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11/06/2013 à 18:39
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Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, le 14 janvier 2013 à Alger. Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, le 14 janvier 2013 à Alger. © AFP

Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, reçoit des soins en France pour une période de réadaptation fonctionnelle afin de "consolider l'évolution favorable" de son état de santé, a indiqué, le 11 juin, un bulletin de santé de ses médecins accompagnateurs. Une annonce qui intervient au moment où les voix se multiplient en Algérie pour demander sa destitution pour absence prolongée du pays.

Convalescent, Abdelaziz Bouteflika poursuit son séjour en France pour « consolider l’évolution favorable » de son état de santé. C'est ce qu'indique un bulletin de santé transmis par la présidence algérienne, mardi 11 juin. « En date du 27 avril 2013, le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a présenté un AVC (accident vasculaire cérébral), rappelle le document. Les premières investigations faites, dès son admission à l'hôpital militaire Dr. Mohamed-Seghir-Nekkache (Aïn Naâdja, Alger), ont révélé la nature ischémique de l'accident sans retentissement sur les fonctions vitales », poursuit le texte, qui parle pour la première fois officiellement d’un AVC, et non d’un « mini AVC » comme précédemment.

« À la faveur de ces explorations, une thérapeutique adéquate a été instaurée avant son transfert à l'hôpital d'instruction des armées du Val-de-Grâce (Paris) pour un complément d'exploration, à l'issue desquelles ses médecins lui ont [ainsi] recommandé d’observer, à l'institution nationale des Invalides, une période de soins et de réadaptation fonctionnelle », ajoute le document, cité par l’agence APS.

>> Lire aussi : "L'après-Bouteflika a commencé"

Mais l'annonce aura du mal à calmer les esprits en Algérie, tant les assurances répétées du gouvernement sur une amélioration de l'état du président, hospitalisé depuis désormais 45 jours, ont du mal à convaincre. Les appels se multiplient d'ailleurs dans les journaux pour l'application de l'article 88 de la Constitution, qui prévoit l'empêchement du président en cas de maladie grave et durable. Le dernier à monter au créneau, mardi 11 juin, n'est autre que Mohamed Mechati, membre du groupe des 22 qui ont déclenché la guerre de libération algérienne, le 1er novembre 1954.

Réponse à Medelci

Dans une lettre dont le quotidien Le Soir d’Algérie s'est procuré une copie, le dirigeant historique demande à l’armée d'intervenir pour combler le vide laissé par l’absence prolongée du président Abdelaziz Bouteflika. Il en appelle au « courage » des militaires : « Vous qui avez choisi et imposé cet homme et qui l'avez déclaré élu puis réélu, faussement et sans scrupule, lance-t-il. Votre courage et votre patriotisme, dont nous ne doutons pas, doit vous faire agir vite ; il y va de la survie de notre pays. Les Algériens vous en seront reconnaissants ». Une sorte d’appel, à peine voilé, à la destitution du chef de l’État algérien.

Mohamed Mechati accuse par ailleurs le président Bouteflika d'avoir « usé et abusé de son pouvoir exorbitant pour mettre à son service exclusif les institutions de l'État ainsi vouées à fonctionner à sens unique, dans son seul intérêt et celui des siens ». Conséquence, selon lui : « aujourd'hui que ce président est malade, l'État tout entier en est affecté. », écrit-il. « Ce sont là les conséquences d'une pratique despotique, autoritaire et dictatoriale de son pouvoir », souligne encore Mohamed Mechati, resté à l'écart des affaires du pays après l'indépendance. Une diatribe qui se voulait certainement une réponse au ministre algérien des Affaires étrangères, Mourad Medelci, qui rappelait la veille, le 10 juin, qu’Abdelaziz Bouteflika continuait à diriger le pays...

(Avec les agences)

 

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