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03/07/2013 à 11:18
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Basile Boli est soupçonné d'avoir détourné des fonds publics alloués à ERA. Basile Boli est soupçonné d'avoir détourné des fonds publics alloués à ERA. © AFP

Une peine de deux ans de prison avec sursis et 30 000 euros d'amende ont été requis à l'encontre de l'ex-footballeur originaire de Côte d'Ivoire Basile Boli, jugé le 2 juillet à Nanterre (Hauts-de-Seine, France) pour abus de confiance dans la gestion de l'association Entreprendre et réussir en Afrique (ERA) qu'il dirigeait.

Poursuivi dans une affaire d’abus de confiance dans la gestion d’une association de coopération avec l’Afrique qu’il dirigeait, Basile Boli risque deux ans de prison avec sursis et une amende de 30 000 euros. C’est en tout cas la teneur des réquisitions prononcées le 2 juillet par le ministère public à Nanterre (Hauts-de-Seine).

Le Parquet a également réclamé une condamnation de 18 mois de prison avec sursis et 15 000 euros d'amende concernant Patrick Givanovitch, l'ex-bras droit de Basile Boli, poursuivi lui aussi pour abus de confiance.

>> Lire aussi : "Les mauvais comptes de Basile Boli"

"Détournement"

L'ancien défenseur central de l'Olympique de Marseille et de l'équipe de France, 46 ans et son coprévenu, sont soupçonnés d'avoir détourné 250 000 euros de fonds provenant d'une subvention publique entre 2007 et 2008 lorsqu'ils étaient, pour l'un, secrétaire général et, pour l'autre, délégué général de l'association Entreprendre et réussir en Afrique (ERA).

Alloué par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii, anciennement Anaem), l'argent devait servir à aider des migrants d'Afrique de l'Ouest à se réinstaller dans leur pays pour y monter des projets économiques. Mais il a été utilisé à d'autres fins que celles fixées par la convention nouée en septembre 2007 entre l'organisme d'État et l'association ERA, selon l'accusation.

Un audit diligenté par l'Ofii avait ainsi jugé « excessives » les rémunérations de Basile Boli et Patrick Givanovitch : 11 000 euros nets par mois pour le premier, 6 000 euros pour le second. À l'audience, la présidente de la 14e chambre correctionnelle Fabienne Siredey-Garnier a examiné un par un les autres griefs, à savoir les notes de frais « injustifiées », les « dépassements » dans les frais de déplacement et les versements effectués dans des entreprises suspectées d'avoir servi de sociétés-écrans.

Le comptable et le commissaire aux comptes « avaient mis en garde les professionnels d'ERA mais ils ont été dédaignés », a souligné l'avocat de l'Ofii, Me Georges Holleaux, qui a finalement réclamé le remboursement de 250 000 euros au lieu des 496 000 euros annoncés au départ.

Basile Boli : "C'est impossible pour moi de m'enrichir sur le compte d'ERA"

« Il y a peut-être eu des négligences et des imperfections mais c'était dans un contexte de démarrage d'une association qui a peut être été trop ambitieuse », a concédé Patrick Givanovitch, regrettant d'avoir été « vite critiqué » par l'Ofii.

« C'est impossible pour moi de m'enrichir sur le compte d'ERA », a affirmé quant à lui, Basile Boli, l'ancien footballeur d'origine ivoirienne, visage fermé à la barre, disant avoir voulu œuvrer « pour un continent dont (il est) l'enfant » et « redonner un peu de ce qu'[il] a reçu ».

Basile Boli est entré dans l'histoire du football français, en 1993, en marquant le but de la victoire de l'Olympique de Marseille en finale de la Ligue des Champions face au Milan AC. Après sa carrière sportive, il s'était rapproché de la vie associative, mais aussi politique. Il avait d'abord décliné une proposition du PS pour être candidat aux élections législatives de juin 2007, avant de soutenir Nicolas Sarkozy lors de l'élection présidentielle la même année. Quelques mois plus tard, Basile Boli avait été nommé secrétaire national de l'UMP en charge du codéveloppement, poste qu'il n'occupe plus.

La décision du tribunal a été mise en délibéré au 15 octobre.

(Avec l'AFP)

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