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16/08/2013 à 18:52
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L'ambassadeur de France en Andorre, Zaïr Kedadouche. L'ambassadeur de France en Andorre, Zaïr Kedadouche. © AFP

Dans une lettre adressée à Laurent Fabius au mois de juin, publiée par le journal "Le Point" le 13 août, Zaïr Kedadouche, ambassadeur français de la principauté d’Andorre, dénonce le racisme ambiant qu’il subit au Quai d'Orsay en raison de ses origines algériennes.

L’ambassadeur de France en Andorre, Zaïr Kedadouche, a porté la plume dans la plaie, le 18 juin dernier, dans une lettre adressée au ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Le ton de la missive, publiée par le journal Le Point le 13 août, est courtois mais la critique acerbe. L’ambassadeur y dénonce les « discriminations feutrées » dont font preuve certains de ses collaborateurs au quai d’Orsay. Il n’hésite pas à évoquer une expérience « douloureuse » qui a débuté alors qu’il était consul général de France à Liège, en Belgique, de 2008 à 2011.

Si les principes républicains sont clamés haut et fort par les dirigeants des hautes sphères de l’État, ils n’en sont pas moins discrètement bafoués par certains. "Ayant l’expérience de plusieurs ministères, j’ai le sentiment que le quai d’Orsay, dans sa partie la plus influente, trace sa route dans un isoloir, cherchant à éliminer toute trace génétique risquant de compromettre la reproduction sociale de ses élites", écrit-il à Laurent Fabius.

Cette "trace génétique" dont fait mention l’ambassadeur, ce sont ses origines algériennes qui ne manquent pas d’exacerber les ressentiments de son entourage professionnel, tout comme son parcours atypique.

Militant de l’intégration des jeunes issus de l’immigration

Originaire de Tourcoing, Zaïr Kedadouche passe sa jeunesse à Aubervilliers, dans la banlieue nord-est de Paris. De 1975 à 1986, il foule les terrains de Saint-Ouen, du stade Charléty et de Sedan en tant que footballeur professionnel avant de ranger ses crampons. C’est sur le terrain de la politique qu’il s’engage alors, en tant que conseiller municipal de sa ville dès 1989. Du local au national, Kedadouche exerce les fonctions de conseiller régional, de maire adjoint à la jeunesse et à l’intégration ou encore de conseiller technique chargé des associations et de la jeunesse sous le second mandat de Jacques Chirac.

Depuis longtemps, Zaïr Kedadouche milite en faveur de l’intégration des jeunes issus de l’immigration. Après avoir été victime de discriminations sur son lieu de travail, il a menacé l’un de ses collègues de l’attaquer en justice. Un responsable de l’Inspection générale des affaires étrangères aurait alors été dépêché en Andorre… et aurait sommé l’ambassadeur de ne pas porter plainte, rapporte le journaliste du Point. Depuis, Zaïr Kedadouche a saisi le défenseur des droits, Dominique Baudis, et l’instruction est en cours. Début août, le ministre des Affaires étrangères a répondu à l’ambassadeur, lui déclarant être "disposé à l’écouter". À moins que l’affaire ne soit une nouvelle fois étouffée.
 

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