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04/04/2013 à 17:40
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François Hollande accueilli par le roi Mohammed VI, le 3 avril à Rabat. François Hollande accueilli par le roi Mohammed VI, le 3 avril à Rabat. © Bertrand Langlois/AFP

Le président français a achevé jeudi 4 avril au soir sa visite officielle au Maroc, perturbée par le retentissant scandale de l'affaire Cahuzac. Mais du côté des relations franco-marocaines, rien de bien nouveau sous le soleil. D’ailleurs… il pleuvait !

À la mosquée Hassan II de Casablanca, jeudi matin, le président François Hollande a-t-il glissé un ex-voto, un vœu, une supplication pour que cesse le tourbillon qui agite sa présidence ?

Depuis son arrivée, mercredi après-midi, pour une visite officielle de 36 heures au Maroc, le programme des rencontres a été très bousculé. Prévu pour atterrir à 12h30 (locales),  son Airbus ne s’est posé sur le tarmac de l’aéroport Mohamed V qu’une heure plus tard. Après le traditionnel Conseil des ministres du mercredi, à Paris, François Hollande avait dû enregistrer à la hâte une déclaration sur l’affaire Cahuzac, l’ancien ministre du Budget mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale. Une manière de couper court à la polémique, avant de plonger dans le grand bain franco-marocain. Las, dès le matin, avant même l’arrivée du président, la presse française accréditée n’avait d’yeux et d’oreilles que pour le scandale Cahuzac.

Tradition

Accueilli à son arrivée par le roi Mohammed VI, François Hollande a tout de même déroulé le programme de sa première journée de visite. Accueil populaire d’abord, sous une pluie battante, sur la place Lemaigre-Dubreuil (du nom d’un Français « libéral » assassiné au milieu des années 1950 pour ses visées autonomistes), puis arrivée sur la place du Méchouar du palais, pile au moment où un énorme coup de tonnerre retentissait dans le ciel de Casablanca. Plus tard, dans l’après-midi, devant la communauté française réunie au Lycée Lyautey, le président ironisera sur le sujet, faisant référence à ses nombreux déplacements dans des conditions météorologiques délicates : « J’arrive. Il pleut. Je perpétue une tradition. »

À plusieurs moments de sa visite, François Hollande est apparu perdu dans ses pensées, le visage impassible mais le regard un peu dans le vide.

Parade de la Garde royale, honneurs militaires et civils rendus, hymnes des deux pays repris en fanfare... Le roi Mohammed VI a ensuite eu un entretien restreint puis un tête-à-tête avec son hôte. On sait qu’ils ont évoqué les questions internationales : Mali et Syrie, deux crises sur lesquelles ils souhaitent continuer de coordonner leurs actions. Puis les deux chefs d’État ont présidé la signature de 19 accords, conventions et déclarations.

Pendant ce temps-là, la polémique Cahuzac enflait. À plusieurs moments de sa visite, le président de la République est apparu perdu dans ses pensées, le visage impassible mais le regard un peu dans le vide. Pour rattraper le retard prévu à l’arrivée, toutes les étapes ont été écourtées, la police marocaine assurant une fluidité exemplaire dans la circulation souvent chaotique de Casablanca. La seule inauguration prévue au programme, celle de la station de traitement des eaux de Médiouna, s’est déroulée au pas de course.

Hollande a cependant pu, après la rencontre avec les Français de Casablanca, se détendre un peu, goûtant même un bain de foule. « J’ai serré la main du président ! » s’exclamait un jeune cadre. Mais en coulisses, l'affaire Cahuzac revenait systématiquement sur le tapis. En off, les membres de la délégation présidentielle se lâchent. Leur ancien collègue est un « pourri ». Pire que le mensonge, il les a « trahis ». Son comportement est jugé « minable », « presque criminel ».

Solidarité

Lors de son allocution au Parlement marocain, le jeudi, François Hollande a surtout réaffirmé l’amitié marocaine et la solidarité entre les deux gouvernements, les deux économies, les deux peuples. « Je suis venu vous dire que la France a confiance dans le Maroc. » Pour modèle de cette intimité, il a évoqué les humoristes franco-marocains : « Il y en a beaucoup. » Retour de Monsieur « petites blagues » après l’orage Cahuzac ? On en est encore loin. Mais ces moments de détente, comme la réception privée qui lui a été réservée à la Résidence d’Anfa, avec toute la famille royale ont certainement été un bol d’air frais dans la cascade des mauvaises nouvelles qu'il a dû affronter.

Jeudi matin, la révélation par Le Monde que l’ancien trésorier de campagne de François Hollande, Jean-Jacques Augier, détenait une société dans les îles Caïmans n’a pas aidé l’Élysée à sortir du tunnel. Devant les représentants et conseillers des deux chambres du Parlement marocain, le président français a en tout cas repris le sens de la visite. Il a salué les « ambitions réformatrices » du roi Mohammed VI. Pas de référence dans le texte de son discours aux sujets qui fâchent, mais pas d’excès de louanges. Les « avancées » et les « progrès » relevés n’empêchent pas les « impatiences et les vives attentes du peuple marocain ».

Standing ovation

Très attendue par les Marocains, sa déclaration sur le Sahara occidental a été lue à la lettre, sans improvisation ni paraphrase. Remerciant le Maroc pour son soutien à l’intervention française au Mali, François Hollande a expliqué que « la crise au Sahel ne rend que plus urgent » le règlement du conflit au Sahara occidental. À ce propos, le président français a réaffirmé la ligne qui était celle de son prédécesseur : « Le plan présenté par le Maroc en 2007 est une base sérieuse et crédible en vue d’une solution négociée. » La formulation a fait mouche, puisqu’elle a été immédiatement suivie d’une standing ovation de la totalité des parlementaires et des membres du gouvernement.

Après sa rencontre avec les patrons du club France-Maroc (qui comprend 36 patrons du CAC40) réunis pour un forum économique avec leurs partenaires marocains, François Hollande avait prévu de donner une conférence de presse, plus tard dans l’après-midi, avant de retourner à Paris. La pluie marocaine l’aura peut-être aidé à se préparer au gros temps d’orage qui l’attend à domicile.
 

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