Extension Factory Builder
02/04/2013 à 09:41
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Entrée de soldats maliens le 28 janvier 2013 à Tombouctou. Entrée de soldats maliens le 28 janvier 2013 à Tombouctou. © AFP

Après plusieurs mois de préparation, la mission européenne de reconstruction de l'armée malienne, baptisée EUTM Mali, est lancée mardi 2 avril par 550 formateurs militaires européens. Objectif ? Professionnaliser les soldats maliens pour qu'ils soient capables de résister à de nouvelles attaques de groupes jihadistes.

Alors que la France prépare le désengagement partiel de ses 4 000 soldats et que l'ONU finalise le lancement d'une mission de maintien de la paix, la mission EUTM Mali aura un rôle central à jouer dans la reconstruction de l'État malien. Cette tâche s'annonce lourde car « tout est à reconstruire » au sein de l'armée malienne, explique le général François Lecointre, qui commande EUTM Mali. Le but est de former et entraîner près de 3 000 soldats, qui se succèderont en quatre vagues sur quinze mois à Koulikoro, une ville située sur les bords du fleuve Niger, à une soixantaine de kilomètres au nord de Bamako.

>>> Lire l'interview du Général François Lecointre sur les objectifs de la mission EUTM Mali.

À partir de mardi, ils y seront accueillis dans l'école militaire où se sont installés ces dernières semaines des experts militaires venus de 23 pays européens. Parmi eux figurent des formateurs français, suédois ou lituaniens, des médecins allemands, des pilotes d'hélicoptères belges, ainsi que des Tchèques et des Espagnols pour sécuriser la mission. La lenteur de l'engagement des Européens a été critiquée, notamment en France, mais le général Lecointre se déclare publiquement satisfait du résultat. « C'est un tour de force pour une mission multinationale d'être opérationnelle si rapidement », a-t-il récemment affirmé à Bruxelles.

Dans le même temps, l'armée malienne a sélectionné 670 soldats, issus de quatre régions, pour former le premier bataillon dépêché à Koulikoro. Pendant deux mois et demi, ils y suivront un entraînement intensif au maniement des armes ou au respect des ordres. Ils bénéficieront aussi de cours de droit international humanitaire et sur la protection des civils. Ce bataillon devrait ainsi être opérationnel à la fin juin et en mesure d'être déployé dans le Nord.

"Armée déstructurée"

Les experts européens ont dressé un constat sans appel de l'état de l'armée malienne, qui a totalement failli à sa mission lorsque plusieurs groupes armés, jihadistes et touaregs, ont envahi le nord du pays au début de l'année 2012.

« C'est une armée déstructurée, qui s'est effondrée parce qu'elle souffre de vingt ans de sous-financements systématiques et de la méfiance du pouvoir politique », résume le général Lecointre.

À cela s'ajoutent d'énormes lacunes en terme de matériels opérationnels. Pays pauvre, « le Mali a accepté des équipements de tous les pays qui étaient prêts à lui en donner. Mais ils ne fonctionnent pas entre eux, sont souvent obsolètes ou alors trop sophistiqués », souligne le commandant.

Pour tenter de combler ces lacunes, les 27 États de l'UE ont été sollicités, avec un résultat jusqu'à présent mitigé. Chypre a ainsi proposé d'envoyer plus de 2 000 armes légères d'infanterie, de type Kalachnikov.

Élection présidentielle

Pour le général Lecointre, il est essentiel que les Européens répondent présents. Car « nous avons créé de fortes attentes chez les Maliens, qui sont très conscients de la nécessité de reconstruire leur armée, très conscients que la faillite de cette institution a failli entraîner la disparition de leur pays ».

Tout en saluant le lancement d'EUTM, le ministre de la Défense malien, le général Yamoussa Camara, a déjà estimé que l'effort européen devra probablement être prolongé. « La mission va durer 15 mois. Cela va permettre de former un noyau d'instructeurs (maliens) qui pourront continuer à assurer la formation (...) Ce n'est pas suffisant. Nous en avons conscience », a-t-il déclaré au cours d'un entretien au service audiovisuel de l'UE.

Les Européens ont cependant posé des conditions. Ils insistent notamment sur la tenue de l'élection présidentielle en juillet, comme l'a annoncé le chef de l'État de transition Dioncounda Traoré, afin de rétablir la normalité institutionnelle après le coup d'État militaire de mars 2012.

(Avec AFP)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Niger : neuf membres des forces de sécurité tués près du Mali

Niger : neuf membres des forces de sécurité tués près du Mali

Dans un communiqué officiel, Niamey a annoncé jeudi que neuf membres des forces de sécurité ont été tués dans plusieurs attaques simultanées dans la région de Tillab&e[...]

Un soldat français des forces spéciales tué dans le nord du Mali

Un sergent-chef français, membre des forces spéciales, a été tué mercredi au Mali lors d'une opération destinée à freiner la résurgence des jihadistes dans le nord du[...]

Mali : accrochages entre l'armée française et un "groupe armé terroriste de type Aqmi"

L'armée française a affronté dans la nuit de mardi à mercredi des combattants d'Aqmi, dans la vallée de l'Ametetai, au nord du Mali.[...]

Mali : MNLA, MAA et HCUA créent une coordination militaire commune

Le 28 octobre, les groupes armés de la coordination des mouvements de l'Azawad ont annoncé la création d'un état-major commun. Objectif prétendu : sécuriser les régions du Nord sous[...]

Mali : Pédro Kouyaté... métro, tempo, brio !

Après avoir exploré le monde et la tradition mandingue avec les plus grands, Pédro Kouyaté s'est posé dans le tube parisien. Entre deux concerts, le Malien envoûte les passants.[...]

Terrorisme : la Minusma a-t-elle les moyens de sécuriser le Nord-Mali ?

Pour le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, "le nord du Mali est fragilisé parce que la Minusma n'a pas été au rendez-vous au moment où il le fallait".[...]

Ebola : le Mali tente de contenir l'épidémie, mise en quarantaine aux États-Unis

Le Mali tente de juguler toute propagation du virus Ebola après l'annonce d'un premier cas dans le pays, tandis que les États-Unis ont placé une personne en quarantaine d'office pour la première fois.[...]

Mali : mort de la fillette, premier cas d'Ebola dans ce pays

Le premier cas d'Ebola identifié au Mali, une fillette de deux ans récemment revenue de Guinée, est morte vendredi, a annoncé le gouvernement.[...]

Ebola : un premier cas au Mali fait craindre l'arrivée de l'épidémie

Le Mali connaît son premier cas d'Ebola. Il s'agit d'une fillette de deux ans venue de Guinée avec sa grand-mère. Elle a été placée en quarantaine à Kayes (Ouest), a[...]

Mali : les Casques bleus, cibles privilégiées des jihadistes

Rarement mission onusienne aura autant été prise pour cible. Dans le Nord, les soldats de la Minusma sont seuls et en première ligne. Mines, tirs de roquettes et attentats ont déjà fait[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers