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07/08/2013 à 07:53
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Des manifestants devant l'ANC, le 6 août 2013. Des manifestants devant l'ANC, le 6 août 2013. © AFP

Le président de l'Assemblée nationale constituante (ANC), Mustapha Ben Jaafar, a annoncé, mardi 6 août au soir, la suspension des travaux du Parlement. Dans la soirée, les manifestants, qui protestent sans interruption depuis la mort de Mohamed Brahmi, étaient encore plusieurs dizaines de milliers en banlieue de Tunis. 

Le 6 août, en début de soirée, le président de l'Assemblée nationale constituante (ANC), Mustapha Ben Jaafar, a annoncé qu'il suspendait les travaux du Parlement pour tenter de forcer Ennahdha, au pouvoir, et ses détracteurs à s'asseoir à la table des négociations. 21 mois après son élection et deux ans et demi après la révolution, l'ANC n'est toujours pas parvenue à achever la rédaction de la Constitution.

Un peu plus tard, des dizaines de milliers de Tunisiens sont descendus dans la rue, comme chaque soir depuis l'assassinat de l'opposant Mohamed Brahmi, le 25 juillet, attribué à la mouvance salutiste. Ils réclament le départ du gouvernement dirigé par les islamistes qui ne sont pas parvenus à calmer la colère populaire.

Les manifestants, qui étaient au moins 40 000 vers 22h30 selon un responsable policier (de 100 à 200 000 personnes, selon l'opposition), scandaient "le peuple veut la chute du régime" ou encore "le gouvernement va tomber aujourd'hui". 

Cette manifestation qui s'est finie vers 1 heure du matin est de loin la plus importante depuis le début du mouvement. Elle célébrait également les six mois du premier assassinat d'un opposant, Chokri Belaïd, le 6 février.

"C'est un rassemblement (...) pour l'espoir pour une deuxième république dans laquelle les objectifs de la révolution (de janvier 2011) seront réalisés", a jugé Mohsen Marzouk, un dirigeant du parti d'opposition Nidaa Tounes.

Les détracteurs d'Ennahdha, une coalition hétéroclite, réclament en choeur un gouvernement de salut national. Une partie d'entre eux veulent aussi la dissolution de la constituante dont les travaux sont paralysés depuis des mois.

Ils ont salué le geste de Mustapha Ben Jaafar, allié laïque d'Ennahdha, le jugeant positif mais pas suffisant. "C'est un premier pas vers l’apaisement (...) mais ce n’est pas suffisant, il faut aller jusqu'à la dissolution de l'ANC et la chute du gouvernement", a souligné Mahmoud Baroudi du parti Massar.

Un gouvernement sourd aux revendications

Les islamistes ont rejeté ces revendications, proposant en retour d'élargir la coalition gouvernementale et annoncé des élections en décembre.

"Dans les régimes démocratiques, les manifestations ne changent pas les gouvernements", a jugé Rached Ghannouchi, chef d'Ennahda dans le journal La Presse.

Le Premier ministre Ali Larayedh a de son côté dénoncé les manifestations, estimant qu'elles minaient les efforts des forces de sécurité.

"La multiplication des manifestations et des sit-in perturbe les agents des forces de sécurité qui sont obligés d'être dans les rues alors qu'ils devraient participer à des opérations de lutte contre le terrorisme", a-t-il déclaré.

"Nous étions les initiateurs du Printemps arabe, soyons les initiateurs d'un état démocratique par des moyens pacifiques", a dit le chef du gouvernement.

(Avec AFP)



 

 

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