Extension Factory Builder
13/08/2013 à 09:38
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le chef du parti tunisien Ennahdha (g), et le secrétaire général de l'UGTT, le 12 août 2013 à T Le chef du parti tunisien Ennahdha (g), et le secrétaire général de l'UGTT, le 12 août 2013 à T © AFP

Le secrétaire général du puissant syndicat UGTT, Houcine Abassi, s'est longuement entretenu avec le chef d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, lundi 12 août. Sans parvenir à rapprocher les positions du parti islamiste et de l'opposition.

Les négociations entre le chef Ennahdha, Rached Ghannouchi, et celui du puissant syndicat UGTT, Houcine Abassi, n’ont pas permis de rapprocher les positions de l’opposition et du parti islamiste. Après plus de quatre heures de négociations, lundi 12 août au soir, Rached Ghannouchi a évoqué un échange "positif et constructif". Son interlocuteur, dont le syndicat s’est retrouvé à contrecœur dans le rôle de médiateur, a quant à lui jugé que "l'attitude (d'Ennahdha) n'a pas changé". Les deux parties ont prévu de se revoir dans la semaine.

Les détracteurs du pouvoir demandent la démission du gouvernement et la dissolution de la Constituante, qui près de deux ans après son élection n'est pas parvenue à boucler une Constitution. Ennahdha a rejeté ces revendications et propose d'élargir sa coalition avec deux petits partis laïques ainsi que des élections en décembre. Le groupe parlementaire du parti islamiste a d'ailleurs demandé la reprise des travaux de l'Assemblée nationale constituante (ANC) dès mercredi, dénonçant la décision "illégale" de geler ses activités en raison de la crise politique.

>> Lire aussi : L'été tunisien de tous les dangers

De son côté, l'UGTT propose un gouvernement de technocrates et le maintien de l'ANC.

Rien ne laisse donc présager une sortie de la crise provoquée par l'assassinat le 25 juillet du député Mohamed Brahmi. Les deux camps prévoient de grands rassemblements mardi à l'occasion de la journée de la femme. La manifestation des détracteurs des islamistes - associations, partis politiques mais aussi l' UGTT - ont largement repris les appels à la démission du gouvernement.

La marche vise aussi à dénoncer les atteintes aux droits des femmes, alors que la Tunisie célèbre mardi l'adoption en 1956 d'une législation octroyant aux Tunisiennes des droits sans pareil dans le monde arabe. "Ce sera une manifestation historique étant donné les circonstances difficiles que le pays traverse : les assassinats politiques, le terrorisme et les tentatives de faire reculer les droits des femmes", a jugé Najoua Makhlouf, une responsable de l'UGTT.

Selon l'opposition, le projet de Constitution ne garantit pas clairement l'égalité des sexes et Ennahdha fait l'objet de toutes les suspicions depuis qu'il a tenté en 2012 d'y inscrire le principe de "complémentarité" des hommes et des femmes. Le parti islamiste dément vouloir s'en prendre aux acquis des Tunisiennes, et espère également remobiliser ses troupes, après quatre jours de calme lié aux festivités de la fin du ramadan. Ennahdha a prévu son propre rassemblement sous le slogan "les femmes de Tunisie, piliers de la transition démocratique et de l'unité nationale".

Par ailleurs, l’offensive "aérienne et terrestre" lancée par l’armée tunisienne contre un groupe suspecté de liens avec Al-Qaïda opérant au mont Chaambi, à la frontière algérienne, se poursuit. Selon une source militaire sur place, six "terroristes" auraient été tués lundi.

(Avec AFP)
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Tunisie

Armée tunisienne : la grande désillusion

Armée tunisienne : la grande désillusion

Incapable de venir à bout des maquis jihadistes, minée par des querelles au sommet, gangrenée par la politique, la grande muette a beaucoup perdu de sa superbe. Enquête exclusive sur une institut[...]

Audiovisuel tunisien : mauvaises ondes à la Haica

Incapable de s'imposer dans un monde médiatique qui flirte avec le pouvoir politique, la Haica, l'instance de régulation de l'audiovisuel, est fragilisée par une série de démissions.[...]

Attentat du Bardo : un second suspect marocain arrêté en Tunisie

Selon l'AFP, un Marocain suspecté de complicité dans l'attentat du Bardo a été arrêté jeudi en Tunisie. Un autre ressortissant du royaume avait été interpellé en Italie[...]

Tunisie : fusillade dans la caserne de Bouchoucha à Tunis, sept militaires tués

Un soldat tunisien a ouvert le feu lundi matin sur d'autres soldats, dans la caserne de Bouchoucha, à Tunis. Au moins sept militaires ont été tués et d'autres blessés, selon le ministère[...]

Barack Obama à Béji Caïd Essebsi : "Les États-Unis croient en la Tunisie"

À l'ocassion de la réception de Béji Caïd Essebsi à la Maison blanche jeudi, le président amréicain Barack Obama a annoncé son intention d'accorder à la Tunisie le[...]

Attentat du Bardo en Tunisie : doutes sur l'implication du suspect marocain arrêté en Italie

Un nouveau suspect a été appréhendé mercredi à Gaggiano, en Italie, dans le cadre de l'affaire de l’attentat du Bardo. Mais les premiers éléments laissent à penser[...]

Tunisie : contre la contrebande, l'électronique !

Habib Essid, le Premier ministre tunisien, et Slim Chaker, son ministre des Finances, ont donné carte blanche à Adel Ben Hassine, le directeur général des douanes fraîchement nommé,[...]

Les femmes africaines peinent à percer le plafond de verre

Éducation, travail, indépendance... Malgré de timides avancées, le statut des femmes n'a que peu progressé en Afrique, selon les participantes du 5e forum social d’Essaouira, au Maroc, du[...]

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi reçu par Barack Obama à la Maison blanche

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi sera reçu jeudi à Washington par son homologue américain Barack Obama. Cette deuxième rencontre entre les deux hommes à la Maison[...]

Comment Samir Tarhouni, l'ancien chef de la BAT, a empêché les Trabelsi de quitter la Tunisie en 2011

Samir Tarhouni, l'ancien patron de la brigade antiterrorisme (BAT) a été l'un des principaux protagonistes du départ de Ben Ali. Retour sur un épisode clé de l'histoire tunisienne[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers