Extension Factory Builder
06/12/2008 à 09:33
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Aïd el-Kébir: la 'fièvre du mouton' bat son plein Aïd el-Kébir: la "fièvre du mouton" bat son plein © AFP

A quelques jours de la grande fête musulmane de l'Aïd el-Kébir (ou Aïd al-Adha), la "fièvre du mouton" bat son plein au Maroc, où plusieurs millions de moutons et de chèvres seront sacrifiés mardi pour honorer la tradition.

Selon des chiffres officiels, quelque 5 millions d'ovins (4,6 millions) et de caprins (400. 000) devraient être achetés cette année par les Marocains pour célébrer, en famille et pendant plusieurs jours, le sacrifice d'Abraham.

Celui-ci était sur le point d'immoler son fils (Ismaël ou Isaac, selon les versions) lorsque Dieu, ayant constaté son obéissance, a arrêté son bras et lui a donné un mouton à égorger à la place.

La fête devrait générer en 2008 un chiffre d'affaires supérieur à 7 milliards de dirhams (640 millions d'euros), ce qui représente un coup de fouet pour l'économie rurale et les petits métiers attachés à l'Aïd (aiguiseurs de couteaux, bouchers itinérants, tanneurs, etc. ).

Les animaux, selon les spécialistes, sont plus chers que l'an dernier.

Pourtant, toutes les catégories sociales respectent la tradition. Rares sont les exceptions et les plus pauvres empruntent pour acheter un mouton ou, à défaut, une chèvre.

Les sommes en jeu sont importantes -il faut compter de 2. 500 à 5. 000 dirhams (de 227 à 454 euros) voire plus pour un bélier- et pèsent lourdement sur les finances des plus défavorisés.

Mais la pression sociale est forte et il est difficile d'ignorer l'Aïd. "Que faire de la journée de l'Aïd si l'on n'a pas chez soi un mouton à découper?", demandait jeudi le quotidien L'Opinion (pro-gouvernemental), soulignant que "se résigner à humer les brochettes du voisin est un inimaginable supplice à la limite de l'humiliation".

Le week-end précédant la fête est celui au cours duquel les transactions sont les plus frénétiques, avec une ruée des citadins vers les campagnes, voire les montagnes de l'Atlas, pour acheter le meilleur animal au meilleur prix.

L'offre, en tous cas, devrait largement excéder la demande et le ministère de l'Agriculture s'est voulu rassurant. Environ 4,3 millions de têtes d'ovins mâles et 2,5 millions d'agnelles et de caprins seront cette année proposées à la vente.

L'état sanitaire des animaux est satisfaisant grâce à une vigoureuse campagne de vaccination qui a permis d'immuniser 19 millions de bêtes (sur un cheptel total de 22 millions de têtes) contre la peste des petits ruminants (PPR, peste ovine).

Les autorités ont tout de même rappelé quelques indices permettant de repérer les animaux malades: augmentation de sa température, perte d'appétit, écoulements nasaux et oculaires, difficultés respiratoires, lésions buccales. . .

Le bélier âgé d'un an (khrouf), doté si possible de belles cornes, est l'animal le plus demandé. Ceux qui ont moins d'argent achètent des brebis, voire des chèvres. Le mouton de race Sardi est le plus cher, devant ceux de races Timahdit ou Bergui.

Mais quelle que soit la race, tout le monde y trouvera son compte, quitte à s'endetter pour longtemps. A ce sujet, L'Opinion suggérait "que l'on revienne à un esprit convivial et fraternel à l'occasion de la fête, afin que le riche offre un mouton au pauvre". Comme le recommande d'ailleurs la religion musulmane.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Maroc

L'Afrique part à la pêche aux 'islamodollars'

L'Afrique part à la pêche aux "islamodollars"

Au Maghreb comme au sud du Sahara, les produits financiers compatibles avec la charia se multiplient. Autant de vecteurs qui permettent aux pays du Golfe d'investir dans les infrastructures.[...]

Racisme au Maroc : à Tanger, un pogrom anti-migrants fait au moins un mort

À Tanger, une expédition sauvage menée par des Marocains contre des migrants à fait au moins un mort, le 29 août. Un drame qui met à nouveau en lumière le problème du racisme[...]

Maroc : les maraîchers disent "merci Poutine"

Depuis que Moscou a décrété un embargo sur les importations en provenance de l'Union européenne, les agriculteurs marocains s'organisent pour profiter de ce marché estimé à[...]

Le Maroc "solidaire" des pays touchés par Ebola au nom de sa politique africaine

Avec la suspension des vols d'Air France vers la Sierra Leone, le Maroc est le dernier pays à desservir de manière régulière les trois principaux pays frappés par l'épidémie[...]

Algérie - Maroc : la déchirure

Tranchées d’un côté, clôture de l’autre. Alors que le fossé entre les deux voisins ne cesse de se creuser, "Jeune Afrique" a enquêté, vingt ans après la[...]

Maroc : Rabat rêve de lumières

Confinée de longue date au statut de ville administrative, la capitale du Maroc se rêve en cité internationale de la culture et du savoir.[...]

Mariage au Maroc : quand la haute fait la noce

Ils font rarement la une des journaux, mais les mariages entre grandes familles sont une tradition bien établie dans le royaume. Une façon de perpétuer richesse, pouvoir et rang social.[...]

Justice : brèche humanitaire entre le Maroc et la France

Selon un responsable du ministère marocain de la Justice, le royaume chérifien s'apprête à transférer en France des détenus français.[...]

Ces magnats africains qui dament le pion aux multinationales

Ils ont mis en place des services, une production et une distribution locale : une poignée d'hommes d'affaires dominent leur marché et partent à la conquête du continent.[...]

Algérie - Maroc : vingt ans après, faut-il rouvrir la frontière commune ?

Vingt ans après sa fermeture, la frontière commune entre le Maroc et l'Algérie n'est toujours pas rouverte. Une situation préjudiciable pour les deux États qui se contentent, pour l'instant, de[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex