enflé sur les retards et les dépassements de budget des travaux engagés, et l'opposition a maintes fois réclamé un audit de cette agence brassant beaucoup d'argent. Mais Karim Wade est à présent décrit par Le Soleil comme l'homme qui "a à son actif la construction d'importantes infrastructures routières et aéroportuaires".

La claque des élections locales

Durant la campagne pour les municipales à Dakar, en mars, il était présenté, à l'image de son père, comme "un bâtisseur".

Mais le débat sur une éventuelle "succession monarchique père-fils" en 2012 bouillonnait déjà, le malaise social était profond, et l'opposition a finalement remporté une victoire sans appel dans la capitale.

Battu dans son propre bureau électoral, Karim Wade est devenu un simple conseiller municipal d'opposition.

"Le président voulait conquérir le pouvoir pour son fils à partir de Dakar. Maintenant, il le fait à partir du gouvernement", juge le porte-parole de l'Alliance pour la République (APR), parti d'opposition de l'ex-Premier ministre Macky Sall. "Alors que les Sénégalais voulaient un gouvernement qui prenne en charge les souffrances sociales, le président forme un gouvernement de reconquête du pouvoir", accuse encore Seydou Guèye, interrogé par l'AFP.

Le Parti démocratique sénégalais (PDS) au pouvoir appelle lui à "raison garder" et "à juger Karim Wade sur ses résultats".

Pour Le Quotidien, "voir à l'oeuvre un homme si contesté, si mystérieux, mais qui s'est incrusté au coeur de l'Etat depuis une dizaine d'années, permettra peut-être d'en mesurer les vraies capacités".

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