Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) vont examiner les arguments de l'accusation en faveur de la tenue d'un procès de l'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, ainsi que ceux de la défense qui demande un non-lieu.
Pendant ces audiences dites "de confirmation des charges", prévues jusqu'à jeudi, la chambre préliminaire s'assure que les accusations portées par le procureur contre un suspect "présentent des éléments de preuve suffisants".
Les juges doivent ensuite décider s'ils confirment ou non les chefs d'accusation, ouvrant ainsi la voie à un procès.
Jean-Pierre Bemba, 46 ans, arrêté le 24 mai à Bruxelles, est inculpé de cinq chefs de crimes de guerre et trois chefs de crimes contre l'humanité pour viols, tortures, pillages et meurtres commis par les hommes de sa milice armée, le Mouvement de libération du Congo (MLC), en République centrafricaine entre octobre 2002 et mars 2003.
Le MLC appuyait alors le régime du président centrafricain Ange-Félix Patassé pour écraser une tentative de coup d'Etat du général François Bozizé, qui s'est emparé plus tard du pouvoir.
"Ce procès sera l'occasion de démontrer qu'en réalité le but visé par toutes ces manoeuvres judiciaires est l'anéantissement politique de M. Jean-Pierre Bemba", a déclaré à l'AFP son avocat Me Aimé Kilolo-Musamba.
En 2006, à la tête du MLC, Jean-Pierre Bemba a perdu les élections présidentielles face à Joseph Kabila. Il s'est exilé en avril 2007. Le MLC est actuellement la principale formation d'opposition en République démocratique du Congo.
L'audience de lundi doit s'ouvrir avec la lecture des crimes reprochés à M. Bemba, le procureur prononcera ensuite une déclaration liminaire. Les représentants des 54 victimes autorisées à participer aux audiences pourront ensuite prendre la parole, puis les avocats de M. Bemba.
"Il est tout à fait incohérent de soutenir que M. Jean-Pierre Bemba pourrait être responsable des prétendus crimes qui auraient eu lieu en Centrafrique. Nous demandons un non-lieu", a affirmé Me Kilolo-Musamba, selon lequel le procureur a produit à charge 10. 000 pages de documents.
Arguant de "la crainte qu'il n'influence des témoins", un juge de la CPI a rejeté deux demandes de remise en liberté provisoire de M. Bemba.
Détenu à la prison de Scheveningen, dans la banlieue de La Haye, M. Bemba reçoit en moyenne trois fois par semaine la visite de son épouse qui réside à Bruxelles. Ses cinq enfants, dont quatre sont mineurs, viennent le voir en fin de semaine, selon son avocat.
M. Bemba est le premier suspect de la CPI à payer lui-même son équipe de défense, qui compte six personnes. Une partie de ses avoirs, notamment un compte en banque au Portugal, a été gelée sur demande du procureur.
Ce gel a été partiellement levé pour permettre le règlement des frais d'avocat, qui se sont élevés à 190. 000 euros sur la période allant de son arrestation en mai au mois de septembre, selon des documents déposés devant la Cour.
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