Extension Factory Builder
29/05/2013 à 09:56
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Mohamed al-Megaryef, président de l'Assemblée nationale libyenne, le 20 septembre 2012 à Tripoli. Mohamed al-Megaryef, président de l'Assemblée nationale libyenne, le 20 septembre 2012 à Tripoli. © AFP

Le président de l'Assemblée nationale libyenne, la plus haute autorité politique et législative du pays, Mohamed el-Megaryef, a présenté, le 28 mai, sa démission après l'adoption d'une loi bannissant de la vie politique les anciens collaborateurs du régime de Mouammar Kadhafi. Une loi qui pourrait également pousser d'autres hauts responsables du pays vers la sortie.

La loi est dure mais c’est la loi. Depuis le 5 mai, en Libye, une loi controversée – qui entrera en vigueur le 5 juin - écarte de la vie politique tous les anciens collaborateurs du régime de Mouammar Kadhafi. « Tout le monde doit se soumettre à la loi, par respect de la légalité et de la démocratie. Je vais être le premier à m'y conformer  et je vous soumets ma démission », a déclaré Mohamed Megaryef, le président de l’Assemblée nationale libyenne.

Mohamed Megaryef avait été ambassadeur en Inde sous l'ancien régime durant les années 1980, avant de faire défection et rejoindre l'opposition en exil. « Je vous quitte la tête haute, la conscience tranquille », a-t-il renchéri, visiblement ému, affirmant avoir « épuisé toute son énergie au service de la nation ».

Il appartient maintenant au Congrès de valider sa démission, a indiqué un membre du Congrès général national (CGN), précisant qu'un nouveau président devrait être élu dans les prochains jours.

"Injustice collective"

Certains juristes et politiciens contestent cette loi adoptée, selon eux, « sous la menace des armes » et considérée comme « injuste » envers des personnalités ayant milité contre l'ancien régime, même si elles l'ont servi à un certain moment de leur vie.

« Faire usage des armes ou menacer d'en user (...) ne cadre pas avec les exigences de cette phase de reconstruction et de transition démocratique », a prévenu Mohamed Megaryef, accusant certains membres du CGN d'avoir eu recours à des groupes armés pour imposer leur point de vue.

Élu en août à la tête du CGN issu des élections du 7 juillet 2012, Mohamed Megaryef, né en 1940 à Benghazi (est), avait passé 31 ans en exil dont une vingtaine comme réfugié politique aux États-Unis, avant de rentrer au pays dans la foulée de la révolte qui a mis fin au règne de Kadhafi. Diplômé en économie et titulaire d'un doctorat en Finances en Grande-Bretagne, il avait fondé dans les années 1980 avec d'autres dissidents le Front de salut national libyen (FSNL), auteur de plusieurs tentatives de coups d'État contre l'ex-dictateur.

"Une nation qui ne reconnaît pas les sacrifices de ses enfants fidèles, est une nation qui pratique l'injustice collective."

Durant son exil, Megaryef a été traqué par les services du renseignement de Kadhafi. Ce dernier avait lancé dans les années 1980 une campagne visant à liquider des opposants dans plusieurs pays arabes et occidentaux. « Une nation qui ne reconnaît pas les sacrifices de ses enfants fidèles, est une nation qui pratique l'injustice collective et commet un péché grave envers son histoire, sa mémoire et son futur », a regretté Mohamed Megaryef.

Pour sa part, le député indépendant Abdallah al-Gamati, a estimé que « le départ de Magaryef créera un vide », ajoutant qu'« il n'existe pas actuellement au sein du congrès une personnalité charismatique pouvant prendre la relève ». « La démission de Megaryef pourrait avoir de lourdes conséquences et perturber la phase de transition », a-t-il indiqué à l'AFP, ajoutant que plusieurs députés étaient favorables à une « décision exemptant le président du CGN de la loi sur l'exclusion politique ».

Cette loi devrait aussi exclure d'autres membres du CGN ainsi que des cadres de l'administration et des ministres, dont celui de l'Intérieur Achour Chwayel, qui semble vouloir anticiper sa sortie. Ainsi, le Congrès avait annoncé lundi avoir approuvé la proposition du Premier ministre, Ali Zeidan, de nommer un nouveau ministre de l'Intérieur, Mohamed Khalifa al-Cheikh, en remplacement de M. Chwayel, ancien officier de l'organe de sécurité Kadhafiste, qui avait présenté sa démission.

De son côté, Tarek Mitri, représentant spécial de l`ONU en Libye, dénonce une loi qui pourrait « priver les institutions de l'État de certaines personnes expérimentées et compétentes qui serait très difficile de remplacer ».

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Libye

France : Claude Guéant placé en garde à vue dans l'enquête sur le financement libyen de Sarkozy

France : Claude Guéant placé en garde à vue dans l'enquête sur le financement libyen de Sarkozy

Claude Guéant, ancien ministre de l'Intérieur et fidèle lieutenant de Nicolas Sarkozy, a été placé en garde à vue vendredi matin dans l'enquête sur les accusations de finance[...]

Les jihadistes tunisiens de Libye sur le pied de guerre

Sous les ordres d'Abou Iyadh, plusieurs milliers de Tunisiens s'entraînent en Libye. Avec pour but de mener prochainement des actions dans leur pays natal.[...]

L'Italie enregistre un nombre record de migrants clandestins venus d'Afrique par la mer

Le nombre de migrants clandestins qui ont traversé la Méditerranée entre l’Afrique et l’Italie a explosé au début de l'année 2015 : une hausse de 43 % par rapport à[...]

Libye : des islamistes armés s'emparent de deux champs pétrolifères

Des islamistes radicaux se sont emparés mardi des deux champs pétrolifères d'Al-Bahi et Al-Mabrouk, situés dans le centre du pays. Ils menacent désormais celui d'Al-Dahra.[...]

Reprise jeudi au Maroc du dialogue pour une sortie de crise en Libye

Après l'annulation d'une réunion la semaine dernière, un nouveau round de dialogue entre les deux parlements rivaux en Libye, celui reconnu par la communauté internationale et le Congrès[...]

Libye : le général Khalifa Haftar nommé commandant général de l'armée

Le général Khalifa Haftar a été nommé à la tête de l'armée libyenne, a annoncé lundi le président du Parlement reconnu par la communauté internationale,[...]

Kabila, Ouattara, Bouteflika, Biya... Quels sont les diplômes de vos présidents ?

Votre président a-t-il le baccalauréat ? Un master ? À-t-il étudié l’économie ou le droit ? En France ou en Chine ? Toutes les réponses avec notre jeu interactif.  [...]

Attention : dangers

J'ai la curieuse et désagréable impression que notre pauvre monde ressemble en ce moment à un avion sans pilote, alors qu'il est entré dans une zone de turbulences. Comment ne pas en être[...]

Libye : qui arrêtera Daesh ?

D'un côté, un pays déchiré par les milices, squatté par l'État islamique et sur lequel prétendent régner deux gouvernements. De l'autre, des voisins africains et des[...]

Libye : suspension du dialogue pour une sortie de crise

Le Parlement libyen siégeant à Tobrouk (Est), reconnu par la communauté internationale, a décidé lundi de suspendre sa participation au dialogue sur une sortie de crise parrainé par[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130529094226 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130529094226 from 172.16.0.100