Extension Factory Builder
21/06/2013 à 15:45
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Tiébilé Dramé, le 8 juin 2013 à Ouagadougou. Tiébilé Dramé, le 8 juin 2013 à Ouagadougou. © AFP

Le gouvernement malien et les rebelles touaregs ont signé le 18 juin un accord préliminaire en vue de l’organisation de l’élection présidentielle à Kidal. Pour certains Maliens, cet accord sert davantage les intérêts des rebelles que ceux du pays. Tiébilé Dramé, émissaire de Bamako lors des négociations et probable futur candidat au fauteuil présidentiel, revient pour "Jeune Afrique" sur la signature de cet accord.

Jeune Afrique : Pourquoi les négociations ont-elles été aussi longues et tumultueuses ?

Tiébilé Dramé : Dans certains pays, ce genre de négociations prend des mois et des mois, et au Mali, les gens s’étonnent qu’on ait discuté pendant onze jours ! Nous sortons d’une crise profonde durant laquelle les trois-quarts du pays ont été occupés par des groupes rebelles armés. La rébellion touarègue a ouvert la voie à des terroristes fanatiques qui ont asservi notre peuple dans un régime moyen-âgeux. Il est normal, à partir du moment où nous avons décidé de nous parler, que cela nous prenne un peu de temps.  Je trouve même que nous avons été plutôt rapides.

Le 12 juin, vous avez refusé de signer le premier projet d’accord accepté par les rebelles touaregs. Pourquoi ?

Les autorités maliennes tenaient à ce que les résolutions internationales du Conseil de sécurité de l’ONU soient prises en compte. Et notamment la résolution 1820 qui mentionne la lutte contre l’impunité ou la résolution 2100 qui proclame l’intégrité territoriale et l’unité nationale du Mali tout en exigeant le désarmement des groupes armés.

Quand l’armée malienne se rendra-t-elle à Kidal ?

Les experts militaires sont en train de travailler (à Ouagadougou, NDLR) sur les modalités concrètes du retour de l’armée malienne à Kidal. Dès qu’ils auront terminé, les premiers éléments militaires maliens entreront dans la ville. Ce qui devrait arriver dans les jours qui viennent.

Il faut maintenant s’atteler à consolider la cohésion nationale et à réconcilier les communautés du Nord.

Quel sort sera réservé aux rebelles poursuivis par la justice malienne et qui sont également signataires de l’accord ?

L’accord n’évoque pas le cas des individus qui font l’objet d’un mandat d’arrêt parce que cela relève de l’autorité judiciaire. Nous n’avons pas souhaité interférer dans ce domaine. Et, jusqu’à preuve du contraire, le procureur de la République n’a pas changé d’avis sur la question.

Est-ce compliqué d’être émissaire du gouvernement malien aux négociations et certainement candidat à l’élection présidentielle ?

C’est une mission ponctuelle, que j’ai acceptée à la demande du président de la République Dioncounda Traoré. Cette tâche m’a occupé jour et nuit pendant un mois. Dieu merci, nous avons débouché sur un accord préliminaire qui permettra l’organisation de l’élection présidentielle à Kidal dans des conditions de paix et de sécurité. C’est le plus important.

Êtes-vous satisfait du travail accompli ?

Nous avons franchi une étape importante sur le chemin de la restauration de la paix et de la stabilité au Mali. Il faut maintenant s’atteler à consolider la cohésion nationale et à réconcilier les communautés du Nord. Il nous reste encore beaucoup à faire. Mais je suis optimiste car le Mali est un peu comme l’empereur Soundiata Keïta : quand il s'est relevé après être resté à terre pendant des années, il a fait des pas de géant et fondé notre beau pays. Vous verrez, le Mali débout et réconcilié étonnera l'Afrique et le monde !

___

Propos recueillis par Baba Ahmed, à Bamako

 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Ebola : un premier cas au Mali fait craindre l'arrivée de l'épidémie

Ebola : un premier cas au Mali fait craindre l'arrivée de l'épidémie

Le Mali connaît son premier cas d'Ebola. Il s'agit d'une fillette de deux ans venue de Guinée avec sa grand-mère. Elle a été placée en quarantaine à Kayes (Ouest), a annoncé[...]

Mali : les Casques bleus, cibles privilégiées des jihadistes

Rarement mission onusienne aura autant été prise pour cible. Dans le Nord, les soldats de la Minusma sont seuls et en première ligne. Mines, tirs de roquettes et attentats ont déjà fait[...]

La course pour la direction du bureau Afrique de l'OMS est lancée...

Qui, début novembre, succédera à l'Angolais Luís Gomes Sambo à la tête du bureau Afrique de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ?[...]

Mali : ouverture du troisième round de négociations à Alger

Les pourparlers de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés ont repris mardi à Alger. Le ministre malien des Affaires étrangères a appelé les différents mouvements à[...]

Mali : réouverture des négociations de paix à Alger

La reprise des pourparlers de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés, samedi, à Alger s'inscrit dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans le nord du pays.[...]

Mali : à Alger, la médiation face à deux plans de sortie de crise

Alors que la reprise des pourparlers de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés a été reportée au 22 octobre à Alger, "Jeune Afrique" a pu se procurer en[...]

Mali : au moins 7 morts dans des combats entre le MNLA et le Gatia près de Gao

Au moins sept personnes ont été tuées lors d'affrontements jeudi après-midi, près de Gao, principale ville du nord du Mali, entre et le MNLA et le Gatia, deux groupes armés touaregs de[...]

Mali : discussions à Alger, combats vers Gao

Le MNLA et le Gatia, une milice progouvernementale, s’affrontent dans la région de Gao depuis jeudi matin. Des combats qui interviennent alors que devaient reprendre à Alger, la veille, des négociations[...]

Mali : Sultan Ould Bady et le Mujao, un jihadiste en rupture de ban

Le jihadiste Sultan Ould Bady serait en conflit avec le Mujao, au nom duquel il a pourtant récemment revendiqué plusieurs attaques contre les Casques bleus au nord du Mali.[...]

Mali : les contrats d'armement surfacturés, une bombe à retardement pour IBK

L'affaire des contrats d'armement surfacturés continue de faire des victimes... jusque dans le cercle rapproché du chef de l'État. Son conseiller spécial, Sidi Mohamed Kagnassi, a dû[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers