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L'Unir, parti de Faure Gnassingbé, a obtenu 62 des 91 sièges du Parlement. L'Unir, parti de Faure Gnassingbé, a obtenu 62 des 91 sièges du Parlement. © AFP

La publication par la presse togolaise d'un rapport d'experts indépendants mandatés par l'Union européenne (UE) a créé la polémique et a poussé la délégation de l'UE à Lomé à s'en désolidariser, le 14 août.

"Je rends hommage au sens civique des Togolais qui ont voté nombreux et dans le calme ainsi qu'à l'engagement des partis politiques qui a permis de créer les conditions nécessaires au bon déroulement du processus électoral." Deux jours à peine après les élections législatives du 25 juillet, Catherine Ashton, la chef de la diplomatie de l'Union européenne (UE), s'était empressée de se féliciter de la bonne tenue d'un scrutin dont la Cour constitutionnelle a proclamé les résultats définitifs, lundi 12 août.

Mais, la publication, le 7 août, par le quotidien Liberté d'un rapport intérimaire de la mission d’expertise électorale de l’UE a plongé les diplomates européens dans l'embarras. À tel point que la délégation européenne à Lomé s'est désolidarisée des conclusions des experts. "La délégation tient à préciser que les informations contenues dans ce rapport provisoire ne reflètent que l'opinion d'experts électoraux indépendants, (…) et ne peuvent en aucun cas être considérées comme les positions officielles de l'UE", a indiqué un communiqué, le 14 août.

"C'est un document de travail, un rapport interne qui aurait dû le rester, et qui n'est pas représentatif de l'ensemble de notre action sur place, précise Patrick Spirlet, le responsable de la délégation à Lomé. Sa publication a entraîné une confusion entre l'analyse des experts et la position européenne."

Dans leur rapport, les deux experts indépendants recrutés par l'UE mettent le doigt sur un certain nombre de dysfonctionnements. "Le scrutin a été émaillé de défaillances logistiques ayant engendré un retard dans l'ouverture de très nombreux bureaux de vote et dans la transmission des résultats", peut-on lire. "Un défaut de planification, une mauvaise anticipation des besoins ainsi qu'un certain optimisme ont très certainement été à l'origine de ces défaillances logistiques", poursuit le rapport.

On apprend ainsi que dans la circonscription du Grand Lomé, les retards observés ont provoqué l'exaspération des électeurs.

Autre point négatif, l'interférence des délégués des partis politiques dans les opérations de vote. "Certains délégués ont été vus prêter concours aux opérations en se substituant au personnel, explique le document. Dans de nombreux cas, ils se sont occupés du collage de l'hologramme sur le bulletin de vote [les hologrammes servent à les authentifier, nclr]." Pour les experts, cette "confusion des rôles (…) est préjudiciable à l'intégrité du processus électoral."

Dysfonctionnements

Confusion, encore, lors de la transmission des résultats. "Cette étape, pourtant fondamentale, n'a sans doute pas bénéficié d'une attention suffisante. Ces derniers ont peiné au cours des 48 heures suivant le scrutin à expliquer les dysfonctionnements et les retards dans la remontée des procès-verbaux" vers la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

Une partie de la presse togolaise a immédiatement estimé que ce rapport remettait en cause la crédibilité des législatives. Pourtant selon les experts, "les opérations électorales se sont déroulées de manière satisfaisante dans les 7 542 bureaux de vote. Les électeurs ont pu exercer leur droit civique sans intimidation ni tentative d'intimidation de la part d'éléments extérieurs".

"Les procédures de vote, en particulier la confidentialité, ont été respectées dans leur ensemble ", poursuivent les experts qui saluent le travail des "membres des bureaux de vote". Une analyse finalement pas si éloignée des conclusions officielles de l'UE. "Nous estimons que le scrutin s'est déroulé dans le calme et que les dysfonctionnements constatés ne remettent pas en cause sa légitimité", explique Patrick Spirlet.

Si la mission de l'UE a pris la peine de publier son communiqué, c'est donc surtout pour "éteindre la polémique", précise le chef de la délégation.

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Par Vincent Duhem

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