Extension Factory Builder
03/07/2013 à 15:41
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Nelson Mandela sur scène avec Johnny Clegg, en 1999. Nelson Mandela sur scène avec Johnny Clegg, en 1999. © Capture d'écran.

Nelson Mandela n’a pas seulement incarné un modèle politique de libération pour le monde entier. Il a également inspiré tout un répertoire musical, des geôles de Robben Island à la présidence de l’Afrique du Sud. Retour en images sur ces partitions qui sont entrées dans l’Histoire.

Nelson Mandela aurait sans doute préféré ne pas devenir une source d’inspiration pour les compositeurs de la planète. Et pour cause : c’est son emprisonnement à Robben Island qui l'a fait entré dans le monde de la musique. Dès 1984, le chanteur britannique Jerry Dammers, et son groupe Special AKA, interprètent un titre sans ambiguïté : Free Mandela (Libérez Mandela). Un vrai tube à l’époque. Et un message on ne peut plus clair.

L’année suivante, en 1985, le trompettiste sud-africain Hugh Masekela, exilé du quartier de Sophiatown à Johannesbourg depuis 1961, chante Bring him back home (Ramenez-le chez lui). Mais quelques années plus tard, c’est Youssou Ndour qui incarnera le soutien des artistes du continent à Mandela, lors de sa libération. Le Sénégalais lui dédie ainsi un album, qui porte son nom, et organise un concert en son honneur au stade de l’amitié de Dakar. Vingt-cinq ans plus tard, en 2012, il donnera même à son dernier fils le nom de Nelson Mandela, le baptisant Ibrahima Nelson Mandela Ndour.

 

Juste avant la fin de l'apartheid, l’année 1987 avait déjà marqué un tournant. Nelson Mandela croupit dans les geôles de Robben Island depuis 24 ans, à tel point qu’il n’est, pour beaucoup de Sud-Africains, qu’un nom sans visage, un souvenir aux allures de mythe. Et c’est un Blanc, Johnny Claig, accompagné du groupe Savuka, qui va lutter contre l’oubli. Leurs paroles en zoulou « Asimbonanga. Asimbonanga' uMandela thina » (« on ne l'a pas vu, on n'a pas vu Mandela », vont faire le tour du monde. Treize ans plus tard, le « Zoulou blanc » reprenait le titre sur scène accompagné par celui dont il avait favorisé la libération.

Un an plus tard, en 1988, la pression des artistes va s’accentuant. Nelson Mandela inspire ainsi le chanteur reggae Eddy Grant, dont le titre Gimme hope Jo’Anna (Donne-moi de l’espoir Jo’Anna, en référence à Johannesbourg et au régime de l’apartheid), un titre interdit en Afrique du Sud, sera l’une des dix meilleures ventes de l’année en Angleterre. L’Angleterre va même accueillir, dans le stade mythique de Wembley, un immense rassemblement en l’honneur du plus célèbre prisonnier politique de la planète, le 11 juin. Retransmis dans 70 pays, suivi par plus d’un demi-milliard de personnes, le concert de Dire Straits, Sting, George Michael, Eurythmics, Eric Clapton, Whitney Houston ou encore Stevie Wonder ne réclame qu’une chose : la libération de Madiba. Mais celle-ci attendra encore deux ans.

 

Le combat de Mandela, commencé plus de trois décennies plus tôt, n’est pas terminé. Pas plus, donc, que l'épopée musicale qui l'accompagne. Un an après la libération, en 1991, les contours de la nation arc-en-ciel, le vrai rêve de Madiba, sont chantés par le reggaeman Lucky Dube dans House of exile (La maison de l’exil), histoire d’un combattant qui « rêve d’une nation libre où chaque homme serait égal face à la loi ». Une allusion claire à Mandela qui est élu président lors des premières élections multiraciales du pays la même année. L’occasion aussi pour sa compatriote Brenda Fassie d’interpréter My Black President.

Après avoir conquis le cœur de la population blanche d’Afrique du Sud, à tel point que l'égérie de la chanson afrikaner Laurika Rauch reprend souvent sur scène Briefie vir Madiba (Petite lettre pour Madiba), Mandela se retire du pouvoir. Il va  se consacrer à une dernière grande cause, la lutte contre le virus du sida, à laquelle il prête son ancien numéro de prisonnier, le 46664, qui devient le symbole d’un concert, au Cap en 2003, avec notamment le leader du groupe U2, Bono.

Nelson Mandela se retire ensuite de la vie publique. Non sans rester l’objet des prières de son peuple alors qu’il affronte la maladie à plusieurs reprises. Hospitalisé une nouvelle fois depuis le 8 juin 2013 des suites de complications dues à une infection pulmonaire, le nom de Madiba est aujourd’hui sur les lèvres de nombreux gospels à travers le monde.

Par Mathieu OLIVIER (Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Afrique du sud

Afrique du Sud : les députés partent en campagne contre la xénophobie

Afrique du Sud : les députés partent en campagne contre la xénophobie

Les députés sud-africains ont décidé de ne pas siéger la semaine prochaine pour faire campagne contre la xénophobie dans leurs circonscriptions après les violences ayant fait au m[...]

Tour de France : MTN-Qhubeka s'échauffe pour la Grande Boucle

Ils y sont arrivés. MTN-Qhubeka est la première équipe cycliste africaine à avoir été invitée au Tour de France (du 4 au 26 juillet 2015). Pourtant, le pari n’était[...]

Football : retour sur près de 50 ans de violences dans les stades africains

Avec la condamnation à mort le 19 avril de onze supporters égyptiens lors d'un nouveau procès des émeutes de 2012 à Port-Saïd, la violence dans les stades s'est rappelée au (mauvais)[...]

Afrique du Sud : l'armée déployée à Johannesburg pour prévenir de nouvelles violences xénophobes

Le gouvernement sud-africain a annoncé mardi le déploiement imminent de l’armée pour maintenir l’ordre dans le township d'Alexandra à Johannesburg et assister la police dans la lutte contre[...]

Afrique du Sud : quand le roi de la nation zouloue dérape...

En sommant les étrangers de "quitter le pays", Goodwill Zwelithini, le roi de la nation zouloue, a mis le feu aux poudres. Depuis, il a démenti ses propos. Trop tard...[...]

Xénophobie en Afrique du Sud : au secours, l'apartheid revient !

Les violences survenues à Durban ne sont pas un fait isolé. Cela fait des années que les migrants africains sont pris pour cible. Et que, sur fond de difficultés économiques, le poison de[...]

Afrique du Sud : le gouvernement promet de punir les auteurs des violences xénophobes

Le gouvernement sud-africain a promis dimanche de punir les auteurs des violences xénophobes qui ont fait au moins sept morts depuis début avril, alors que le Malawi et le Zimbabwe s'apprêtaient à[...]

Afrique du Sud : le président Zuma invite les immigrés à rester

Après une nouvelle nuit de pillages à Johannesburg, le président Jacob Zuma a annulé un voyage en Indonésie et s'est rendu samedi auprès de victimes de violences xénophobes, afin[...]

Afrique du Sud : Zuma annule un voyage après de nouvelles violences xénophobes

Le président sud-africain Jacob Zuma a annulé samedi un voyage à l'étranger après une nouvelle nuit de violences xénophobes perpétrées par des casseurs et pilleurs, qui[...]

Afrique du Sud : six morts et plus de 5 000 déplacés après des violences xénophobes

Depuis trois semaines, des violences xénophobes secouent l’Afrique du Sud. Une situation qui a déjà fait six morts et plus de 5 000 déplacés.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130703121613 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130703121613 from 172.16.0.100