Extension Factory Builder
01/04/2013 à 09:44
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le président Michel Djotodia (à g.) et le Premier ministre Nicolas Tiangaye. Le président Michel Djotodia (à g.) et le Premier ministre Nicolas Tiangaye. © AFP

Le Premier ministre centrafricain Nicolas Tiangaye a nommé, dimanche 31 mars, un gouvernement d'union nationale. Selon un décret lu à la radio nationale, il est composé de ministres issus de la rébellion Séléka, de l'ancienne opposition et de la société civile.

Mis à jour à 15h38.

Le nouveau gouvernement centrafricain, formé par Nicolas Tiangaye dimanche, est composé de 34 membres, dont neuf issus de la rébellion Séléka au pouvoir depuis une semaine, huit issus de l'ancienne opposition et un ex-proche de François Bozizé. Le reste du gouvernement est composé de personnes issues de la société civile et de diverses formations politiques.

Parmi les personnalités de la Séléka, se retrouvent aux postes clés le président Michel Djotodia, qui assumera également la charge de ministre de la Défense, Gontran Djono au Pétrole, Nourendine Adam, chef de la rébellion de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), à la Sécurité, Mohamed Moussa Dhaffane aux Eaux et forêts, ainsi que Christophe Gazam Betty à la Communication.

Du côté de l'ancienne opposition, le ministère de l'Équipement et porte-parole du gouvernement revient à Crépin Mboli Gonda, celui des Affaires étrangères à l'ancien ambassadeur de Centrafrique aux Nations unies, Charles Armel, et les Postes et télécommunications à l'opposant Henri Pouzère.

Accord respecté

L'ex-rebelle Michel Djotodia, nouvel homme fort de la Centrafrique, a donc reconduit le Premier ministre sortant, lui-même issu de l'opposition, dans ses fonctions. Il avait promis que toutes les tendances de la vie politique seraient représentées dans son nouveau gouvernement, comme le prévoyait l'accord signé en janvier à Libreville entre pouvoir, opposition et rébellion.

Mais dans les rangs du président déchu, parmi ceux qui se sont dits prêt à coopérer, un seul a été retenu : Claude Lenga, qui hérite du poste de ministre délégué à l'Enseignement professionnel et fondamental. Afin de respecter à la lettre l'accord, M. Tiangaye a également nommé Abdoulaye Hissène, un représentant politico-militaire et ancien cadre du CPJP au ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture. Celui-ci était peu apprécié de la rébellion qu'il n'a pas soutenue après avoir déposé les armes suite à de précédents accords de paix avec l'ancien régime.

Premières critiques

La plupart, sinon toutes les provinces du pays sont représentées dans le nouveau gouvernement. « Il faut se mettre au plus tôt au travail. La première réunion de cabinet pourrait avoir lieu mardi en attendant un premier conseil des ministres », a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement Crépin Mboli Goumba. Mais certaines critiques s'élèvent déjà dans les rangs de l'opposition. « C'est du bidon. On a voulu faire plaisir à trop de gens incompétents. Il a trop de gens au gouvernement pour qu'il puissent travailler », assure un opposant.

Après la prise de contrôle de la majeure partie du pays en décembre par la Séléka, qui s'était retrouvée aux portes de Bangui, et l'accord de Libreville en janvier, la rébellion avait accusé le pouvoir de ne pas respecter celui-ci, avant de prendre la capitale pendant le week-end des 23 et 24 mars. Depuis, le président déchu Bozizé s'est réfugié au Cameroun et a demandé l'asile au Bénin.

Un sommet extraordinaire de la CEEAC consacré à la Centrafrique doit se tenir mercredi 3 avril à N'Djaména. De source proche du Premier ministre, si la venue de M. Tiangaye a été confirmée, celle de Michel Djotodia, dont le coup de force n'a pas encore été reconnu par la communauté internationale, est encore incertaine.

(Avec AFP)
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Centrafrique

Cameroun : la présidence confirme la libération du prêtre polonais et de 15 autres otages

Cameroun : la présidence confirme la libération du prêtre polonais et de 15 autres otages

Dans un communiqué publié mercredi, la présidence camerounaise a confirmé la libération d'au moins 16 otages dont un missionnaire polonais, enlevés ces deux derniers mois par des rebelles [...]

Exclusif : libération d'un prêtre polonais enlevé en octobre dans l'ouest de la Centrafrique

Le père Mateusz Dziedzic, un prêtre polonais enlevé mi-octobre dans l'ouest de la Centrafrique, a été libéré mercredi.[...]

Centrafrique : pourquoi les experts de l'ONU veulent sanctionner Michel Djotodia

Les experts des Nations unies sur la Centrafrique ont demandé au Conseil de sécurité de sanctionner une dizaine de personnalités dont l'ancien président Michel Djotodia. Tous verraient alors[...]

Centrafrique : François Toussaint, un mercenaire belge sans foi ni loi

Son nom ne vous dira rien. Né au Congo, François Toussaint est un mercenaire belge qui a fini par refaire surface à Bangui. Un parcours improbable qui lui a valu d'être épinglé par[...]

Centrafrique : une transition en panne, qui va à vau-l'eau

Didier Niewiadowski a été conseiller de coopération et d'action culturelle à l'Ambassade de France à Bangui (2008-2012). Depuis les Accords de Libreville du 11 janvier 2013, trois chefs de[...]

Centrafrique : Bozizé et les méchants

Le président centrafricain déchu François Bozizé s'estime toujours indispensable à la résolution de la crise dans son pays.[...]

Pacôme Pabandji remporte le prix Rory Peck des JRI pour sa couverture de la crise en Centrafrique

Pacôme Pabandji, journaliste centrafricain de 23 ans, a remporté mercredi  le prestigieux prix Rory Peck, une distinction reconnue dans le monde entier qui récompense chaque année les meilleurs[...]

Biens mal acquis : la Centrafrique dépose plainte à Paris contre Bozizé

La Centrafrique a porté plainte cette semaine à Paris contre François Bozizé, pour obtenir une enquête sur les biens qui auraient été acquis par l'ex-président et son[...]

France - Centrafrique : Bozizé fils toujours sur la brèche

Le fils de François Bozizé, Jean-Francis Bozizé, est dans le collimateur du ministère français des Finances et des Comptes publics. Explications. [...]

RDC - CPI : comprendre le procès Bemba en 5 questions

Après les déclarations finales mercredi et jeudi de l'accusation et de la défense, l'affaire Bemba est désormais mise en délibéré. En attendant le verdict, retour en cinq questions[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers