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20/01/2009 à 10h:03
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L'opération des armées rwandaise et congolaise contre les rebelles hutu rwandais se poursuivait mercredi dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), cette nouvelle intervention de Kigali suscitant inquiétude et réprobation parmi les Congolais.

Au lendemain du début de cette opération conjointe sans précédent, des camions transportant des militaires congolais ont franchi mercredi la barrière de Munigi, à 6 km au nord Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu, en direction de Rutshuru, à une centaine de kilomètres plus au nord, a constaté un journaliste de l'AFP.

Mardi, 1. 500 à 2. 000 soldats rwandais, selon des estimations de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc), étaient entrés dans cette province de l'est congolais. Ils ont pris aussi la direction de Rutshuru, d'après des sources militaires.

En revanche, l'accès à cette zone était strictement interdit par les Forces armées de la RDC (FARDC), qui contrôlent la barrière de Munigi.

Les véhicules de l'ONU, des ONG et de la presse ne pouvaient passer.

Une dizaine de camions transportant des Casques bleus indiens de la Monuc ont dû rebrousser chemin après avoir été bloqués deux heures à la barrière donnant accès à la localité de Kibumba, par laquelle l'armée rwandaise est entrée mardi.

Un véhicule du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a été aussi empêché de passer par la police militaire des FARDC.

La Monuc a qualifié mardi "d'inacceptable" le fait que ses véhicules ne puissent passer la barrière de Munigi.

Objet de la traque lancée mardi, les rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qui opèrent en RDC depuis le génocide au Rwanda de 1994 et estimés à environ 6. 000, ont des bases dans la région du Rutshuru, notamment dans le Parc national des Virunga, et, plus au nord, vers le Lac Edouard.

Selon des membres de la Monuc venant du nord et qui ont pu passer la barrière pour aller à Goma, la situation était calme mercredi vers Rutshuru.

La Garde républicaine des FARDC est déjà présente dans Rutshuru avec deux ou trois blindés T 55, équipés de canons, lance-roquettes et mitrailleuses lourdes, a indiqué à l'AFP une source militaire occidentale.

Les FDLR ont confirmé que la situation sur le terrain était "encore très calme" mercredi.

"Nous n'avons pas encore été attaqués. Mais ça peut changer à tout moment. Ces milliers de soldats de l'armée rwandaise ne sont pas venus en promenade; ils sont venus faire la guerre", a déclaré à l'AFP le président du groupe rebelle Ignace Murwanashyaka.

"Nous nous défendrons si nous sommes attaqués", a-t-il ajouté, assurant que les FDLR y étaient "préparés". Il a affirmé que 6. 000 soldats rwandais étaient entrés dans la province congolaise du Sud-Kivu, voisine du Nord-Kivu, ce qui n'était pas vérifiable de source indépendante.

Les réactions d'inquiétude et de réprobation parmi les Congolais face au retour des soldats rwandais, déjà intervenus dans l'ex-Zaïre pour soutenir deux rébellions congolaises successives depuis 1996, étaient vives.

Le Phare, quotidien kinois d'opposition, titrait ainsi mercredi: "Rwanda: safari en RDCongo".

"Si ce que j'apprends est vrai, c'est tout simplement grave. Ca soulève beaucoup de questions", a estimé le président de l'Assemblée nationale Vital Kamerhe, de la majorité présidentielle.

Il s'est aussi inquiété de "l'état d'esprit des populations congolaises qui viennent à peine de sortir du traumatisme rwandais" provoqué par la succession de rébellions soutenues par Kigali.

Dans la rue, les craintes sont aussi fortes.

"Ma crainte est que les soldats rwandais ne profitent de cette opération pour piller nos richesses et tuer des innocents", a expliqué Michel, fonctionnaire.

La Monuc a réaffirmé qu'elle était "autorisée à ouvrir le feu" en cas de menace sur les civils.

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