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03/09/2013 à 18:37
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Des députés de l'opposition à l'Assemblée nationale de RDC. Des députés de l'opposition à l'Assemblée nationale de RDC. © AFP

L'opposition politique congolaise ne parvient pas à s'accorder sur sa participation ou non aux "concertations nationales", qui doivent finalement démarrer le 7 septembre à Kinshasa. Après quelques hésitations, certains partis ont décidé d'y participer alors que d'autres prônent encore le boycott. Mais la décision ne fait pas toujours l'unanimité...

À l'approche de l'ouverture des "concertations nationales" en RDC, reportée au 7 septembre, l'opposition politique paraît plus que jamais dispersée. Après quelques atermoiements, certains partis ont finalement accepté d'y prendre part. D'autres, en revanche, refusent mordicus de participer à ces assises. Quitte à créer des scissions internes dans leur famille politique.

À l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) par exemple, le mot d'ordre se résume au boycott des institutions issues des élections controversées de 2011. "Il n'est pas question pour nous de participer à un forum qui n'est autre chose qu'une messe pour légitimer le pouvoir de Joseph Kabila", tempête un conseiller du chef. Problème : le parti d'Étienne Tshisekedi compte des députés qui siègent à l'hémicycle contre l'avis de leur formation politique. Et certains d'entre eux ont annoncé, le 3 septembre, leur intention de participer aux concertations nationales. Une "imposture", tance Samy Badibanga, le président du groupe parlementaire UDPS/Alliés, rappelant que l'option levée était de "ne pas y participer".

Le même imbroglio s'observe du côté des Forces acquises au changement (FAC). Le regroupement politique de l'opposition est scindé entre l'aile Lisanga Bonganga qui a pris part aux travaux préparatoires des concertations nationales et l'aile Martin Fayulu, plutôt hostile. Ce dernier est même à la tête de la campagne "Touche pas à mon 220" destinée à empêcher toute tentative de modification de l'article 220 de la Constitution, qui ne permet pas à Joseph Kabila de briguer un nouveau mandat en 2016.

MLC in, UNC out

Plus souple, le Mouvement de libération du Congo (MLC), formation politique de Jean-Pierre Bemba, lui, sera bien présent au forum national. "Pour nous, ces concertations ne constituent qu'un cadre où chacun peut venir s'exprimer sur la situation du pays", explique Thomas Luhaka, le secrétaire général du parti.

Le MLC dit avoir exigé et obtenu du pouvoir l'élargissement de l'ordre du jour aux questions touchant notamment à la gouvernance et à la réforme de l'armée, de la police et des services de sécurité. Une autre garantie concédée par le pouvoir, c'est la mise en place d'un mécanisme de facilitation. "En cas de blocage dans les discussions, Denis Sassou Nguesso, le président du Congo-Brazzaville, sera appelé à la rescousse", soutient Thomas Luhaka. "Et pour contourner la surreprésentation de la majorité au pouvoir à ces assises, nous avons exigé et obtenu que toutes les décisions se prennent par consensus", ajoute-t-il.

Dans tous les cas, les concertations nationales n'ont aucune compétence pour réviser la Constitution.

Thomas Luhaka, secrétaire general du MLC

Par ailleurs, "nous ne considérons pas qu'il sera question de mettre en place un nouvel ordre politique : Joseph Kabila a été élu pour cinq ans, nous devons lui laisser finir son dernier mandat", souligne Thomas Luhaka. Et de préciser : "Dans tous les cas, le forum n'a aucune compétence pour réviser la Constitution".

Pas suffisant pour rassurer Vital Kamerhe. Candidat malheureux à la présidentielle de 2011, le leader de l'Union pour la nation congolaise (UNC) reproche au président Joseph Kabila d'avoir violé l'esprit même des textes qui ont appelé à ce forum national. "La résolution 2098 du Conseil de sécurité a prévu un dialogue inclusif et sous les bons offices du représentant spécial du secrétaire général de l'ONU [Martin Kobler, ndlr] et de son envoyé spécial pour les Grands Lacs [Mary Robinson, ndlr]", martèle-t-il, remettant en cause la direction des "concertations nationales" confiée à Aubin Minalu et Léon Kengo wa Dondo, présidents de deux chambres du parlement congolais.

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Par Trésor Kibangula

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