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13/06/2013 à 11:52
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Alpha Condé est soupçonné par l'opposition de vouloir reporter les élections législatives. Alpha Condé est soupçonné par l'opposition de vouloir reporter les élections législatives. © AFP

De passage à Paris, Alpha Condé a tenu à remercier Abdou Diouf pour son implication dans le dialogue inter-guinéen au sujet des prochaines législatives. Plusieurs avancées auraient été réalisées, dont le vote des Guinéens de l'étranger.

« La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) de Guinée est la seule à pouvoir décider d'un report éventuel des élections législatives prévues le 30 juin », a déclaré mercredi 12 juin, à Paris, le président Alpha Condé. « Les élections ne dépendent pas de moi. Cela dépend de la Ceni. C'est la Ceni et les experts qui décideront de ce qu'il faut faire », a poursuivi le chef de l'État, devant la presse, en présence d'Abdou Diouf, secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Alpha Condé a indiqué qu'il se conformerait aux décisions de la Ceni et des experts envoyés par l'OIF, l'Union européenne et les Nations unies. « Moi, je ne fais qu'appliquer la décision que la CeniI prendra. C'est la Ceni et les experts qui sont maîtres du jeu, ce n'est pas le président », a-t-il insisté.

Le calendrier électoral est particulièrement contesté par l'opposition guinéenne. La date du 30 juin pour le scrutin a été fixée selon elle sans concertation. Elle soupçonne le régime d'Alpha Condé, premier chef d'État démocratiquement élu en Guinée, de vouloir préparer des fraudes. Les préparatifs du scrutin créent un climat plus que tendu en Guinée. Ces dernières semaines, des violences ont émaillé les manifestations des opposants et au moins 12 personnes ont été tuées et 89 blessées, le 23 mai et les jours suivants.

Si le dialogue a pu avoir lieu, a déclaré Alpha Condé, c'est en très grande partie grâce à l'engagement personnel du président Diouf.

Alpha Condé, président guinéen

Abdou Diouf, vivement préoccupé, avait prôné fin mai la retenue et appelé pouvoir et opposition à engager sans délai un dialogue constructif en vue d'élections crédibles et transparentes. Les chefs de l'opposition et le Premier ministre guinéen Mohamed Saïd Fofana ont entamé des négociations le 3 juin à Conakry, sous l'égide de l'émissaire de l'ONU Saïd Djinnit. Les réunions se sont poursuivies jusqu'au 9 juin, selon une source proche de l'OIF.

« Si le dialogue a pu avoir lieu, a déclaré Alpha Condé, c'est en très grande partie grâce à l'engagement personnel du président Diouf. Je suis venu remercier le président de la Francophonie pour le rôle qu'il a joué pour qu'on arrive à un dialogue. Nous avons besoin de la paix. La Guinée a beaucoup de retard malgré des richesses immenses et donc on a besoin de tenir des élections législatives pour que les investisseurs puissent venir », a expliqué Alpha Condé, précisant qu'il se rendait au sommet du G8 à Dublin, les 17 et 18 juin.

"Acquis importants"

Selon son porte-parole, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon est encouragé par les progrès réalisés jusqu'à présent par les acteurs du dialogue politique inter-guinéen, et une source proche de l'OIF a parlé d'« acquis importants ». Notamment, les Guinéens de l'étranger pourront voter à ces législatives, ce qui était une revendication de l'opposition, a dit cette source à l'AFP.

« Cette disposition n'est pas prévue dans la Constitution guinéenne », a cependant tenu à préciser mercredi 12 juin Alpha Condé. « Jamais les Guinéens de l'extérieur n'ont voté aux législatives. Ils ont toujours voté aux présidentielles. » Les tout derniers points (de discussion) sont en train d'être finalisés, a indiqué la source proche de l'OIF, selon laquelle la Ceni procède notamment à des ajustements techniques pour des inscriptions complémentaires sur les listes électorales.

Waymark, l'épineux dossier

L'opposition critique aussi le recours à l'opérateur sud-africain Waymark chargé de préparer le fichier électoral, qu'elle accuse de collusion avec le pouvoir. « L'opérateur sud-africain est venu en Guinée en juin 2010. Moi, j'ai été élu président en décembre 2010. Il est venu avec le premier président de la Ceni qui est décédé, moi je n'ai jamais fait venir Waymark », s'est défendu Alpha Condé, interrogé sur ce point. Il a précisé avoir fait publier le contrat avec Waymark et le chèque de paiement, signés par le premier président de la CENI. « Toute la communauté internationale dit que Waymark est très performant », a-t-il ajouté.

Le président a assuré que techniquement, tout était prêt pour une élection sécurisée. « Tous les gens qui ont voté en 2010 pourront voter puisqu'il y a eu le transfert du fichier électoral. Non seulement l'élection est transparente mais c'est l'élection la plus sécurisée qu'on ait faite en Afrique », a-t-il affirmé. Les législatives, maintes fois repoussées, sont attendues depuis 2011 en Guinée. Les dernières remontent à 2002.

(Avec AFP)

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