Extension Factory Builder
17/05/2013 à 08:05
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Lors du deuxième congrès d'Ansar al-Charia, en mai 2012 à Kairouan. Lors du deuxième congrès d'Ansar al-Charia, en mai 2012 à Kairouan. © Reuters

La tension est à son comble entre les salafistes d'Ansar al-Charia et les autorités tunisiennes. Par la voix de son porte-parole, le mouvement islamiste radical a annoncé, jeudi 16 mai, qu'il maintenait son congrès annuel, prévu dimanche à Kairouan (centre), malgré l'interdiction annoncée la veille par le gouvernement.

Mis à jour à 11h46.

« Nous ne demandons pas l'autorisation du gouvernement pour prêcher la parole de Dieu et le mettons en garde contre toute intervention de la police pour empêcher la tenue du congrès ». Jeudi, lors d'une conférence de presse, le porte-parole d'Ansar al-Charia, Seifeddine Raïs, a vivement répondu aux autorités tunisiennes qui ont interdit le rassemblement annuel de son organisation prévu dimanche à Kairouan.

La veille, Rached Ghannouchi, chef du parti islamiste Ennahdha au pouvoir, avait annoncé que le gouvernement interdisait ce rassemblement sous prétexte que les organisateurs n'avaient pas obtenu d'autorisation comme l'exige depuis peu la loi. De son côté, le ministre de l'Intérieur Lotfi Ben Jeddou avait aussi menacé de poursuivre « toute personne appelant au meurtre, incitant à la haine (...) ou plantant des tentes de prêche », en allusion au dispositif utilisé par les salafistes pour prêcher et diffuser leurs idées. Le week-end dernier, les forces de sécurité ont ainsi empêché des salafistes de dresser des tentes à Tataouine, Médenine et dans des quartiers de Tunis.

"Condamnation du terrorisme"

« J'attends des cheikhs salafistes en Tunisie une condamnation claire du terrorisme », a déclaré quant à lui le président tuniesen Moncef Marzouki, ajoutant que l'État était « déterminé à agir contre les dérives et à recourir à tous les moyens militaires et sécuritaires dont il dispose. (…) La Tunisie fait face désormais à une menace terroriste en provenance des zones d'instabilité proches et lointaines », a-t-il ajouté, faisant référence à l'Algérie et au Mali, notamment.

Ce durcissement du ton face aux salafistes n'a visiblement pas contrarié les plans des responsables d'Ansar al-Charia. D'après eux, près de 40 000 personnes sont attendues dimanche à Kairouan pour le troisième congrès annuel du mouvement. Selon Seifeddine Raïs, des jeunes sans appartenance salafiste ont notamment proposé de se joindre au rassemblement pour « dénoncer l'oppression » des autorités.

Menaces ouvertes

Les leaders d'Ansar al-Charia défient dorénavant ouvertement les autorités tunisiennes. Dans un communiqué publié en début de semaine sur internet, le chef de l'organisation, Abou Iyadh, recherché depuis septembre 2012 par la police, a menacé de faire la guerre au gouvernement et accusé Ennahdha de mener une politique contraire à l'islam. Jeudi, Seiffedine Raïs s'est même montré particulièrement menaçant. « Ali Larayedh (le Premier ministre, NDLR) répondra de sa politique devant le seigneur et le gouvernement sera responsable de toute goutte de sang qui sera versée », a-t-il averti sur un ton martial.

Les menaces d'Ansar al-Charia sont prises très au sérieux par les autorités. Selon une source ministérielle, une réunion avait lieu jeudi soir au ministère de l'Intérieur pour déterminer la réponse à apporter aux islamistes radicaux. Vendredi matin, la posture gouvernementale à l'égard du congrès d'Ansar al-Charia n'était visiblement toujours pas arrêtée. « Cette décision définitive sera prise aujourd'hui ou demain », a déclaré le ministre Lotfi Ben Jeddou au micro de radio Kalima, tout en prenant soin de souligner que l'État « n'acceptera pas les menaces de mort ».

___

Benjamin Roger

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Tunisie

Tunisie : ouvertures des bureaux de vote pour les législatives

Tunisie : ouvertures des bureaux de vote pour les législatives

Les bureaux de vote de Tunisie ont ouvert leurs portes dimanche à 6 heures (temps universel) pour les premières législatives depuis la révolution de 2011.[...]

La Tunisie à la veille d'élections cruciales

La Tunisie était engagée samedi dans les derniers préparatifs pour ses premières législatives depuis la révolution de 2011, un scrutin crucial pour lequel un vaste dispositif de[...]

France : les ressortissants tunisiens de France votent pour les législatives

Les ressortissants tunisiens de France se sont présentés aux urnes vendredi afin d’élire dix députés de l’Assemblée du peuple à l’occasion des élections[...]

Tunisie : la campagne pour les législatives touche à sa fin

Dernier jour de campagne des législatives en Tunisie. En attendant la confirmation, ou pas, de la bipolarisation du paysage politique tunisien par les urnes, retour sur le terrain avec deux figures de Nidaa Tounes et[...]

Tunisie : six personnes, dont cinq femmes, tuées dans l'assaut contre la maison assiégée

Six personnes, dont cinq femmes, ont été tuées dans l'assaut contre la maison assiégée à Oued Ellil, dans la banlieue de Tunis. La police tunisienne avait auparavant lancé un[...]

Tunisie : le printemps des dircoms

Avec l'avènement des élections libres et pluralistes, plus aucun homme politique tunisien ne conçoit de faire campagne sans le concours d'une armée de communicants.[...]

Tunisie : la police va lancer un ultimatum aux hommes retranchés à Oued Ellil

La situation pourrait rapidement évoluer en Tunisie pour les hommes armés retranchés dans une maison de Oued Ellil, dans la banlieue de Tunis. La police tunisienne va en effet lancer un ultimatum et donnera [...]

Tunisie : tension sécuritaire à trois jours des législatives

Alors que des hommes armés sont toujours retranchés dans une maison d'une banlieue de Tunis, l'activité d'éléments jihadistes  fait monter la tension sécuritaire de plusieurs crans[...]

Tunisie : un policier tué lors d'affrontements entre la police et un groupe terroriste près de Tunis

Oued Ellil, une localité à 70 km de Tunis, est le théâtre d'échanges de tirs entre les forces de l'ordre et des éléments terroristes. Un policier a été tué.[...]

Tunisie : un ex-ministre de Ben Ali à Carthage ?

Caciques de l'ancien régime ou membres éphémères de l'équipe gouvernementale du président déchu, ils ont décidé de briguer la magistrature suprême le[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers