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30/07/2013 à 15:27
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Lotfi Ben Jeddou, lors d'une conférence de presse à Tunis, le 26 juillet 2013. Lotfi Ben Jeddou, lors d'une conférence de presse à Tunis, le 26 juillet 2013. © AFP

Le ministre tunisien de l'Intérieur, Lotfi Ben Jeddou, a menacé mardi 30 juillet de démissionner si aucun gouvernement d'union nationale ne venait à être formé. De son côté, le Premier ministre, Ali Larayedh, refuse toujours une telle alternative.

La pression s'intensifie autour du gouvernement d'Ali Larayedh. Mardi matin, le ministre de l'Intérieur, Lotfi Ben Jeddou, a publiquement appelé à la formation d'un gouvernement d'union nationale, n'hésitant pas à mettre sa démission dans la balance.

« Un gouvernement de salut national ou d'union nationale doit être formé pour sortir la Tunisie de cette impasse », a déclaré à la radio Lotfi Ben Jeddou, un technocrate qui n'appartient à aucun parti. Le même jour, le premier syndicat du pays, l'Union générale tunisienne du travail (UGTT, 600 000 membres), a également appelé à la démission du gouvernement pour le remplacer par un cabinet de technocrates mené par une personnalité indépendante.

La veille, Ali Larayedh, issu du parti islamiste Ennahdha, s'était montré ferme voire menaçant sur le sujet. Il a rejeté l'appel d'Ettakatol, l'une des deux autres formations au pouvoir, à la démission du gouvernement et à la constitution d'un cabinet d'union nationale. Le Premier ministre a en outre proposé la tenue d'élections le 17 décembre prochain.

Crise aiguë

Jeudi, l'assassinat d'un opposant laïc de gauche, Mohamed Brahmi, a de nouveau plongé le pays dans une crise aiguë entre partisans et adversaires du gouvernement dominé par Ennahdha. Le pays avait déjà connu un tel scénario il y a près de six mois, après le meurtre d'un autre opposant de gauche, Chokri Belaïd.

La mort de huit soldats, lundi, dans une embuscade près de la frontière algérienne, a nourri la colère de milliers de manifestants antigouvernementaux rassemblés à Tunis. Le président Moncef Marzouki a qualifié l'embuscade d'attaque terroriste, décrété trois jours de deuil national et lancé un appel à l'union nationale.

« Dans tous les pays du monde, quand l'État est confronté à une attaque terroriste, la population s'unit. Mais je ne vois rien de semblable se produire aujourd'hui en Tunisie. Tout ce que nous voyons, ce sont les divisions et le chaos », a déclaré Moncef Marzouki. « Nous sommes entrés dans une période de terrorisme. Nous allons traverser une période difficile mais nous la surmonterons. J'appelle tous les responsables politiques, en ce moment historique, à se dresser pour la nation et à s'unir », a-t-il ajouté.

(Avec AFP)

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