Extension Factory Builder
07/08/2013 à 09:29
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Manifestation à Casablanca, le 6 août, contre la grâce accordée à Daniel Galvan Vina. Manifestation à Casablanca, le 6 août, contre la grâce accordée à Daniel Galvan Vina. © AFP

Daniel Galvan Vina, le pédophile gracié par le roi du Maroc, a été arrêté et placé en détention préventive en Espagne. Ces mesures n'ont pas satisfait une partie des Marocaines et des Marocains : mardi 6 août au soir, plus de 2 000 personnes ont encore manifesté contre la grâce royale à Casablanca.

« Nous voulons une réforme de la justice », « dignité et justice », « le peuple veut juger les coupables », scandaient mardi soir les manifestants rassemblés sur la grande place Mohammed V, au centre de Casablanca.

Daniel Galvan Vina, le pédophile espagnol gracié - semble-t-il par erreur - par le roi Mohammed VI, avait été envoyé en détention préventive quelques heures auparavant, après sa comparution devant le tribunal de l'Audience nationale à Madrid. Il fait l'objet d'un mandat d'arrêt international lancé la veille par la justice marocaine.

L'homme de 63 ans, condamné au Maroc en 2011 à 30 ans de prison pour des viols sur onze mineurs, a été arrêté lundi dans un hôtel de Murcie, dans le sud-est de l'Espagne. Il avait bénéficié de la grâce royale accordée le 30 juillet, à l'occasion de la fête du trône, à 48 prisonniers espagnols détenus au Maroc.

Indignation générale

Ces derniers jours, le « Daniel Gate » a soulevé un vaste mouvement d'indignation à travers le royaume. Après plusieurs jours de protestations populaires, la grâce royale a été annulée, dimanche par le roi.

Mardi soir, les manifestants ont également appelé au départ de Fouad Ali El Himma, un des proches conseillers du roi soupçonné d'être derrière l'imbroglio qui a mené à la grâce du pédophile. « Nous voulons la révocation définitive d'El Himma », criaient-ils.

La présence policière était discrète et il n'y a pas eu d'incident, a constaté le journaliste de l'AFP. « Je suis ici en tant que mère et en tant que femme pour demander l'ouverture d'une vraie enquête », a déclaré Nadia Lamlili, une journaliste qui a été tabassée lors de la manifestation à Rabat, vendredi dernier, au cours de laquelle plusieurs personnes avaient bravé la répression policière.

Lundi, au terme d'une enquête ordonnée 48 heures plus tôt, Mohammed VI a décidé de révoquer le directeur de l'administration pénitentiaire. Cette administration est accusée d'avoir « transmis par inadvertance des informations erronées (sur) la situation pénale de l'intéressé ».

"Le régime doit savoir que les temps ont changé"

« Ma fille mineure a été violée, et je participe spontanément à cette manifestation par solidarité avec les victimes », a indiqué pour sa part Khadija, une mère au foyer présente lors de la manifestation de Casablanca, la plus importante après celle de Rabat. « Je suis déçu par le silence lâche du gouvernement islamiste. Le régime doit savoir que les temps ont changé et que les logiques de la violence et de la répression sont dépassées », a pour sa part souligné Karim Tazi, un homme d'affaires casablancais qui a également participé à la manifestation.

Dans un geste d'apaisement, le roi Mohammed VI a reçu mardi à Rabat les familles des enfants victimes de Daniel Galvan Vina, afin de témoigner de sa « compassion » et de son « empathie », a indiqué le Palais royal dans un communiqué. Le souverain leur a exprimé « ses sentiments de compassion et son empathie à l'égard de leurs souffrances tant à cause de l'exploitation exécrable dont leurs enfants ont été victimes, qu'en raison de la libération de l'individu concerné », est-il indiqué dans ce communiqué publié par l'agence officielle MAP.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Maroc

Maroc : 15 ans de règne pour Mohammed VI, qui regrette des 'disparités sociales'

Maroc : 15 ans de règne pour Mohammed VI, qui regrette des "disparités sociales"

Le roi du Maroc Mohammed VI a fêté mercredi ses 15 ans de règne. Dans son discours, il a appelé à une "pause introspective" et a commandé une étude au Conseil économ[...]

Wikipédia : le classement des chefs d'État africains les plus populaires

Créé en 2001, Wikipédia s'est imposée depuis comme l'encyclopédie numérique la plus consultée au monde. Participative, elle rassemble des informations collectées par les[...]

Le FMI accorde au Maroc une nouvelle "ligne de précaution" de 5 milliards de dollars

Le Fonds monétaire international (FMI) a renouvelé la ligne de protection ouverte en faveur du Maroc. Valable sur deux ans, ce mécanisme permet au pays de se financer à hauteur de 5 milliards de dollars[...]

Maroc : gnaoua, le blues à l'âme

Menacée de disparaître, la tradition musicale des descendants d'anciens esclaves subsahariens revit grâce au festival d'Essaouira. Mais les maalem doivent aujourd'hui relever un nouveau défi :[...]

Maghreb : sur les routes du jihad pour la Syrie ou l'Irak

Ils sont des milliers à partir depuis Rabat, Tunis, Alger ou Tripoli pour rejoindre la Syrie ou l'Irak. Qui sont-ils ? Pourquoi partent-ils ? Quelles routes empruntent-ils ? "Jeune Afrique" a [...]

Ramadan 2014 : Aïd mabrouk !

Un peu partout dans le monde, les musulmans ont commencé à fêter l’Aïd el-Fitr, la fête de la fin du mois sacré de ramadan. Si certains ont débuté les festivités[...]

Mohamed Talbi : "L'islam est né laïc"

L'auteur tunisien de "Ma religion c'est la liberté" n'en démord pas : le Coran est porteur de modernité et de rationalité, mais son message a été altéré par[...]

Maroc - Prix Draper : Rachid Yazami, "Monsieur 100 000 Volts"

Le chimiste Rachid Yazami a inventé les batteries au lithium qui font vivre nos téléphones. Il est le premier lauréat français, mais aussi africain, du prestigieux prix Draper.[...]

Maroc : un millier de migrants clandestins tentent en vain de passer la frontière à Melilla

Mercredi, un millier de migrants en provenance d'Afrique subsaharienne ont tenté de pénétrer dans l'enclave espagnole de Melilla au Maroc, ont annoncé les autorités locales. Leur tentative a[...]

Maroc : mort de Hassan II, la nuit du destin

À l'occasion des quinze ans de la mort de Hassan II, Jeune Afrique réedite quelques articles d'époque. Dans celui-ci, paru dans JA n° 2012 du 30 juillet au 9 août 1999, François Soudan[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers