02/03/2009 à 08h:13 Par AFP
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Le président de Guinée-Bissau a été tué par des militaires lundi à Bissau, quelques heures après l'assassinat du chef d'état-major de l'armée, plongeant dans la confusion ce petit pays pauvre d'Afrique de l'Ouest, déjà fragilisé par le narcotrafic.

Face aux condamnations internationales, l'armée bissau-guinéenne a affirmé qu'il ne s'agissait pas d'un coup d'Etat et qu'elle respecterait "l'ordre constitutionnel et la démocratie".

"En ce moment, l'ordre constitutionnel est respecté avec une transition assurée par le président de l'Assemblée nationale" Raimundo Pereira, a déclaré en début de soirée le secrétaire d'Etat portugais aux Affaires étrangères Joao Gomes Cravinho, dont le pays était la puissance coloniale de ce pays.

Les deux assassinats ont suscité des lectures divergentes.

"La situation semble encore confuse, mais apparemment tout ceci a été organisé par l'armée. C'est un coup d'Etat", a déclaré le président de la Commission de l'Union africaine (UA) Jean Ping. Le Conseil de paix et de sécurité de l'UA a été convoqué pour mardi.

"Les informations faisant état d'un coup d'Etat sont des spéculations", a pourtant assuré le secrétaire exécutif de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) Domingos Simoes Pereira.

La CPLP, réunie en urgence à Lisbonne, a dépêché dès lundi soir une délégation sur place. Une mission ministérielle de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) est aussi attendue mardi.

Le calme régnait lundi à Bissau. Le gouvernement a décrété un deuil de sept jours et demandé au parquet de "former une commission d'enquête" sur ces décès.

Le principal porte-parole de l'armée a offert lundi diverses versions des incidents.

"Le président Vieira a été tué par l'armée au moment où il tentait de fuir sa maison attaquée par un groupe de militaires proches du chef d'état-major Tagmé Na Waié", a d'abord déclaré le capitaine de frégate José Zamora Induta.

Dimanche soir, le chef d'état-major de l'armée, le général Tagmé Na Waié, a péri dans un attentat à l'explosif à son quartier général.

Le capitaine Induta a accusé Vieira d'avoir été "l'un des principaux responsables de la mort de Tagmé", avant de revenir sur ses déclarations. "La mort du chef d'état-major de nos forces armées n'a aucun lien avec celle du président Vieira", a-t-il ensuite assuré.

"Nous n'accepterons pas que des gens interprètent cela comme un coup d'Etat. Ce n'est pas un coup d'Etat, je le répète", a-t-il souligné. "Le président a été tué par un groupe de gens que nous ne connaissons pas".

Au même moment, l'état-major assurait dans un communiqué que "l'armée (respectera) l'ordre constitutionnel et la démocratie".

Un groupe comprenant notamment les chefs d'état-major des trois corps (air, mer et terre) a rencontré dans la matinée le gouvernement de Carlos Gomes Junior, formé début janvier.

Selon la Constitution, le président de l'Assemblée nationale assure l'intérim et organisera une présidentielle dans les 60 jours.

Joao Bernardo Vieira (dit "Nino"), 69 ans, a passé quasiment 23 ans à la tête de cette ex-colonie portugaise située entre le Sénégal et la Guinée. Il avait été à la présidence en 2005, six ans après la fin d'une guerre civile de 11 mois (1998-99) qui l'avait chassé du pouvoir.

Ces derniers mois, le chef des armées et le président nourrissaient une profonde défiance réciproque. Début janvier, le premier avait affirmé avoir échappé à une tentative d'assassinat accusant le clan présidentiel d'avoir voulu le "liquider".

La communauté internationale a condamné ces incidents, notamment les responsables africains qui s'alarment de la multiplication des coups de force sur le continent.

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