Extension Factory Builder
02/04/2013 à 12:32
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Photographies de victimes du génocide, au Mémorial de Kigali. Photographies de victimes du génocide, au Mémorial de Kigali. © AFP

Un ex-capitaine de l'armée rwandaise, Pascal Simbikangwa, a été renvoyé devant la cour d'assises de Paris pour complicité de génocide. Le procès qui pourrait en découler serait le premier du genre en France.

Mis à jour à 13h14.

C’est une première. Mardi 2 avril, une source judiciaire a annoncé à l’AFP qu’un Rwandais avait été renvoyé vendredi dernier devant les assises pour complicité de génocide. Il s’agit de Pascal Simbikangwa, un ex-capitaine de l'armée rwandaise, ancien officier des renseignements, qui avait été arrêté à Mayotte en 2008. Un an plus tard, il avait été mis en examen pour son rôle présumé dans le génocide de 1994 qui avait fait quelque 800 000 morts, essentiellement au sein de la population tutsie.

Il est inculpé pour complicité de génocide et complicité de crimes contre l'humanité commis à Kigali et sur le territoire du Rwanda, notamment dans la préfecture de Gisenyi (nord-ouest), entre avril et juillet 1994. Il est notamment soupçonné d'avoir armé des miliciens extrémistes hutus Interahamwe et de les avoir encouragés à massacrer des Tutsis. Son renvoi devant la Cour d'assises à Paris pourrait déboucher sur le premier procès en France lié au génocide de 1994 au Rwanda. Ses avocats ont encore la possibilité de faire appel.

Pascal Simbikangwa a été arrêté en 2008 à Mayotte.

© Interpol

Un long parcours judiciaire

Pascal Simbikangwa avait d’abord été transféré dans une prison de La Réunion avant de rejoindre un centre de détention de la métropole, en novembre 2009, après son inculpation. L'instruction qui a débouché sur l’ordonnance de renvoi avait été ouverte après une plainte du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR). Initialement mis en examen pour tortures et actes de barbarie, il ne sera finalement pas jugé pour ces faits qui, commis entre 1990 et 1994, sont désormais prescrits.

L’accusé est présenté comme un membre de l'Akazu, le premier cercle du pouvoir hutu qui, selon ses accusateurs, a planifié et mis en œuvre le génocide rwandais. Né en 1959, il avait intégré en 1982 la garde du président Juvénal Habyarimana, dont l'assassinat en 1994 avait été l'événement déclencheur du génocide.

Il était devenu paraplégique en 1986 à cause d’un accident de la circulation avant d’être affecté, deux ans plus tard, au Service central de renseignement, précisément au service de renseignement intérieur, directement rattaché à la présidence. Il n’en n’avait été écarté qu’avec l'avènement du multipartisme, en 1992. Mais selon la source judiciaire, il avait poursuivi ses activités de renseignements au service du président Habyarimana jusqu'à la mort de ce dernier, dans l'attentat contre son avion, le 6 avril 1994.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

International

Ebola : l'UE va débloquer 500 millions d'euros pour 'endiguer' l'épidémie en Afrique

Ebola : l'UE va débloquer 500 millions d'euros pour "endiguer" l'épidémie en Afrique

L'Union européenne a annoncé lundi son engagement à débloquer 500 millions d'euros d'aide pour "endiguer" Ebola dans les pays africains touchés.[...]

L'OIF aux Africains !

Moins de six semaines nous séparent de l'élection du nouveau secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). Les 57 chefs d'État ou de gouvernement[...]

Terrorisme : les autorités françaises ont-elles encore commis une bourde ?

Après l'affaire des trois présumés jihadistes français de retour de Turquie attendus par la police à l'aéroport d'Orly et finalement descendus sans être[...]

Vatican : le débat continue sur le divorce et l'homosexualité avec le pape François

Le synode de la famille s'est achevé dimanche au Vatican. Deux semaines de travaux à huis clos pendant lesquelles les évêques ont largement évoqué les thèmes du divorce et de[...]

Syrie : à Kobané, l'armée américaine largue des armes aux Kurdes

L'armée américaine a annoncé dimanche soir avoir largué pour la première fois des armes aux combattants kurdes qui défendent la ville syrienne de Kobané, assiégée[...]

Orrick s'installe officiellement à Abidjan

Exclusif - Dans une interview accordée à Jeune Afrique, le président et le patron Afrique d'Orrick expliquent pourquoi ce géant mondial du droit avec 1100 avocats dans 25 pays a choisi la capitale[...]

Vatican : vote très attendu à l'issue d'un synode sur la famille et l'homosexualité

Les participants au synode sur la famille, réunis depuis deux semaines au Vatican, devaient voter samedi un document final, concluant des débats mouvementés sur des sujets de société[...]

La bataille contre Ebola en passe d'être "perdue", faute de solidarité

L'ONU et la Banque mondiale s'alarment du manque de solidarité internationale envers les pays africains touchés par Ebola, qui a tué 4.555 personnes, et appellent à convertir en actes les promesses[...]

France : après plus dix années passées en prison, deux Marocains tentent d'obtenir une indemnisation

Injustement condamnés pour meurtre, les Marocains Kader Azzimani et Brahim El Jabri ont respectivement passé onze et treize ans en prison. Finalement relaxés le 3 juillet, ils s'efforcent[...]

On vous aura prévenus

La liberté d'expression ne s'est jamais aussi mal portée en Afrique qu'aujourd'hui. Je ne parle pas de celle qui autorise les médias à naître, à diffuser, à paraître et[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers