27/01/2009 à 10h:51 Par AFP
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des pompiers découvrent le 27 janvier 2009 un corps calciné dans les décombres d'une galeri Des pompiers découvrent le 27 janvier 2009 un corps calciné dans les décombres d'une galeri © AFP

Le président malgache Marc Ravalomanana a accusé le maire d'Antananarivo d'être "l'initiateur des troubles" qui ont fait au moins 34 morts depuis lundi dans la capitale où des milliers de partisans d'Andry Rajoelina affluent pour un nouveau rassemblement.

Au moins 34 personnes ont trouvé la mort depuis lundi à Antananarivo à la suite des pillages et émeutes dans la ville en marge d'un grand rassemblement organisé par le maire de la capitale et dirigé contre le président malgache.

Vingt-cinq d'entre elles ont péri brûlées dans l'incendie d'une galerie marchande dans le centre-ville.

"C'était lui (le maire) le leader, l'initiateur de ces troubles", a déclaré M. Ravalomanana, qui a visité dans la matinée les locaux de la radio nationale malgache, incendiés par des émeutiers lundi.

"La priorité pour moi actuellement, c'est de réhabiliter tout ce qui a été détruit", a ajouté le chef de l'Etat.

Interrogé sur l'absence d'intervention des forces de l'ordre lundi contre les émeutiers et les pillards, M. Ravalomanana a répondu: "c'est moi qui ai donné l'ordre aux militaires de ne pas intervenir. Il faut bien gérer la crise, sinon cela aurait été un bain de sang".

Mercredi, la capitale s'apprêtait à connaître une nouvelle journée de manifestation: plusieurs milliers de partisans du maire étaient réunis dans le calme sur la place du 13 mai, en plein coeur de la capitale malgache, a constaté un journaliste de l'AFP.

Arborant la couleur orange du mouvement de contestation populaire lancée par le maire, devenu le principal opposant au régime, ces milliers de personnes écoutaient un orateur juché sur un équipement de sonorisation.

Le premier adjoint du maire frondeur d'Antananarivo a confirmé qu'une nouvelle manifestation devait être organisée mercredi dans la capitale.

"On va reprendre le mouvement. On attend maintenant la descente du maire sur la place de 13 mai", pour s'adresser à ses partisans, a déclaré par téléphone Andriamahazo Nirhy-Lanto.

Mardi matin, M. Rajoelina, surnommé "TGV" pour son caractère fonceur, avait annoncé la suspension du mouvement et appelé ses partisans à rentrer chez eux.

"On a arrêté hier pour marquer le deuil de ceux qui sont tombés dans le cadre du mouvement. Et également pour s'assurer que l'ordre soit garanti. A présent c'est ok", a déclaré l'adjoint.

Ce dernier a précisé qu'il n'y avait pour le moment pas de discussions directes avec le président Ravalomanana, estimant que ce dernier était "désavoué nationalement". Des pillages ont en effet été signalé à Mahajanga (côte ouest) et Toamasina (ex-Tamatave, côte est).

Mardi soir, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, préoccupé "face aux actes de violence" à Antananarivo, a encouragé les Malgaches "à la retenue et au dialogue".

M. Rajoelina entretient des rapports tendus avec le régime de M. Ravalomanana depuis son élection à la mairie en décembre 2007 comme candidat indépendant.

Le bras de fer s'est nettement durci depuis la fermeture par le gouvernement le 13 décembre 2008 de la télévision privée du maire, appelée Viva, après la diffusion par cette chaîne d'une interview de l'ex-président en exil Didier Ratsiraka.

"TGV" fustige aussi l'absence de liberté d'expression et de démocratie dans la Grande Ile et la "spoliation" des terres malgaches dans un colossal projet agricole mené par le Sud-Coréen Daewoo.

L'opposition a aussi dénoncé les accords avantageux accordés récemment par le gouvernement à des sociétés étrangères, notamment dans le secteur minier.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Madagascar

Madagascar : indésirable Ravalomanana

Madagascar : indésirable Ravalomanana

Marc Ravalomanana voulait rentrer de son exil sud-africain, mais son avion n'a pas pu atterir sur la Grande Île. Pourquoi le président malgache Rajoelina craint-il tant le retour de son rival ?[...]

Banque : repli stratégique des groupes français en Afrique

Acteurs historiques en Afrique, BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole se désengagent peu à peu.[...]

Loi sur les génocides : Sarkozy aussi a un problème de mémoire

Quand les politiques, pardon, les politiciens - la nuance est de taille -, se hasardent à s'emparer de l'Histoire, c'est la foire aux billevesées assurée. Quand, en outre, ils décident de[...]

Afrique - 2012 en questions : les élections présidentielles sont-elles un piège pour l'économie ?

Mali, Sénégal, Madagascar... les multiples échéances présidentielles risquent de bouleverser les équilibres nationaux.[...]

Madagascar : l'ex-président Ravalomanana empêché de rentrer au pays

L'ex-président malgache Marc Ravalomanana n'a pas pu rentrer dans son pays samedi après près de trois ans d'exil, l'avion qui devait le ramener à Antananarivo ayant du faire demi-tour et revenir[...]

Madagascar : l'ex-président Ravalomanana est parti pour Antananarivo

L'ex-président malgache Marc Ravalomanana a quitté Johannesburg samedi, pour rentrer au pays après près de trois ans d'exil en Afrique du Sud, a constaté un journaliste de l'AFP présent[...]

Madagascar : Marc Ravalomanana annonce son retour d'exil

L’ancien président Marc Ravalomanana a une nouvelle fois annoncé son retour d'exil. Il a déclaré vouloir rentrer à Madagascar samedi 21 janvier, mais son entourage estime que c'est une[...]

CAN 2012 : va y avoir du sport !

Deux pays organisateurs - le Gabon et la Guinée Équatoriale -, quatre favoris - Côte d'Ivoire, Maroc, Sénégal, Ghana -, quelques nouveaux venus, une multitude d'outsiders et autant de grands[...]

Madagascar - France : Ben Andriamaitso, champion de scratch

Arrivé en France à 3 ans, Ben Andriamaitso est devenu champion du monde des DJ en 2000. Le Malgache continue depuis à développer son art de la platine.[...]

Le christianisme a le vent en poupe au sud du Sahara

Qu’ils soient catholiques, protestants ou orthodoxes, les Subsahariens représentent près du quart des chrétiens dans le monde, selon une étude du Pew Forum.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers