20/02/2009 à 10h:17 Par AFP
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Des affrontements entre des clandestins et les forces de l'ordre ont fait une soixantaine de blessés mercredi dans le centre d'expulsion de l'île de Lampedusa (sud de l'Italie), qui a été en partie ravagé par un incendie, a-t-on appris de sources concordantes.

"Selon un bilan provisoire, une quarantaine d'immigrés ont été blessés durant ces incidents, qui sont totalement inédits", a indiqué à l'AFP la porte-parole du Haut commissariat pour les réfugiés de l'ONU (UNHCR) en Italie, Laura Boldrini.

Six d'entre eux ont été hospitalisés, certains pour avoir été intoxiqués par la fumée, selon l'agence Ansa, qui a aussi fait état de 22 blessés parmi les forces de l'ordre.

Aucun des blessés n'est dans un état grave, selon la même source.

"Il y a eu une révolte des immigrés, qui sont actuellement 860 dans le centre. Certains d'entre eux ont cherché à enfoncer un portail, mais ils ont été repoussés par les forces de l'ordre", a indiqué de son côté le préfet de police d'Agrigente Girolamo Fazio sur la chaîne d'information en continu Sky TG24.

"Un incendie s'est déclaré dans l'un des pavillons hébergeant les clandestins, qui a été en grande partie détruit", a-t-il ajouté.

L'incendie a été maîtrisé par les pompiers et la situation est redevenue calme, selon le préfet de police.

D'après l'Ansa, l'incendie a été provoqué par une vingtaine d'immigrés qui protestaient contre le rapatriement annoncé de 107 clandestins tunisiens.

La police a arrêté les responsables, une vingtaine au total, qui vont être incarcérés à Agrigente en Sicile, a indiqué le préfet.

Le gouvernement a transformé fin janvier le "centre de premier accueil" en Centre d'identification et d'expulsion afin de permettre des rapatriements plus rapides.

Jusqu'à présent, les clandestins débarqués à Lampedusa n'y restaient que quelques jours pour une identification rapide avant d'être acheminés vers des centres de rétention sur le continent où il était statué sur leur sort.

Le 24 janvier, 700 immigrés avaient forcé les grilles du centre pour aller manifester pendant plusieurs heures dans la ville de Lampedusa contre leurs conditions de vie dans le centre et contre l'ouverture du CEI.

"Ces nouvelles dispositions ont brisé l'équilibre qui existait au centre d'accueil, qui était devenu un modèle de gestion responsable des flux migratoires. Le travail du HCR et des autres organisations est parti en fumée", a commenté la porte-parole du HCR.

En 2008, près de 31.700 immigrants ont débarqué à Lampedusa, une augmentation de 75% par rapport à l'année précédente, selon le ministère de l'Intérieur.

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