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06/09/2013 à 14:31
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Le nouveau président Ibrahim Boubacar Keïta et son Premier ministre, Oumar Tatam Ly. Le nouveau président Ibrahim Boubacar Keïta et son Premier ministre, Oumar Tatam Ly. © AFP/DR/Montage J.A.

En nommant Oumar Tatam Ly, conseiller spécial du gouverneur de la BCEAO, comme Premier ministre, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) entend marquer sa volonté de rupture avec la gouvernance de ses prédécesseurs, Alpha Oumar Konaré (AOK) et Amadou Toumani Touré (ATT).

Mis à jour le 11/09 à 11h55.

Erratum
Dans sa première version, cet article contenait une citation attribuée par erreur à Soumaïla Cissé, président de l'Union pour la république et la démocratie (URD) et ancien candidat à la présidence de la république du Mali. Il s'agissait d'une réaction à la nomination du Premier ministre malien Oumar Tatam Ly. Ce très regrettable malentendu a été rectifié et nous présentons à l'intéressé ainsi qu'à nos lecteurs nos sincères excuses pour la gêne occasionnée.

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C'est un « techno ». Mais surtout un quasi inconnu. Pour conduire son premier gouvernement, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) a privilégié la rupture et la compétence en matière économique. Si le nom d'Oumar Tatam Ly, conseiller spécial du président de la Banque centrale des États d'Afrique de l'Ouest (BCEAO), revenait avec insistance, parmi d'autres, depuis le second tour de l'élection présidentielle, l'effet de surprise n'en a pas été pour autant diminué. À peine l'annonce connue, les médias maliens avaient du mal à cerner ce banquier de 49 ans, se bornant à reproduire un CV sans âme égrenant les principales étapes du parcours ayant conduit cet agrégé d'histoire et diplômé de l'Essec de la Banque mondiale à la BCEAO, après un bref passage à la présidence comme conseiller au début du premier mandat d'Alpha Oumar Konaré (AOK).

Dans l'entourage d'IBK, on estime que le score écrasant fait par le nouveau président au second tour lui impose de se placer « au-delà des clivages politiques ». « Tatam Ly est réputé compétent, il est jeune, et surtout il n'est pas lié aux deux décennies du règne AOK-ATT », analyse un cadre de l'équipe de campagne du nouveau président. Manifestement, IBK place au-dessus de toute considération la rupture avec cette gouvernance aujourd'hui honnie des Maliens, qui fut invoquée par les militaires de Kati ralliés au capitaine – aujourd'hui général 4 étoiles – Amadou Haya Sanogo pour justifier leur putsch de mars 2012. Or sur l'échiquier politique malien, il est bien délicat de trouver un responsable politique d'envergure qui n'ait pas occupé de fonction de premier plan au cours des deux dernières décennies.

« Comme vous l'aurez remarqué, le président n'a cité dans son discours d'investiture ni Konaré ni ATT », ajoute la même source. À l'inverse, il s'est fendu d'un court mais vibrant hommage à Moussa Traoré, qualifié de « grand républicain » pour avoir été le seul ancien président malien à faire le déplacement en ce jour symbolique – AOK ne lui a même pas envoyé de message de félicitations. « IBK a opté pour un profil technique à la primature car lui-même incarne déjà un profil politique, résume l'un de ses proches. Il n'était pas nécessaire de doublonner. Ses ministres, qui seront expérimentés sans toutefois être liés à la gestion passée, viendront compléter le tableau. »

"Compétent, carré, intègre"

Discret, voire introverti, « Thierno » – comme le surnomment ses proches – a la réputation d'un homme « compétent » et « carré ». « Il est intègre, fait valoir un proche de sa famille, qui le connaît bien. Il n'est jamais allé chercher sa pitance auprès du pouvoir. » Placé à la BCEAO au début des années 1990 par Alpha Oumar Konaré, selon la même source, Oumar Tatam Ly est issu d'une famille peule qui a croisé la route d'IBK depuis de longues années. Selon un collaborateur du nouveau président, ce dernier « avait beaucoup d'estime pour son père », l'écrivain engagé Ibrahima Ly, opposant résolu à la dictature de Moussa Traoré.

Quant à sa mère, Madina Tall Ly, elle eut IBK pour adjoint lorsqu'elle fut directrice de campagne d'Alpha Oumar Konaré. « Son profil présente de nombreux atouts, conclut un conseiller du président. Il a une bonne image auprès des bailleurs, il incarne la nouveauté et ne s'est pas compromis dans la gestion des équipes précédemment en place au Mali. C'est aussi une belle machine intellectuelle, qui a participé dans les coulisses à l'élaboration du programme présidentiel. »

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Par Mehdi Ba, envoyé spécial à Bamako

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