Extension Factory Builder
12/04/2013 à 15:00
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Sur les 100 sénateurs, 30 seront nommés par le président de la république. Sur les 100 sénateurs, 30 seront nommés par le président de la république. © AFP

Le Cameroun va se doter d’un Sénat, dont les cent membres seront élus et nommés dimanche 14 avril. Ils devraient être très largement issus des rangs du RDPC, le parti présidentiel. Pour l’opposition, l’enjeu est ailleurs. Décryptage.

Ils seront exactement au nombre de cent, les tout nouveaux sénateurs camerounais : soixante-dix seront élus et trente nommés par le président de la République. Avec ce Sénat, le Parlement se dote donc d’une seconde chambre – en plus de celle des députés – afin, dit-on à Yaoundé, d’offrir au pays toutes les institutions nécessaires au bon fonctionnement de la démocratie. Le paysage politique du Cameroun s’en trouvera-t-il changé pour autant ? Pas nécessairement.

Principale nouveauté : l’arrivée dans la hiérarchie protocolaire d’un président du Sénat, qui sera désormais le deuxième personnage de l’État (le président de l’Assemblée nationale devenant le troisième). En cas de décès, de démission ou d’empêchement définitif du président de la République, c’est lui qui assurera l’intérim, jusqu’à l’élection du nouveau chef de l’État.

Éviter le boycott

Une évolution qui a contribué à convaincre le Social Democratic Front (SDF) de ne pas boycotter le scrutin. Le principal parti d’opposition s’est résolu à y participer en particulier « pour pallier le vide constitutionnel actuel », assure un cadre de la formation. En effet, pour l’heure, nul n’est habilité à assurer la relève en cas de vacance du pouvoir.

Les partis qui ont décidé de les boycotter font valoir le caractère illégal des élections. Pour ce scrutin indirect, le collège électoral est en effet censé rassembler les conseillers régionaux et municipaux. Or les premiers ne sont pas encore en place ; quant aux seconds, les seuls en définitive à prendre part au vote, ils auraient dû achever leur mandat en 2012. Il eût donc été plus logique d’organiser les municipales avant les sénatoriales.

N’empêche, ces dernières se tiendront quand même. Elles seront organisées le 14 avril,dans les différentes régions, dans le cadre d’un scrutin de liste. Dix-sept listes sont en lice, sur les quarante présentées initialement par huit formations politiques – les vingt-trois autres, dont quatre appartenant au Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), ont été rejetées par l’organe électoral Elecam. Pour être sénateur, il faut avoir 40 ans révolus et être investi par un parti politique. En ce qui concerne la répartition des sièges, lorsqu’une liste obtient la majorité absolue des suffrages exprimés, elle est proclamée élue et remporte la totalité des sept sièges mis en compétition dans la région. Si aucune liste ne remporte la majorité absolue, celle qui a la majorité relative se voit attribuer quatre sièges ; en cas d’égalité entre les listes arrivées en tête, celles-ci se répartissent les quatre sièges. Les trois sièges restants sont alors répartis à la proportionnelle au plus fort reste entre les différentes listes, y compris celle(s) arrivée(s) en tête.

"Élection à zéro tour"

Le résultat devrait être sans surprise : plus de 90 % des conseillers municipaux (9 022 sur 10 632) chargés d’élire les sénateurs appartiennent au RDPC, ce qui fait dire au politologue Mathias Éric Owona Nguini qu’il s’agit d’une « élection à zéro tour ». Les partis d’opposition qui prennent part au scrutin ne se font aucune illusion sur leurs chances d’obtenir des sièges ; pour eux, l’intérêt réside dans la possibilité de se refaire une santé financière. Chaque formation politique qui participe au vote se voit en effet allouer des fonds pour la campagne, qui démarre le 30 mars.
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Cameroun

Cameroun : prison express pour Bapès Bapès

Cameroun : prison express pour Bapès Bapès

Vingt-quatre heures. C'est le temps passé par Louis Bapès Bapès, ministre des Enseignements secondaires, derrière les barreaux avant de reprendre son travail comme si de rien n'était. Cou[...]

"Le Christ selon l'Afrique" : et il est comment le dernier Calixthe Beyala ?

Calixthe Beyala a au moins un talent : celui de faire croire à ses lecteurs occidentaux que l'Afrique n'est autre qu'une terre miséreuse victime de son passé et de la mondialisation. Une image[...]

Carte interactive : voyagez en Afrique sans visa !

En vertu d'accords bilatéraux ou dans le cadre d'organisations sous-régionales, plusieurs pays africains ont supprimé l'obligation de visa d'entrée sur leur territoire. Grâce à une carte[...]

Éric Jennings : "L'Afrique a financé la résistance française"

Sans l'engagement d'une partie du continent, de Gaulle aurait-il pu vaincre l'Allemagne nazie ? Pas sûr. C'est ce que démontre l'historien dans un ouvrage fort documenté, fruit d'une large enquête[...]

Cameroun : Henri Ewelé débarqué de la direction de Chanas

Le conseil d’administration de l'assureur camerounais Chanas Assurances vient de relever Henri Ewelé de son poste de directeur général. Il a été remplacé par Albert Pamsy, sept mois[...]

Alice Nkom : "L'homosexualité n'est pas importée, c'est sa répression qui l'est !"

L'avocate camerounaise Alice Nkom s'attaque, depuis plus de dix ans, à l'article 347 bis, pénalisant l'homosexualité au Cameroun. Farouche militante des droits de l'homme, elle a accepté de partager[...]

Sommet UE-Afrique : un visiteur nommé Claude Guéant

Mais à quels dirigeant(s) africain(s) Claude Guéant a-t-il rendu visite à Bruxelles ? Une piste au moins se dessine.[...]

Enlèvements au Cameroun : les forces de sécurité ratissent le terrain

Les forces de sécurité camerounaises ratissaient dimanche la région où deux prêtres italiens et une religieuse canadienne ont été enlevés dans la nuit de vendredi à[...]

Deux prêtres italiens et une religieuse canadienne ont été enlevés au Cameroun

Deux prêtres italiens et une soeur canadienne ont été enlevés au nord du Cameroun, a indiqué samedi à l'AFP le ministère des Affaires étrangères qui a mis sur pied [...]

Vidéo - Mondial 2014 : des rappeurs tournent un clip de soutien aux Lions indomptables

Le Mondial 2014 au Brésil approche à grands pas. Au Cameroun, la scène urbaine chante déjà à l'unisson "Allez les lions ! ".[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces