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04/02/2009 à 14:44
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Le 12e sommet de l'Union africaine (UA) s'est achevé péniblement mercredi à Addis Abeba, avec une journée de retard, sur fonds de tensions entre chefs d'Etat sur l'élection, lundi, à la tête de l'organisation du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

Après une nuit de débats houleux sur le projet de "gouvernement de l'Union" et d'"Etats-Unis d'Afrique" voulu par Kadhafi mais rejeté par nombre de dirigeants du continent, les participants sont finalement parvenus mercredi après-midi à un compromis a minima en décidant de changer le nom de la Commission de l'Union (organe exécutif) en "Autorité de l'Union".

"Cette décision importante a été prise à l'unanimité de transformer la Commission en Autorité de l'Union", a déclaré à la presse à la fin du sommet le président de la Commission, Jean Ping, ajoutant: "c'est une avancée majeure qui met fin à tous ces débats sur la manière de faire avancer l'UA que nous avons depuis plus de trois ans".

Mouammar Kadhafi a lui qualifié ce changement de dénomination d'"avancée très importante", avant de lancer un "appel à la jeunesse africaine pour lui dire que la force est de son côté et qu'elle doit faire pression dans le sens de l'unité africaine".

"Nous Africains, nous n'avons que l'unité pour nous renforcer. Nous vivons dans un monde implacable. Le fort vit, mais le faible est contraint à l'asservissement. Telle est la loi de la force: vous voyez ce que vit le peuple irakien, ce que vit le peuple palestinien", a-t-il ajouté.

S'exprimant auparavant devant le sommet, Kadhafi avait salué l'élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis.

"La lutte du peuple noir a eu raison du racisme", a déclaré Kadhafi en ajoutant: "la couleur, c'est dieu qui l'a créée. Aujourd'hui Obama, fils de l'Afrique, fils du Kenya, s'est imposé aux Etats-Unis".

"L'Amérique n'est pas aux blancs seuls. J'espère qu'il parviendra à faire le changement dont il est porteur", a-t-il ajouté.

Outre le débat institutionnel laborieux, les chefs d'Etat ont abordé lors du sommet les conflits qui minent la stabilité du continent et les répercussions - tant sur le plan humain qu'en termes de développement - de la crise économique mondiale en Afrique.

"La prochaine décennie sera probablement très sombre pour l'Afrique à cause de la tourmente économique (. . . ) et du réchauffement climatique", avait sombrement prédit mardi le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, dont le pays est un des principaux bénéficiaires de l'aide internationale au développement.

Nombre de pays redoutent une baisse de l'aide internationale à l'Afrique, vitale pour certains projets de développement.

D'autant que, selon le président de la Banque mondiale Robert Zoellick, "la crise financière, qui est devenue une crise économique, devient maintenant une crise de l'emploi et dans les mois à venir, elle deviendra, pour certains, une crise humaine", touchant en premier lieu l'Afrique, en proie en permanence à des conflits.

Une bonne partie de l'attention des chefs d'Etat a d'ailleurs été mobilisée, comme à chaque sommet, par ces conflits (Somalie, Darfour, RD Congo, Zimbabwe, récents coups d'Etat en Mauritanie et en Guinée), amenant le président sortant de l'UA, le Tanzanien Jakaya Kikwete a demander une redéfinition des priorités de l'organisation.

"Il faut que nous redéfinissions nos priorités pour nous consacrer au développement de nos économies (. . . ) pour nous libérer de la honte qui est la nôtre d'être le continent le plus pauvre du monde", avait-il lancé à ses pairs.

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