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13/06/2013 à 18:56
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Ala Yaâcoubi, alias Weld El 15. Ala Yaâcoubi, alias Weld El 15. © Capture d'écran/YouTube

Le rappeur tunisien Ala Yaâcoubi, dit Weld El 15, qui s’est rendu à la justice, a été condamné jeudi 13 juin à deux ans de prison ferme. Déjà sous le coup d'une peine de deux mois de prison pour son clip jugé offensant pour la police, il espèrait être relaxé en appel.  

Le rappeur tunisien « Weld El 15 » a été condamné jeudi 13 juin à deux ans de prison ferme pour avoir insulté la police dans une chanson. Le verdict a été annoncé par le juge du tribunal de Ben Arous, une banlieue de Tunis, devant lequel Ala Yaâcoubi, dit « Weld El 15 », comparaissait libre. Il a aussitôt été incarcéré.

Un jugement qui a immédiatement déclenché des violences, selon une journaliste de l'AFP. Dès l'énoncé du jugement, des cris se sont élevés dans la salle d'audience parmi les partisans du chanteur et des heurts avec la police ont éclaté, celle-ci intervenant brutalement pour évacuer la salle. Certains amis du rappeur ont été pourchassés et pris à partie à l'extérieur du tribunal par les policiers, présents en nombre dès l'ouverture du procès. Un gaz irritant s'est répandu aux alentours du tribunal mais il n'était pas possible d'en déterminer l'origine, la police accusant les amis du rappeur d'en avoir fait usage.

"Jugement très sévère"

« Le jugement rendu est très sévère pour un artiste qui a décidé de se livrer de son propre gré à la justice », a réagi l'avocat principal de la défense, Me Ghazi Mrabet. « C'est d'autant plus injuste qu'il n'existe aucun texte pour réprimer un travail artistique », a-t-il ajouté.

Le musicien avait déjà été condamné par contumace en mars à deux ans de prison ferme après la diffusion sur Youtube d'un clip intitulé « Boulicia Kleb » (Les policiers sont des chiens). Selon son avocat, le rappeur avait été inculpé notamment de « complot pour commettre des violences contre des fonctionnaires » et « d'outrage à la police ».

Quatre autres rappeurs, co-accusés à l'origine dans la même affaire et condamnés à des peines de prison ferme en mars, ont été relaxés en avril lors d'un second procès. Ce genre de cas n'est pas isolé. Plusieurs affaires de liberté d'expression ont fait scandale en Tunisie depuis la révolution de janvier 2011.

(Avec AFP)

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