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12/11/2013 à 14:34
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Entre 25 000 et 40 000 migrants subsahariens sont présents sur le sol marocain. Entre 25 000 et 40 000 migrants subsahariens sont présents sur le sol marocain. © AFP

Les autorités marocaines ont détaillé lundi les modalités d'une campagne de régularisations d'immigrés clandestins qui débutera le 1er janvier 2014. Cette opération, qualifiée d'"exceptionnelle" par Rabat, entre dans le cadre de la nouvelle politique migratoire promise en septembre dernier par le royaume, en réponse aux nombreuses critiques d'organisations de défense des droits de l'homme.

Le Maroc va lancer une importante campagne de régularisations parmi les 25 000 à 40 000 clandestins actuellement présents sur son sol. Cette "'opération exceptionnelle de régularisation de la situation des étrangers en séjour irrégulier au Maroc aura lieu du 1er janvier au 31 décembre 2014", ont indiqué lundi 11 novembre, lors d'une conférence de presse à Salé, près de Rabat, les ministres de l'Intérieur, Mohamed Hassad, et de la Migration, Anis Birou.

Dans ce but, des "bureaux des étrangers" vont être créés dans chaque préfecture afin de traiter les demandes. Une "commission nationale de recours" sera également mise en place. Selon les responsables marocains, les quelque 850 migrants reconnus comme demandeurs d'asile par le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) seront automatiquement régularisés.

Pour les autres, une liste de critères a été établie, prenant en compte le nombre d'années de résidence, la situation légale du conjoint ou des parents, l'existence d'un travail rémunéré depuis au moins deux ans ou encore les cas de maladies graves. Ce programme "est très avant-gardiste par rapport" aux vagues de régularisations entreprises par d'autres pays dans un passé récent, a insisté Mohamed Hassad.

Violences contre les Subsahariens

Interrogé par la presse, le ministre de l'Intérieur a estimé que "25 000 à 40 000" clandestins, pour la plupart d'origine subsaharienne, se trouvaient au Maroc. Selon lui, toutes ces nouvelles mesures "partent d'une volonté forte exprimée par le roi" en septembre. S'appuyant sur un rapport du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH), un organisme institutionnel, Mohammed VI avait reconnu en septembre des "préoccupations légitimes" et appelé à gérer la question migratoire de manière "humaniste". Le gouvernement avait annoncé, dès le lendemain, qu'une "nouvelle politique d'immigration" verrait le jour.

>> À lire aussi : "Moi, Oumar, migrant guinéen bloqué dans le nord du Maroc"

Au cours des mois précédents, des rapports d'ONG ainsi que plusieurs faits divers, comme le meurtre d'un Sénégalais à Rabat, avaient entraîné une polémique sur une montée des violences à l'encontre des migrants d'Afrique noire au Maroc. Autrefois simple pays de transit, le Maroc est de plus en plus considéré comme pays d'accueil, même si de nombreux migrants gardent l'espoir de rejoindre l'Europe, en traversant le Détroit de Gibraltar ou en pénétrant dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla.

(Avec AFP)

 

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