Extension Factory Builder
17/05/2013 à 16:11
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le président ivoirien lors de la réouverture de l’université d'Abidjan, en septembre 2012. Le président ivoirien lors de la réouverture de l’université d'Abidjan, en septembre 2012. © AFP

Jeudi 16 mai, le campus de l'université Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan a été le théâtre de violentes bagarres. Lundi, le ministre de l'Enseignement supérieur, Ibrahima Cissé Bacongo, avait quant à lui été pris à partie par plusieurs centaines d'étudiants.

C’était le 3 septembre 2012. Sur le campus flambant neuf de l’université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, le président Alassane Ouattara donnait le coup d’envoi de la nouvelle année étudiante, un « départ nouveau », selon le mot d'ordre officiel. À l’époque, l’accueil était positif. « Quand on a vu les infrastructures, nous étions satisfaits, explique à l'AFP Gaoussou Diabaté, étudiant en licence de droit public et porte-parole de l'Alliance nationale des étudiants de Côte d'Ivoire (Aneci). Mais à peine ces infrastructures ont-elles commencé à fonctionner que nous avons été déçus ».

Le malaise estudiantin est profond. Les amphithéâtres toujours surpeuplés et les salles trop peu nombreuses (certains cours se font à l'air libre) sont le premier motif de plainte. Autre sujet de mécontentement : l'insuffisance des transports publics autour de l'université, qui provoque d'interminables files d'étudiants en pleine rue après les cours. La pagaille quand un bus arrive a même déjà causé des décès et des blessés graves, selon les syndicats. Sans oublier «  les coupures intempestives d'électricité, des micros qui ne marchent pas, déplore Gaoussou Diabaté. Il n'y a aucun document dans les bibliothèques, pas de fontaine sur le campus ».

Conséquence : la grogne n’a cessé de monter. Le ministre de l'Enseignement supérieur, Ibrahima Cissé Bacongo, l'a constaté à ses dépens cette semaine. Lundi 13 mai, dans l'enceinte de l'université d'Abidjan, il a été pris à partie par plusieurs centaines d'étudiants. « Bacongo voleur », « Bacongo menteur », scandaient les protestataires. Le ministre a même dû battre en retraite sous une pluie de pierres, pendant que la police usait de gaz lacrymogène.

Nombre d'étudiants réclament donc des comptes sur la gestion des fonds dédiés aux chantiers des cinq universités (installées à Abidjan et dans l'intérieur du pays). Un montant colossal - 110 milliards de francs CFA (167 millions d'euros) - pour un contrat très controversé, jugé opaque par beaucoup. « Il faut qu'à un moment on puisse voir ce à quoi ont servi ces 110 milliards », affirme Armand Kakou, étudiant en lettres modernes.

Question politique

L’immense chantier des universités « n'est pas terminé », répond Viviane Krou Adohi, directrice générale de l'Enseignement supérieur, demandant de la » patience. (...) Nous n'avons même pas encore utilisé la moitié » du budget alloué, précise-t-elle. Selon cette responsable, les travaux pourraient être bouclés « d'ici la rentrée prochaine ».

Mais l'incident de lundi, suivi jeudi de bagarres entre étudiants, a rappelé combien l'université reste une question politique sensible en Côte d'Ivoire. Bastion de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (Fesci), puissant syndicat et allié du régime Gbagbo durant la décennie 2000, elle était soumise à une violente coupe réglée, mélange de racket et d’oppression politique.

Sous couvert d'anonymat, une source au ministère dénonce des « sabotages » qui seraient perpétrés sur le campus d'Abidjan par des partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo.

Reste que les tensions dans les milieux universitaires, qui reflètent l’impatience de certaines couches sociale, sont « une alerte » pour le gouvernement, qui a une vision surtout « macro-économique » des problèmes du pays, estime un diplomate africain en poste à Abidjan. Une posture qui « ne peut que renforcer l'opposition », prévient-il.

(Avec AFP)
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Côte d'Ivoire

Côte d'Ivoire : la police appelle à 'ne pas lyncher' les suspects d'enlèvements d'enfants

Côte d'Ivoire : la police appelle à "ne pas lyncher" les suspects d'enlèvements d'enfants

La police ivoirienne a appelé vendredi à "ne pas lyncher" les suspects d'enlèvements d'enfants, comme cela est déjà arrivé en Côte d'Ivoire où une vague d'assassin[...]

L'audiovisuel ivoirien attend beaucoup de la chaîne A+

La nouvelle chaîne satellitaire de Canal+ mise sur les séries africaines. Une bonne nouvelle pour les producteurs d'Abidjan, qui manquent de financements comme de canaux de diffusion.[...]

CAN 2015 : la Côte d'Ivoire qualifiée, tirage au sort entre la Guinée et le Mali !

La Côte d'Ivoire s'est qualifiée pour les quarts de finale en battant le Cameroun mercredi (1-0), mais dans l'autre match du groupe D la Guinée et le Mali ont encore fait un nul (1-1) et seront[...]

Côte d'Ivoire : important dispositif sécuritaire pour lutter contre les enlèvements d'enfants

Le gouvernement  ivoirien n'a pas attendu longtemps pour tirer la sonnette d'alarme sur le phénomène récurent d'enlèvements d'enfants dans le pays depuis quelques mois.[...]

Cameroun-Côte d'Ivoire : Hervé Renard et Volker Finker, deux entraîneurs sous pression

Avant le choc décisif pour la qualification en quarts de finale entre le Cameroun et la Côte d'Ivoire à 19 heures ce mercredi, Hervé Renard et Volker Finke sont dos au mur. Zoom sur leur[...]

Côte d'Ivoire : le "miracle" économique à l'épreuve

Croissance impressionnante, construction à tout va, climat des affaires assaini... La Côte d'Ivoire fait des progrès considérables depuis la crise de 2010. Mais tout le monde n'en profite pas.[...]

CAN 2015 : Et si la qualification se jouait sur tirage au sort ?

En cas d'égalité parfaite à l'issue de la phase de poule entre deux équipes, la qualification pour les quarts de finale se jouera au tirage au sort. Une situation très improbable, mais qui[...]

La malédiction de la CAN 2015 frappe le Mali

La Côte d'Ivoire a égalisé en toute fin de match face au Mali (1-1) après avoir pris tous les risques. Les deux équipes sont au coude à coude dans un groupe qui n'a accouché que de[...]

Côte d'Ivoire : souvenirs du dernier maire d'Abidjan

À 81 ans, Ernest N'Koumo Mobio est toujours épris de sa ville, dont un tableau orne le hall de sa résidence des Deux-Plateaux, à Cocody. Il confie à Jeune Afrique quelques souvenirs de[...]

Côte d'Ivoire : voisins, voisines abidjanais

Ils gagnent leur vie, mais simplement. Ils se croisent chaque jour dans les quartiers modestes ou huppés de Cocody. Rencontre avec Mariette, Éric, Isaac et Franck. Leur quotidien, leurs rêves, leurs[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130517154146 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130517154146 from 172.16.0.100