Extension Factory Builder
12/07/2013 à 17:37
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Tiébilé Dramé était l'émissaire de Bamako pour les négociations de Ouagadougou. Tiébilé Dramé était l'émissaire de Bamako pour les négociations de Ouagadougou. © Reuters

Ancien chef de la diplomatie malienne, négociateur pour le compte du gouvernement malien de l’accord de Ouagadougou, Tiébilé Dramé, 58 ans, est candidat à l’élection présidentielle dont il conteste le calendrier, exigeant son report. Il s’en explique.

Jeune Afrique : Pourquoi avez-vous saisi, le 7 juillet, la Cour constitutionnelle pour obtenir l’annulation de la convocation du corps électoral pour le premier tour de la présidentielle, le 28 juillet ?

Tiébilé Dramé : Parce-que les articles 27 et 30 de la Constitution disposent que le président de la République est élu au suffrage universel direct, sur l’ensemble du territoire érigé en circonscription unique. Le gouvernement malien a pris, le 30 mai, une décision énonçant que la mise à jour des listes électorales s’étalerait du 5 au 25 juin. Cette mise à jour est confiée aux commissions administratives locales. Or, à échéance, l’administration était encore absente de Kidal et de l’ensemble de ses cercles (sous-préfecture). Cela signifie que les listes acheminées, selon le ministre de l’Administration, le 12 juillet, n’ont pu être mises à jour. Elles sont donc caduques. Or, le vote à Kidal, épicentre d’un problème que traîne le Mali depuis l’indépendance et symbole, aujourd’hui, du recouvrement de son intégrité territoriale, est éminemment politique.

Des efforts soutenus par la communauté internationale ont permis d’aboutir à un accord préliminaire pour la tenue de la présidentielle. Ils ont été ruinés par l’entêtement des autorités de la transition à maintenir, coûte que coûte, le calendrier d’une élection dont les conditions sont pour le moins bancales car illégales. La précipitation mène au bricolage. Un report de trois mois, un temps envisagé en haut lieu, aurait suffi pour se mettre en conformité avec les textes. L’idée a fait long feu. Au lendemain de la saisine de la Cour constitutionnelle par mes soins, le président Diouncounda Traoré a réuni les 28 candidats ou leurs représentants. Il a reconnu que le processus était bancal mais il a tout de même maintenu la convocation du corps électoral pour le 28 juillet.

Pourquoi, selon vous, le président Traoré et son gouvernement sont si pressés d’organiser cette élection ?

Ils ne sont pas pressés, ils sont sous pression. La communauté internationale, particulièrement la France, exigent que le premier tour du scrutin se tienne en juillet. Plus grave : je constate que le chef de la diplomatie française est devenu notre Directeur général des élections (DGE) quand il parle du vote des réfugiés, celui des déplacés et celui de la diaspora. Je ne savais pas que Laurent Fabius avait été nommé par le président Traoré à la place du général Siaka Sangaré [DGE depuis plus d’une décennie, NDLR].

Pensez-vous que la saisine de la Cour constitutionnelle va porter ses fruits et que ses magistrats décideront d'un report du scrutin ?

Si la Cour dit le droit, elle ne peut que prendre en considération notre argumentaire qui se nourrit du texte fondamental et des lois de ce pays. Elle constatera d’elle-même que le scrutin ne saurait être crédible faute d’universalité des suffrages. Mais je crains le pire, les magistrats n’étant pas à l’abri des pressions subies par les autorités de la transition.

___

Propos recueillis à Bamako par Cherif Ouazani
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Affaire Kadhafi - Sarkozy : les propos de Bany Kanté contredits par Dupuydauby

Affaire Kadhafi - Sarkozy : les propos de Bany Kanté contredits par Dupuydauby

Soupçonné d'être impliqué dans le financement présumé de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy par Mouammar Kadhafi en 2007, Cheick Amadou Bany Kanté a démenti merc[...]

Affaire Kadhafi - Sarkozy : le Malien Bany Kanté nie avoir joué un rôle de "porteur de valise"

Soupçonné par la justice française d'être impliqué dans le financement présumé de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy par Mouammar Kadhafi en 2007, le Malien Cheick[...]

Exclusif - Financement présumé de Sarkozy par Kadhafi : demande d'entraide judiciaire de la France au Mali

Rebondissement dans l'enquête sur le financement présumé de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy par Mouammar Kadhafi en 2007. Soupçonnant certains hommes d'affaires maliens d'être[...]

Mali - OIF : Dioncounda Traoré, le lièvre de Bamako

Après des mois d'hésitations, l'ancien chef de l'État malien se lance enfin dans la course pour succéder à Abdou Diouf à la tête de l'OIF. Le soutien du président IBK[...]

Nord du Mali : deux soldats burkinabè tués, quatre blessés dans un attentat suicide

Deux soldats burkinabè de la force de l'ONU au Mali ont été tués samedi et quatre blessés dans un attentat-suicide à Ber, dans le nord du Mali, a-t-on appris de source sécuritaire[...]

Mali : les négociations de paix d'Alger reportées au 1er septembre

Après une première phase préparatoire en juillet, les pourparlers entre le gouvernement malien et les groupes armés vont reprendre le 1er septembre à Alger et non plus le 17 août comme[...]

Mali : trois jihadistes, dont un proche de l'émir d'Aqmi au Sahel, arrêtés par l'armée française

Trois présumés jihadistes, dont un proche de Djamel Okacha, ont été arrêtés par l'armée française le 10 août près de Tombouctou.[...]

Mali : Karim Keïta, ascenseur pour un novice

Le fils du président malien, Karim Keïta, déjà président de la Commission de la Défense de l'Assemblée, multiplie les interventions à l'étranger. Une manière de[...]

Mali - Yero Ould Daha : "Le Mujao nous protégeait du MNLA"

Yero Ould Daha, ancien cadre du Mujao à Gao, a rejoint le Mouvement arabe de l'Azawad (MAA), groupe armé opposé au MNLA qui participe aux négociations d'Alger en vue d'un accord de paix.[...]

Le Mali relâche un ex-responsable jihadiste arrêté par les militaires français

Un ancien responsable du Mujao, un groupe islamiste armé, arrêté la semaine dernière à Gao, dans le nord du Mali, par les militaires français de l'opération Barkhane, a[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers