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05/04/2013 à 08:15
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Les errements des policiers et des politiciens hypothèquent l'avenir de la jeunesse malienne. Les errements des policiers et des politiciens hypothèquent l'avenir de la jeunesse malienne. © AFP

Triste spectacle à Bamako, où une nouvelle fusillade entre policiers rivaux a éclaté, dans la nuit du jeudi 4 au vendredi 5 avril. Quelques heures plus tôt, le gouvernement se montrait pourtant confiant sur l'organisation d'élections en juillet.

Le Mali n’en a pas fini de souffrir de ses forces de « sécurité ». Dans la nuit de jeudi à vendredi, des policiers membres de deux syndicats rivaux se sont violemment affrontés pendant deux heures à l'intérieur du camp du Groupement mobile de sécurité (GMS). Il y aurait au moins quatre blessés par balles, selon l’un des syndicats, ce que le second a nié.

Les deux organisations s’opposent frontalement depuis septembre 2012 pour des promotions controversées, car accordées uniquement à certains policiers réputés proches e la junte malienne du capitaine Sanogo, responsable du coup d'État du 22 mars 2012… « Nous étions à l'intérieur du GMS pour mettre sur pied une nouvelle section syndicale de la police quand les policiers de l'autre syndicat qui ont eu des promotions (...) ont commencé par tirer sur nous. Il y a eu quatre blessés par balle dans nos rang », a affirmé le sergent Jean Ambroise Samaké.

« Ce qui est arrivé est de leur faute. Ils ont aussi tiré, ce sont des aigris », a répliqué Drissa Samaké dit Roger, du syndicat accusé d'être proche des putschistes, qui a démenti le bilan de quatre blessés par balles. Trois responsables du syndicat adverse, dont Jean Ambroise Samaké, se seraient néanmoins rendus dans les locaux d'une représentation diplomatique de Bamako pour éviter des représailles.

Violences récurrentes

Ce n’est pas la première fois que des heurts surviennent entre les corps habillés du GSM, où les riverains se disent volontiers exaspérés par ces violences récurrentes. Le 26 septembre 2012 des premiers affrontements avaient fait deux blessés, dont un par balle, selon le bilan du gouvernement. Les promotions en cause avaient ensuite été annulées par le président par intérim, Dioncounda Traoré. Rebelote, en novembre 2012, quand avait eu lieu un rapt de quatre policiers dont une femme, qui séquestrés au GMS avant d’être relâchés le lendemain à la suite d'une médiation d'une organisation musulmane.

Ce climat de tension au sein de la police malienne – alors que la situation au nord est toujours très instable - n’empêche pas les autorités de Bamako de confirmer la date des élections générales, prévues pour juillet, à la suite des propos controversés du président français, François Hollande. « Nous n'avons aucun doute par rapport à cette date » (qui n'est cependant pas fixée...), a encore affirmé, jeudi, le ministre malien de l'Administration du territoire, le colonel Moussa Sinko Coulibaly.

Celui-ci s'exprimait à l'issue d'une réunion sur la préparation des élections, dirigée par le Premier ministre malien Diango Cissoko. « Nous avons suffisamment de financement à ce jour pour nous permettre d'envisager sereinement les échéances de juillet afin de conduire les élections. Nous allons probablement organiser d'abord la présidentielle et si c'est possible, coupler (avec les législatives), mais pour le moment, nous sommes en train d'envisager plusieurs options », a précisé Moussa Sinko Coulibaly, sans plus de détail.

76 millions d'euros

Récemment, à l'antenne d'une radio, il avait estimé à « environ 50 milliards de FCFA » (plus de 76 millions d'euros) le coût de l'organisation des élections. Le ministre a enfin évoqué 6,9 millions électeurs « potentiels », et indiqué que le fichier électoral sera « en principe » biométrique, c'est-à-dire avec l'utilisation de la photo et des empreintes digitales de l'électeur sur sa carte. « Nous allons identifier les électeurs à partir du dernier recensement administratif à vocation d'état civil. (...) Une petite relecture de la loi électorale est nécessaire pour nous permettre d'introduire ces changements dans la loi », a-t-il ajouté.

Selon lui, « les déplacés [seront inscrits] dans les bureaux de vote de leur choix » afin de leur permettre de participer au vote. Et « pour les réfugiés (dans les pays voisins), nous sommes en contact avec la Mauritanie, l'Algérie, le Niger, le Burkina Faso, et le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) pour voir comment permettre à nos compatriotes de voter en juillet », a-t-il dit. Selon l'ONU, il y avait fin mars plus de 470 000 Maliens déplacés à l'intérieur du pays ou réfugiés dans des pays voisins.

(Avec AFP)

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