Extension Factory Builder
04/04/2013 à 09:21
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le président français François Hollande à son arrivée à Casablanca le 3 avril 2013. Le président français François Hollande à son arrivée à Casablanca le 3 avril 2013. © AFP

Le président français François Hollande a débuté, dans l'après-midi du mercredi 3 avril, une visite d'État au Maroc destinée à conforter les bonnes relations entre les deux pays. Un voyage diplomatique largement eclipsé, cependant, par la mise en examen de l'ex-ministre français du Budget Jérôme Cahuzac.

François Hollande est arrivé à Casablanca mercredi en début d'après-midi. Accueilli sur le tarmac de l'aéroport par le roi Mohammed VI, il affichait un visage grave et fermé. Avant son départ de Paris, le président français avait tenté de déminer le terrain politique, au lendemain des révélations fracassantes de son ancien ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, qui a avoué disposer depuis 20 ans d'un compte à l'étranger et qui a été inculpé pour blanchiment de fraude fiscale.

Le chef de l'État a annoncé plusieurs mesures pour assurer l'« exemplarité totale » des responsables publics. Il a en outre affirmé que Jérôme Cahuzac n'avait « bénéficié d'aucune protection de l'État ». Mais les aveux de l'ancien pilier du gouvernement de Jean-Marc Ayrault ont provoqué un énorme choc dans l'ensemble de la classe politique à Paris. Le Premier ministre a essuyé, dans l'après-midi, à l'Assemblée nationale, le feu roulant des questions de l'opposition, qui lui demande des comptes et juge insuffisante la réaction de l'Élysée. Si François Hollande a condamné dès mardi « une impardonnable faute morale », impossible pour lui d'éviter que l'affaire ne pollue sa visite au Maroc.

Son séjour marocain n'a pour autant pas été chamboulé, y compris dans son objectif : la France entend conforter « une relation de haut niveau » avec Rabat, son principal allié au Maghreb. Mais toute prise de parole de François Hollande est guettée : devant la communauté française, en début de soirée, le chef de l'État a soigneusement évité de s'exprimer sur le scandale. Une conférence de presse est prévue à Rabat jeudi soir, au terme de sa visite. À son arrivée au Maroc, le président français a eu le droit à un « accueil populaire » sur une place du centre de Casablanca, recouverte pour l'occasion de tapis marocains, mais les Français du Maroc ne se sont pas déplacés en masse pour le rencontrer.

Trente contrats

Les deux chefs d'État ont ensuite pris la direction du palais royal, pour un entretien, avant la cérémonie de signature d'une trentaine d'accords et contrats, en particulier dans le domaine des transports (ferroviaire, tramway, métro, ligne à grande vitesse), de l'agroalimentaire, du traitement de l'eau et des énergies renouvelables.

La France est le premier partenaire économique du Maroc et, outre un cortège de ministres et de conseillers, le chef de l'État était accompagné d'une soixantaine de patrons. Quelque 750 entreprises françaises, dont 36 des 40 sociétés du CAC 40, sont présentes dans le royaume. François Hollande a d'ailleurs inauguré une station d'épuration gérée par une filiale de GDF-Suez, la Lydec, un projet pilote qui permettra le traitement de 3 800 m3 d'eaux usées par jour pour l'agglomération de Casablanca, mégalopole de près de cinq millions d'habitants.

Mali et Sahara occidental

Jeudi, après une visite de la grande mosquée Hassan II, François Hollande se rendra à Rabat, où il développera devant des chefs d'entreprises français et marocains l'idée de « colocalisation », sorte de partenariat censé générer des emplois dans les deux pays. Après des entretiens avec le chef du gouvernement islamiste Abdelilah Benkirane, le président français prononcera un discours devant le Parlement, l'occasion selon son entourage de « s'exprimer sur les grands sujets de l'heure » : Syrie, Mali, Printemps arabes, processus de paix au Proche-Orient.

Le président français devrait notamment saluer la voie choisie par le Maroc durant le Printemps arabe et « les positions très nettes » du roi en faveur de l'intervention française au Mali. Concernant le Sahara occidental, ex-colonie espagnole que Rabat contrôle mais qui est revendiquée par les indépendantistes du Front Polisario, la position de la France reste la même : Paris soutient le plan d'autonomie marocain comme « base sérieuse et crédible » de discussion et souhaite une « solution négociée dans le cadre de l'ONU ».

En prélude à ce voyage, les ONG Human Rights Watch (HRW) et Reporters sans frontières (RSF) ont de leur côté exhorté François Hollande à aborder la question des droits de l'Homme avec ses interlocuteurs marocains.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Maroc

Finance : Casablanca gagne 11 places dans l'indice GFCI

Finance : Casablanca gagne 11 places dans l'indice GFCI

 Casablanca a fait un bond de 11 places et se hisse désormais à la 51e place du GFCI, le classement des places financières internationales (GFCI), devant Maurice, Moscou, Dublin et Madrid.[...]

Islamistes marocains : un modèle nommé AKP

Séduits par l'expérience concluante de leurs homologues turcs, les islamistes du PJD tentent, depuis 2007, d'en reproduire la recette. Mais ils doivent composer avec un contexte politique radicalement [...]

Abdelmalek Alaoui, l'homme qui murmure à l'oreille des puissants

Sans renier l'héritage de son père, indéboulonnable ministre de Hassan II, Abdelmalek Alaoui ne doit sa réussite qu'à son talent. Fondateur de Global Intelligence Partners, il[...]

Réchauffement climatique : la carte des 15 lieux les plus menacés d'Afrique

À l'occasion du sommet sur le climat organisé le 23 septembre à New York par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, "Jeune Afrique" publie sa carte des 15 lieux les plus[...]

"Les Tribulations du dernier Sijilmassi" : "burn out" sous le burnous avec Fouad Laroui

Qui n'a jamais eu envie de changer de vie ? Un ingénieur marocain, héros du dernier livre de notre collaborateur Fouad Laroui, en lice pour le Goncourt, y est bien résolu. Mais de la coupe aux[...]

À Paris, deux expositions réconcilient la France et le Maroc

Deux grandes expositions sont programmées au Louvre et à l'Institut du monde arabe sur le Maroc à partir de la mi-octobre. Rabat et Paris se reconnectent loin de la brouille diplomatique.[...]

Maroc : le rappeur Mouad Belghawat, alias Lhaqed, est sorti de prison

Le rappeur marocain Mouad Belghawat est libre. Lhaqued, de son surnom, est sorti de prison jeudi après avoir purgé une peine de quatre mois pour atteinte à agent des forces de l'ordre.[...]

Maroc : nouveaux appels a l'abandon des poursuites contre le journaliste Ali Anouzla

À l'occasion du premier anniversaire de l'interpellation d'Ali Anouzla, journaliste marocain poursuivi pour aide au terrorisme, son comité de soutien et 12 ONG tunisiennes ont de nouveau réclamé[...]

Maroc : la relève de l'Amazigh Power

Artistes, écrivains ou acteurs associatifs, ils incarnent une nouvelle génération de militants qui se battent pour que la composante berbère de l'identité nationale se traduise dans tous[...]

Maroc : Bouhcine Foulane, 34 ans, la musique amazigh

Ils veulent faire revivre la musique amazigh sous un aspect moderne. Ribab Fusion - le ribab est une sorte de violon à corde unique typiquement amazigh -, ce sont six musiciens âgés de 26 à[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex