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29/04/2013 à 13:50
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Béji Caïd Essebsi à son domicile, le 1er mars 2011. Béji Caïd Essebsi à son domicile, le 1er mars 2011. © AFP

Dans une interview sur Nessma TV, dimanche 28 avril au soir, Béji Caïd Essebsi a annoncé son intention d'être candidat à la présidentielle tunisienne. Un petit séisme dans le monde politique. Explications.

Le fondateur du parti Nidaa Tounes, Béji Caïd Essebsi, a annoncé sa candidature à la prochaine présidentielle, dans une interview sur Nessma TV, dimanche 28 avril au soir. Une sorte de petite provocation puisque son annonce s’inscrit dans la polémique sur la troisième mouture du projet de Constitution, actuellement en discussion en Tunisie. Deux articles focalisent l’attention, le premier limitant à 75 ans l’âge des candidats à l’investiture et le second portant sur l’exclusion de la vie politique de ceux qui ont œuvré sous Ben Ali. Deux propositions qui, si elles étaient adoptées, invalideraient la démarche de l’ancien Premier ministre tunisien, âgé de 86 ans.

C’est donc avec une certaine malice que Essebsi, dont la formation caracole en tête des sondages, fait fi de ces considérations et impose un autre rythme à la classe politique, au moment où le dialogue national entre partis, initié le 23 avril par le chef de l’État Moncef Marzouki, tourne court.

Manipulateurs

En même temps, l’annonce de Béji Caïd Essebsi tend habilement à faire passer les islamistes pour des politiciens manipulant le Constitution à des fins purement électorales. Et elle a lieu - coïncidence ou non - au moment même où le Majlis al-Choura, Conseil consultatif d’Ennahdha, acceptait d’opter pour un régime mixte (semi-présidentiel) en précisant ce que devraient être les futures prérogatives du président de la république.

En tout état de cause, la candidature de Béji Caïd Essebsi est une menace que les islamistes prennent au sérieux. Ils devront désormais choisir entre un choc frontal avec Nidaa Tounes, au risque de conduire le pays vers le chaos, et une révision de leur position comprenant une négociation avec l’ensemble des familles politiques et des représentants de la société civile tunisienne.

Alliance

Reste qu’à l’approche des futures échéances électorales, le paysage politique ne devrait pas échapper à une division en deux blocs antagonistes. Mais si les islamistes semblent de plus en plus isolés, Béji Caïd Essebsi, lui, compte sur l’alliance de Nidaa Tounes avec d’autres partis ainsi que sur un rapprochement avec la puissante centrale syndicale de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT). L’initiative de cette dernière pour établir un plan de sortie de crise politique et économique est d’ailleurs de nouveau d’actualité et rallie toutes les forces démocrates.

En vieux briscard de la politique, Béji Caïd Essebsi a donc repris la main pour recentrer le débat sur des questions politiques : il n’est plus question d’islam mais bel et bien de course au pouvoir. Et il met au défi les personnalités intéressées de s’aligner sur la ligne de départ. Pourtant rien n’est joué ; un projet de Constitution médiocre et rétrograde risquerait de freiner tout processus démocratique dans le pays.

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Par Frida Dahmani, à Tunis

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