Extension Factory Builder
05/07/2013 à 15:08
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
François Hollande s'exprime devant l'Assemblée nationale constituante (ANC), à Tunis le 5 juillet François Hollande s'exprime devant l'Assemblée nationale constituante (ANC), à Tunis le 5 juillet © AFP

En déplacement en Tunisie, le président français a proclamé, vendredi 5 juillet, sa volonté de refonder la relation franco-tunisienne en dépassant les "blessures" du passé. Il a également exprimé sa "confiance" dans une "Tunisie nouvelle" alliant islam et démocratie.

Dans un discours prononcé vendredi au perchoir de l'Assemblée nationale constituante (ANC), à Tunis, François Hollande a tenté d'arrondir les angles tout en affichant sa « confiance » dans la « nouvelle Tunisie » post-Ben Ali.

Dans une volonté d'apaisement, alors que Paris avait soutenu presque jusqu'au bout le régime de Zine El Abidine Ben Ali, le président français a assuré que « l'islam et la démocratie (étaient) compatibles » et ainsi accordé sa confiance au gouvernement dominé par le parti islamiste Ennahdha.

François Hollande a cependant aussi rappelé à la tribune de l'Assemblée nationale constituante (ANC) que la transition démocratique en Tunisie n'était pas des plus simples, saluant la mémoire de l'opposant anti-islamiste assassiné en février, Chokri Belaïd, « un homme de conviction, tué pour ses idées ». « Je forme le voeu qui est aussi le vôtre que toute la lumière soit faite sur son assassinat », a-t-il dit.

Assassinat de Farhat Hached

Rappelant qu'il était le premier chef d'État français à se rendre en Tunisie depuis la révolution, François Hollande a déclaré à la tribune de l'ANC vouloir « tirer les leçons du passé ». « Refonder notre relation, c'est tirer toutes les leçons du passé, même le plus brûlant (...) car il y a des blessures, je les connais, il y a eu des incompréhensions au moment de la révolution » de janvier 2011, a-t-il souligné. « À ce moment-là, à Paris et partout en France, des Tunisiens venaient me voir, espérant le soutien de la France dans ce moment décisif, disaient leur déception », s'est-il souvenu, lui qui était alors dans l'opposition.

Le soutien français à Ben Ali sous la présidence de Nicolas Sarkozy a laissé un goût amer à de nombreux Tunisiens. Les déclarations de la ministre des Affaires étrangères de l'époque, Michèle Alliot-Marie - qui avait proposé le « savoir-faire » policier français alors que la répression battait son plein - avaient alors fait scandale.

Lors de son discours, François Hollande est aussi revenu sur le passé colonial, annonçant une mesure symbolique attendue depuis longtemps en Tunisie : l'ouverture des archives françaises sur l'assassinat du dirigeant nationaliste et syndical Farhat Hached. « Refonder notre relation, c'est d'abord assumer la vérité. Dans cet esprit, je me rendrai aujourd'hui au mausolée de Farhat Hached. Je dirai à sa veuve et à son fils ainsi qu'aux représentants de l'UGTT que je m'engage à rechercher toute la vérité sur son assassinat en 1952. J'ai d'ores et déjà donné instruction que toutes les archives soient rendues publiques, sans aucune exception », a-t-il dit sans révéler leur contenu.

Cet assassinat est considéré en Tunisie comme l'oeuvre de la Main Rouge, organisation paramilitaire à l'époque du protectorat. Aucune preuve d'une implication des autorités françaises n'a été jusqu'à présent apportée.

Économie et tourisme

Cet après-midi, les dernières heures de la visite de François Hollande devaient prendre un tour plus économique. La France est en effet le premier partenaire économique et commercial de la Tunisie, qui compte déjà plus de 1 300 entreprises françaises représentant 125 000 emplois.

Le président français se rendra notamment à une rencontre d'hommes d'affaires des deux pays au siège de l'Utica, le patronat tunisien, au moment où la Tunisie, minée par ses difficultés politiques et sociales, peine à relever son économie, en particulier le tourisme. « L'Agence française de développement investira notamment dans la réhabilitation des quartiers populaires, l'alimentation en eau potable, la formation professionnelle, l'amélioration des liaisons ferroviaires, et le développement agricole », a promis François Hollande devant l'ANC, évoquant aussi « la conversion de dette en investissements pour des projets de développement ». « J'invite à travers cette visite tous les Français à venir nombreux passer leurs vacances en Tunisie », a-t-il également dit.

Enfin, le président français a assuré vouloir aider la Tunisie à récupérer les biens mal acquis du clan Ben Ali, qui vit en grande partie en exil à travers le monde : « Tout ce qui a été mal acquis vous sera rendu », a-t-il asséné.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Tunisie

Armée tunisienne : la grande désillusion

Armée tunisienne : la grande désillusion

Incapable de venir à bout des maquis jihadistes, minée par des querelles au sommet, gangrenée par la politique, la grande muette a beaucoup perdu de sa superbe. Enquête exclusive sur une institut[...]

Le musée du Bardo de Tunis rouvrira vendredi pour les élèves et lundi pour le grand public

Après un premier report, le musée du Bardo de Tunis doit finalement rouvrir ses portes aux écoliers et lycéens vendredi, et exceptionnellement au public lundi, plus d'une semaine après les[...]

Tunisie - Attentat du Bardo : AQMI derrière l'attentat ?

L'Etat islamique avait déjà revendiqué l'attentat du musée du Bardo, responsable de la mort de 21 personnes le 18 mars à Tunis.[...]

Tunisie : François Hollande attendu au Bardo le 29 mars

François Hollande devrait prendre part à la marche organisée dimanche 29 mars par les autorités tunisiennes, selon une source proche de l’Élysée.[...]

Terrorisme en Tunisie : comme une pieuvre étend ses tentacules...

Après Aqmi ou Ansar al-Charia, c'est au tour de Daesh, implanté dans la Libye voisine, de menacer la Tunisie.[...]

Forum social mondial - Alaa Talbi : "Les institutions restent fragiles en Tunisie"

Moins d'une semaine après l'attentat meurtrier du musée du Bardo, Tunis accueille du 24 au 28 mars le Forum social mondial. L’événement devrait réunir plus de 70 000 personnes.[...]

Tunisie : la réouverture du musée du Bardo reportée pour raisons de sécurité

Après avoir annoncé que le musée du Bardo allait rouvrir ses portes au public mardi, les autorités tunisiennes ont finalement décidé de le maintenir fermé pour raisons de[...]

Attentat du Bardo : le musée de l'horreur

Depuis 2012, les attaques jihadistes étaient circonscrites au centre et à l'ouest du pays. Mais ce 18 mars, les terroristes ont choisi de frapper le musée du Bardo, en plein coeur de Tunis.[...]

Attentat du Bardo : le gouvernement tunisien passe à l'offensive

Des sanctions avaient été promises. Lundi, le Premier ministre a limogé les chefs de la police et du musée du Bardo. Le président Béji Caïd Essebsi s'en est, lui, pris à[...]

Électrochoc

Treize ans après l'attentat contre la synagogue de la Ghriba, à Djerba (19 morts, dont 14 touristes, lire pp. 10-14), la tragique attaque contre le Musée du Bardo, à Tunis, ce[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130705150831 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130705150831 from 172.16.0.100