Extension Factory Builder
03/04/2013 à 09:49
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
L'Assemblée générale de l'ONU, le 2 avril 2013 à New York. L'Assemblée générale de l'ONU, le 2 avril 2013 à New York. © AFP

L'Assemblée générale de l'ONU a adopté, mardi 2 avril, le premier traité sur le commerce international des armes conventionnelles. En discussion depuis sept ans, il s'agit du premier texte international majeur sur le désarmement depuis l'adoption du traité sur l'interdiction des essais nucléaires en 1996.

Réunie à New-York, l'Assemblée générale des Nations unies a entériné mardi un texte historique, en adoptant le premier traité sur le commerce international des armes conventionnelles. La résolution ouvrant ce traité à la signature, à partir du mois de juin prochain, a été votée par 154 voix pour et trois contre (Syrie, Corée du Nord, Iran). 23 pays se sont toutefois abstenus, parmi lesquels certains des principaux exportateurs (Russie et Chine) ou acheteurs de ces armes (Égypte, Inde, Indonésie).

Ce traité, qui faisait l'objet d'intenses tractations depuis sept ans, est le premier texte international majeur sur le désarmement depuis l'adoption du traité sur l'interdiction des essais nucléaires de 1996. Les 193 pays membres de l'ONU n'avaient pu se mettre d'accord par consensus, jeudi dernier, sur ce texte de 15 pages censé moraliser les ventes d'armes, un marché évalué à 80 milliards de dollars par an. L'Iran, la Syrie et la Corée du Nord avaient bloqué le texte après 10 jours de négociations.

Une centaine de pays, dont la France, la Grande-Bretagne, les États-Unis et de nombreux États africains et latino-américains, ont alors proposé que l'Assemblée adopte une résolution reprenant le projet de traité et l'ouvre ainsi à la signature. Chaque pays est libre de signer ou non le traité et de le ratifier. La Russie a indiqué qu'elle pourrait ne pas le signer. Le texte entrera en vigueur à partir de la 50 ème ratification, ce qui « prendra un an ou deux », selon Peter Woolcott, le diplomate australien qui a présidé les négociations à New York.

Du pistolet aux avions de guerre

Le principe du traité est que chaque pays évalue, avant toute transaction, si les armes vendues risquent d'être utilisées pour contourner un embargo international, commettre des « violations graves » des droits de l'homme, ou être détournées au profit de terroristes ou de criminels. Si c'est le cas, la transaction ne doit pas être autorisée.

Les armements couverts vont du pistolet aux avions et navires de guerre, en passant par les missiles. Le traité porte sur tous les transferts internationaux (importation, exportation, transit, courtage), sans toucher aux législations nationales sur l'acquisition et le port d'armes.

Les États-Unis, principal pourvoyeur d'armes avec 30% du marché, ont obtenu que les munitions soient traitées à part, avec des contrôles moins complets. Le texte laisse aussi ouverte la possibilité que certaines aides militaires bilatérales soient exemptées. Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a salué un traité qui « peut renforcer la sécurité internationale » mais qui n'empiète pas sur la Constitution américaine garantissant le droit de posséder une arme.

"Un nouvel élan au désarmement"

Le Premier ministre britannique, David Cameron, a salué « un accord historique qui va sauver des vies et soulager les immenses souffrances provoquées par les conflits armés ». Pour le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, il s'agit d'un « succès diplomatique historique » qui devrait donner « un nouvel élan bienvenu à d'autres efforts de désarmement ».

L'ambassadeur russe à l'ONU, Vitali Tchourkine, a de son côté indiqué que son pays« allait examiner soigneusement » le traité avant de décider ou non de le signer. Il y a déploré des « lacunes », comme l'absence de contrôle spécifique des livraisons d'armes aux rébellions ou des « critères d'évaluation du risque pas assez clairs ». L'ambassadeur syrien, Bachar Jaafari, a pour sa part renouvelé l'opposition de son pays, déplorant que le texte ne fasse pas référence explicitement aux « acteurs non-étatiques », comme l'opposition armée syrienne.

Du côté des organisations humanitaires, l'adoption de ce traité a été saluée avec enthousiasme. « Le monde a attendu longtemps ce traité historique, qui peut empêcher que des armes aillent à des pays où elles seront utilisées pour commettre des atrocités », a ainsi déclaré Brian Wood, responsable du dossier à Amnesty international. Le traité « envoie un signal clair aux marchands d'armes qui approvisionnent les dictateurs et les seigneurs de la guerre », a estimé Anna MacDonald, d'Oxfam : « Ils ne pourront plus agir en toute impunité ».

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

International

Gaza : Israël accusé de possibles crimes de guerre par l'ONU

Gaza : Israël accusé de possibles crimes de guerre par l'ONU

Alors que débute la troisième semaine de l'offensive israélienne sur la bande de Gaza, la haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a demandé une enquête sur les possibles crim[...]

France : un nouveau projet de loi sur l'immigration

Attirer plus de diplômés et d'entrepreneurs étrangers. Tel est le but du projet de loi que le gouvernement s'apprête à dévoiler. Parmi les nouveautés, un titre de[...]

Indonésie : l'avenir, c'est Jokowi

Il y a le réformateur populaire, Joko Widodo, et le militaire conservateur, Prabowo Subianto. Tous deux clament leur victoire à l'élection présidentielle du 9 juillet. Deux visages, deux[...]

Littérature turque : "L'Homme désoeuvré" enfin traduit en français !

C'est l'un des classiques du roman turc contemporain. "L'Homme désoeuvré", de Yusuf Atilgan, est enfin traduit en français.[...]

Sida : les lois homophobes accusées de favoriser la propagation du virus

Les lois qui interdisent et stigmatisent l’homosexualité ont été pointées du doigt lors de la conférence internationale sur le sida à Melbourne en Australie. Elles favoriseraient[...]

Italie : près de 800 migrants sauvés par la marine en une nuit

La marine italienne à annoncé avoir secouru près de 800 migrants dans la nuit de dimanche à lundi. En cette saison estivale les candidats à la traversée de la Méditerranée,[...]

Le FBI a-t-il poussé des musulmans américains à commettre des attentats ?

Dans un rapport publié lundi, Human Rights Watch dénonce les pratiques abusives du FBI qui aurait incité des Américains musulmans à commettre des attentats, après le 11-Septembre. Les[...]

Commission européenne : Jean-Claude Juncker, l'ère du dinosaure

Élu sans surprise, le président de la Commission européenne donne des gages à la droite, à la gauche, aux Verts. Un risque de cacophonie ?[...]

Côte d'Ivoire : Drogba, le retour de l'enfant prodige à Chelsea

Selon le quotidien "L'Équipe", Didier Drogba est attendu dans la semaine à Londres pour parapher un contrat d'un an avec Chelsea. Il devrait par la suite entamer une reconversion dans le staff technique du[...]

Crash en Ukraine : les séparatistes enlèvent les corps, Washington accuse Moscou

La colère gronde dans le monde contre les séparatistes pro-russes qui se sont précipités pour retirer les corps de victimes de l'accident dans l'est de l'Ukraine, Washington accusant les Russes de leur[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers