Extension Factory Builder
05/07/2013 à 13:35
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des manifestants boiviens brûlent le drapeau français. Des manifestants boiviens brûlent le drapeau français. © AFP

Les alliés traditionnels de la Bolivie en Amérique du Sud voient rouge. Ils réclament des excuses à l’Union européenne pour avoir temporairement fermé son espace aérien à l’avion d’Evo Morales, soupçonné de transporter le consultant américain Edward Snowden, recherché pour espionnage.

L'avion de M. Morales, soupçonné de transporter l’américain Edward Snowden – accusé par son gouvernement d’avoir révélé le programme d’espionnage (Prism) - a dû faire une escale forcée de 13 heures en Autriche, après que plusieurs pays européens lui ont refusé le survol de leur espace aérien.

>> Lire : Après WikiLeaks, un nouveau scandale affecte le renseignement américain

Au lendemain de son retour de Russie, les membres de l'Union des nations sud-américaines (Unasur, qui regroupe 12 pays), ont tenu à exprimer leur soutien au président bolivien.

Dans une déclaration commune, les présidents Rafael Correa (Équateur), Nicolas Maduro (Venezuela), Jose Mujica (Uruguay), Desi Bouterse (Surinam) et Cristina Kirchner (Argentine) -, réunis à Cochabamba (centre), ont exigé « des gouvernements de France, d'Espagne, du Portugal et d'Italie qu'ils présentent des excuses publiques adéquates, en relation avec les graves faits qui se sont produits ».

Les présidents de l'Unasur – à l’exception des chefs d’État du Brésil, de Colombie, du Pérou et du Chili, non signataires de la déclaration - ont notamment relevé que l'offense subie par Morales en Europe n'est pas seulement un affront personnel mais constitue « une agression pour toute l'Amérique Latine.»

Ils ont exigé que les gouvernements de ces quatre pays européens expliquent les raisons de leur décision d'empêcher le survol de leur espace aérien par l'avion présidentiel bolivien, appuyant au passage la plainte de la Bolivie auprès du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'homme pour grave violation et mise en danger de la vie du président Morales.

Menaces diplomatiques

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a affirmé pour sa part, que l'Europe « a brisé toutes les règles du jeu de la coexistence, car elle a attaqué l'immunité internationale qui protège un chef d'État.»

M. Maduro a assuré que « la CIA avait ordonné la fermeture de l'espace aérien européen à l'avion du président Morales.» Une information qui lui aurait été confirmée par un ministre d'un de ces gouvernements européens, dont il n’a pas révélé l’identité.

Pour sa part, le président Morales a insisté sur le fait qu’il ne contentera pas d’excuses. Il a également fait savoir qu’il envisageait la fermeture, si nécessaire, de l'ambassade des États-Unis à La Paz, dénonçant la pression exercée, selon lui, par Washington sur les quatre pays européens qui ont interdit temporairement le survol de leur territoire à son avion.

« Nous allons étudier, si cela s'avérait nécessaire, la fermeture de l'ambassade des États-Unis en Bolivie. Nous n'avons pas besoin d'une ambassade des États-Unis », a-t-il affirmé.

« Ma main ne tremblerait pas pour fermer l'ambassade des États-Unis, nous avons notre dignité, notre souveraineté, sans les États-Unis nous nous sentons mieux politiquement, démocratiquement », a-t-il ajouté.

Les tensions entre Washington et La Paz ne datent pas d’hier. Le président Morales a déjà expulsé l'ambassadeur des États-Unis en Bolivie en 2008, puis la principale agence antidrogue américaine (DEA) début 2009, au motif qu'ils s'immisçaient dans la vie politique bolivienne.

Dans la rue, la colère contre les États-Unis et les pays européens ne désarme pas en Bolivie. Le consulat américain à Santa Cruz (Est) a été la cible de jets de peinture rouge par des inconnus qui ont également inscrit sur ses murs des graffitis anti-américains. La veille, l'ambassade de France à La Paz a été visée par des jets de pierre.

(Avec AFP)
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

International

Une histoire du génocide rwandais (#4) : les écoutes bidons et le mythe de la guerre éclair du FPR

Une histoire du génocide rwandais (#4) : les écoutes bidons et le mythe de la guerre éclair du FPR

Dans ce quatrième billet consacré au déclenchement du génocide des Tutsis de 1994, Laurent Touchard* poursuit l'analyse des éléments brandis par les ex-partisans des Forces armées r[...]

Mali : le Mujao annonce la mort de l'otage français Gilberto Rodrigues Leal

Le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) a annoncé mardi la mort du Français Gilberto Rodrigues Leal, enlevé en novembre 2012 dans l'ouest du Mali. [...]

Inde : qui brisera la vague safran ?

Personne, sans doute. Face à un parti du Congrès à bout de souffle, les nationalistes hindous du BJP, qui ont choisi cette couleur pour emblème, ont toutes les chances de remporter les[...]

Le propos raciste qui fait du bien

Peut-on utiliser les clichés pour mieux les dynamiter ? Des étudiants français répètent les saillies caractéristiques du racisme ordinaire pour en souligner[...]

Justice : après Simbikangwa, qui ?

Patrick Baudouin est président d'honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH).[...]

Birmanie: Win Tin, figure de la lutte pour la démocratie, est décédé

Win Tin, emprisonné pendant 19 ans pour son combat contre l'ancienne junte birmane, est décédé lundi à l'âge de 84 ans, a indiqué la Ligue nationale pour la démocratie[...]

Les quatre journalistes otages en Syrie sont de retour en France

Libérés le 19 avril, les quatre journalistes qui avaient été faits otages en Syrie dix mois auparavant ont regagné la France dimanche. Ils ont décrit des conditions de détention[...]

France : François Hollande accueille les quatre journalistes libérés en Syrie

Les quatre journalistes français libérés samedi après dix mois d'une éprouvante captivité en Syrie aux mains d'un groupe jihadiste lié à Al-Qaïda, sont arrivés en[...]

Les quatre journalistes français otages en Syrie sont libres, retour d'ici dimanche matin

Les quatre journalistes français otages en Syrie depuis 10 mois ont été libérés samedi et sont "en bonne santé", a annoncé le président François Hollande,[...]

Chine : le baiser du Dragon

De Taïwan à Hong Kong et de Bangkok à Jakarta, la République populaire de Chine étend les tentacules de son économie surpuissante. Beaucoup lui reprochent d'avoir l'affection un brin[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces