Extension Factory Builder
11/10/2013 à 17:47
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le ministre algérien des Affaires étrangères. Le ministre algérien des Affaires étrangères. © AFP

Ramtane Lamamra, ministre des Affaires étrangères algérien et ancien commissaire au Conseil paix et sécurité de l'Union africaine.

Jeune Afrique : ce sommet extraordinaire organisé les 11 et 12 octobre a pour but de reconsidérer la position de l'Afrique vis-à-vis de la Cour pénale internationale (CPI). Que lui reprochez-vous ?

Le sentiment qui se dégage de cette rencontre est que l'Afrique, de loin, préfère une CPI qui s'amende, une CPI qui répond favorablement aux critiques constructives et légitimes, notamment de ses États membres, qui fournit un contingent important (34 pays membres sont africains, NDLR) ; plutôt qu'une CPI qui continuerait d'ignorer toutes les demandes des états membres, et qui continuerait d'ignorer aussi le sentiment général dans les opinions publiques africaines. La CPI est d'une certaine manière un tribunal du Nord contre le Sud. Il faut amender ce qui doit être amendé, soit dans le statut de Rome, soit dans le règlement intérieur, soit dans les méthodes de travail, afin que demain, nous puissions opérer une réconciliation entre la CPI et l'Afrique. L'Afrique est toujours pour la réconciliation. Ça fait partie de notre culture.

>> À lire : Portfolio interactif : la CPI, 15 ans et 29 Africains en ligne de mire

Cette rencontre pourrait aboutir à un retrait de certains États de la CPI. Est-ce la porte ouverte à l'impunité ?

Fondamentalement, le message est que l'Afrique a longtemps souffert de l'injustice. Nous sommes certainement le dernier continent à vouloir affaiblir la Cour pénale internationale et certainement le dernier à vouloir promouvoir l'impunité. L'Afrique est tout à fait en faveur de la lutte contre l'impunité ; c'est d'ailleurs inscrit dans l'acte constitutif de l'Union africaine. Et l'Union africaine est la seule institution internationale à avoir une telle disposition.

Hailemariam Desalegn, Premier ministre éthiopien et président de l’Union africaine a reproché à la CPI d'entamer une "chasse raciale". Est-ce un état de fait, selon vous ?

À côté de la CPI, il y a cette pratique de la compétence universelle. C'est-à-dire des tribunaux européens, appliquant les dispositions de leur droit interne, s'autorisant à procéder à des enquêtes criminelles, voire même des procès contre des personnalités africaines. Et ce sur la base de plaintes d'opposants qui accusent telle personnalité, non pas d'avoir commis un acte répréhensible, mais d'avoir assumé, à une période donnée de l'histoire de son pays, une responsabilité gouvernementale. C'est pousser le bouchon un peu trop loin ! C'est ignorer la souveraineté de nos pays. Cette juridiction ne s'est jamais exercée contre un dirigeant d'un pays développé...

________

Propos recueillis par Justine Boulo, à Addis-Abeba.

 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

International

Inde : de la syrah au pays de Shiva

Inde : de la syrah au pays de Shiva

Alors que la consommation nationale de vin est en pleine croissance, plusieurs producteurs locaux commencent à se faire un nom. Parmi eux, Sula Vineyards, qui s'apprête à exporter... en France.[...]

Italie : le père de Cécile Kyenge a-t-il (vraiment) ensorcelé Roberto Calderoli ?

Connu notamment pour ses insultes racistes, Roberto Carderoli a affirmé mardi que le père de Cécile Kyenge l'avait ensorcelé. Et le sénateur italien dit détenir des preuves de ses[...]

France - Libye : Sarkozy, Kadhafi et la piste malienne

Comme l'a révélé J.A. en exclusivité, les juges qui enquêtent sur le financement de la campagne de l'ex-président français en 2007 ont adressé une demande d'entraide[...]

Élite africaine : l'École des riches, euh... des roches !

Cet établissement français, où une année d'internat coûte plus de 25 000 euros, accueille depuis toujours les fils et les filles de personnalités africaines. À ce tarif,[...]

François Hollande : "Bachar al-Assad ne peut pas être un partenaire de la lutte contre le terrorisme"

Lors de son discours annuel devant les ambassadeurs, jeudi, le président français, François Hollande, a affirmé qu'il refusait coopération avec le gouvernement de Bachar al-Assad pour lutter[...]

Irak : la politique de la terre brûlée selon l'État islamique

Des jihadistes ont mis le feu jeudi à un champ pétrolier qu'ils contrôlaient dans le nord de l'Irak, avant de battre en retraite alors que les forces kurdes les attaquaient dans le même secteur.[...]

Migrants : l'UE lance l'opération "Frontex Plus" pour aider l'Italie à protéger ses frontières

La Commission européenne a décidé de lancer une nouvelle opération en Méditerranée pour aider l'Italie à faire face à l'afflux de migrants. Elle appelle les États[...]

Ebola : suspension des vols vers les pays touchés, une réponse "dangereusement inadaptée"

Les dernières compagnies aériennes qui assuraient encore la desserte des trois pays d'Afrique de l'Ouest touchés par Ebola ont presque toutes suspendu leurs vols mercredi. Une décision [...]

Turquie : Erdogan, du Coran au sérail

Pour l'enfant du quartier populaire de Kasimpasa, c'est la consécration. Élu président le 10 août, le Premier ministre sortant Recep Tayyip Erdogan compte renforcer encore son emprise sur le[...]

États-Unis : retour sur les destins brisés de neuf citoyens africains-américains

Depuis le meurtre de Michael Brown, le 9 août dernier à Ferguson, les États-Unis vivent une nouvelle fois au rythme des tensions communautaires. Une situation que le pays a connue à de multiples[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex