Extension Factory Builder
06/09/2013 à 16:45
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Christophe Lutundula, député congolais de la majorité, le 5 septembre à Paris. Christophe Lutundula, député congolais de la majorité, le 5 septembre à Paris. © Trésor Kibangula/J.A

Il fait partie des 15 membres de la Majorité présidentielle qui ont participé aux préparatifs des "concertations nationales" en RDC, avec des délégués de l'opposition, de la société civile, des institutions publiques… De passage à Paris, le député congolais Christophe Lutundula, ancien vice-président de l'Assemblée nationale, a livré à "Jeune Afrique" son regard sur les assises qui s'ouvrent le 7 septembre à Kinshasa. Interview.

Face à la crise au Kivu, les Congolais se retrouvent, à partir du 7 septembre, à Kinshasa pour des "concertations nationales". Convoquées par le président Joseph Kabila, celles-ci sont destinées notamment à "consolider la cohésion nationale" et "[à] renforcer et étendre l'autorité de l'État sur le territoire national en vue de mettre fin aux cycles de violences dans l'est du pays", précise l'ordonnance présidentielle.

Seulement voilà, tout le monde ne voit pas ce forum d'un bon œil. Certains partis politiques de l'opposition ont ainsi décidé de ne pas y participer, à l'instar de l'Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe et de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) d'Étienne Tshisekedi. Des "calculs politiciens", selon Christophe Lutundula. Le député de la Majorité présidentielle, qui a participé de bout en bout aux travaux préparatoires des "concertations nationales", revient sur les enjeux de ce énième dialogue intercongolais.

Jeune Afrique : L'absence aux "concertations nationales" d'Étienne Tshisekedi et de Vital Kamerhe, arrivés deuxième et troisième à la dernière présidentielle controversée de 2011, ne risque-t-elle pas d'affecter l'objectif de "cohésion" recherché ?

Christophe Lutundula : Étienne Tshisekedi et Vital Kamerhe refusent d'eux-mêmes de participer aux "concertations nationales". C'est de leur droit et je le respecte. Mais, ne faisons pas du mobutisme sans Mobutu : on ne peut pas aujourd'hui ramener le destin d'un peuple à la dimension de deux individus, fussent-ils les plus populaires. Leur refus doit être interprété comme un défi qu'ils nous lancent. À l'issue de ce forum national, nous devrons donc être en mesure de présenter des résolutions crédibles et conclure un pacte républicain renouvelé. Un des objectifs primordiaux de ces assises doit être celui de faire bien fonctionner les institutions issues des élections chaotiques de 2011 et faire en sorte que les prochains scrutins soient les plus transparents et les plus crédibles possibles.

Pourquoi la majorité s'est-elle opposée à la médiation de Mary Robinson, envoyée spéciale de l'ONU pour les Grands Lacs, et de Martin Kobler, le représentant du secrétaire général des Nations unies en RDC, comme l'exigeaient certains partis d'opposition ?

Ni Martin Kobler ni Mary Robynson, personne n'est proconsul en RDC.

C'est en décembre que le président Joseph Kabila a annoncé son intention de convoquer les "concertations nationales", bien avant l'accord-cadre d'Addis-Abeba, signé le 23 février, et la résolution 2098 du Conseil de sécurité, deux instruments auxquels certains partis ont tenté d'attribuer, à tort, l'initiative de ce forum national. Car nulle part dans ces deux textes, on ne désigne ces deux personnalités comme "facilitateur" ou "médiateur". Ni Martin Kobler, ni Mary Robynson, ni personne d'autre n'est proconsul en RDC.

Certains craignent que le pouvoir ne profite de ces assises pour modifier l'article 220 de la Constitution qui limite à deux les mandats du président de la république.

Les concertations ne sont pas un espace de conquête du pouvoir.

Les "concertations nationales" ne sont pas un espace de conquête ni de conservation du pouvoir. On n'y vient pas pour renforcer Joseph Kabila, encore moins pour s'affirmer. L'article 220 de la Constitution constitue la synthèse de tous les acquis de la lutte pour les libertés depuis Lumumba. On n'y touchera pas. Et Joseph Kabila en est conscient. D'ailleurs, il n'y a aucune thématique dans les "concertations nationales" qui conduit à la modification de cet article.

Une déclaration de Joseph Kabila sur la question rassurerait tout le monde, dit-on…

Comme elle peut également provoquer un séisme sur la scène politique congolaise. Tous ceux qui s'agitent pour que Joseph Kabila se prononce, ne cherchent qu'à déclencher des luttes pour le pouvoir. Cela est valable pour l'opposition comme pour la majorité.

L'après-Kabila serait-il un sujet tabou ?

À peine une année et demie du second mandat de Joseph Kabila s'est écoulée. Au moment où le pays est confronté à la guerre, la priorité serait-elle à la succession de Kabila ou au rétablissement de l'État pour créer des conditions sereines de l'après-Kabila ? C'est une question de responsabilité.

La "cohésion nationale" recherchée débouchera-t-elle sur un nouveau gouvernement d'union nationale ?

Ce ne serait pas une première dans l'histoire dans la RDC. C'est légitime pour un pouvoir démocratique d'élargir sa base politique par de nouveaux pactes de gouvernance. Mais, il ne s'agira pas de partage de gâteau comme à Sun City en 2003 [dialogue intercongolais qui avait consacré la formule 1 + 4 : un président et quatre vice-président, NDLR]. Aujourd'hui en RDC, former un gouvernement ne peut se faire que dans le cadre de la majorité parlementaire. Si un parti d'opposition rejoint la majorité, il sera normal d'apporter quelques ajustements à l'actuel gouvernement.

____________________

Propos recueillis par Trésor Kibangula

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

RD Congo

Séance académique

Un après-midi de septembre, quelque part à Kinshasa, une école supérieure de commerce est en effervescence. La raison en est simple : des étudiants doivent défendre leur travail de[...]

RDC : manifestation contre la modification de la Constitution

Plus de deux mille personnes ont manifesté, samedi matin, à Kinshasa, contre l'intention prêtée au président Joseph Kabila de modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir.[...]

RDC : Joseph Kabila "réaffirme la tenue des élections conformément au calendrier arrêté"

Les élections en RDC se tiendront conformément au calendrier prévu. C'est ce qu'a affirmé Joseph Kabila jeudi aux Nations unies.[...]

RDC - Kimwaki (TP Mazembe) : "Ne pas laisser Sétif respirer"

Même s’il conserve toutes ses chances de disputer la finale de la Ligue des champions, le TP Mazembe, battu (1-2) par les Algériens de Sétif le 20 septembre, n’est pas forcément en[...]

RDC : l'AS Vita Club monte en puissance face au TP Mazembe

L’AS Vita Club, vainqueur de Sfax (2-1) le 21 septembre en demi-finale aller de la Ligue des champions, ne dispose pas des mêmes moyens que le TP Mazembe, son grand rival de Lubumbashi. Alors qu’une finale[...]

Évolution d'Ebola en RDC : Kinshasa et l'OMS ne parlent pas le même langage

Alors que les autorités congolaises affirment que l'épidémie est "en bonne voie d'être maîtrisée", l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé mardi qu'il[...]

RDC : Ebola a fait 40 morts, l'épidémie en voie d'être "maîtrisée"

L’épidémie d’Ebola a fait 40 morts dans une zone reculée du nord-ouest de la République démocratique du Congo où la maladie est en voie d’être[...]

RDC : remue-ménage à la tête de l'armée

Pas moins de 29 ordonnances ont été signées entre mardi et jeudi par le chef de l'État congolais, Joseph Kabila. Objectif : accélère la réforme de l'armée.[...]

RDC : appel au départ de Kabila, le gouvernement répond à l'Église catholique

Le porte-parole du gouvernement de la RDC, Lambert Mende, a répondu jeudi au message des évêques du pays qui ont réitéré leur appel au départ en 2016 du président Kabila.[...]

Tunisie - Philippe Troussier : avec Sfax, "nous voulons remporter la Ligue des champions"

Dimanche à Kinshasa (RDC), Sfax se présentera avec l’étiquette de favori, lors de la demi-finale aller de la Ligue des champions face à l’AS Vita Club. Philippe Troussier,[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers