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25/03/2013 à 16:31
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Sur la place Moïse Tshombe, à Lubumbashi. Sur la place Moïse Tshombe, à Lubumbashi. © Trésor Kibangula/J.A.

Le 23 mars, un groupe de miliciens "Kata Katanga" est entré à Lubumbashi, occasionnant des accrochages avec les forces de l'ordre au centre-ville, avant de se réfugier au camp de la Mission onusienne sur place. Les autorités de la province du Katanga les ont transférés, le 25 mars, à Kinshasa. L'incident laisse néanmoins plusieurs zones d'ombre.

Comment près de 250 miliciens indépendantistes dénommés « Kata Katanga » [coupez le Katanga, en swahili, NDRL] se sont-ils retrouvés, le 23 mars, au cœur de Lubumbashi ? Tout le monde semble avoir été pris de court, ne sachant pas comment réagir face à cette colonne des gens - vieux, jeunes, hommes, femmes et enfants - armés de flèches, de couteaux mais également d'AK 47 et de lance-roquettes, marchant droit dans la ville en provenance de la commune de Ruashi, située à 7 km de la capitale katangaise.

S'agissait-il vraiment d'une simple « reddition » qui a dérapé ? Moïse Katumbi, le gouverneur de la province, n'a pas trouvé d'autre explication. « Ils [les miliciens] sont venus se rendre et il y a eu quelques débordements », a déclaré le numéro un de la province. Une allusion à l'accrochage avec les forces de l'ordre, après que les « Kata Katanga » ont descendu le drapeau de la RDC et hissé le leur aux couleurs de l'ancien Katanga indépendant, sur la place Moïse Tshombe, du nom de celui-là même qui avait proclamé la sécession de la plus riche province congolaise, le 11 juillet 1960.

"Ils ont forcé la porte"

Bilan : environ 35 morts et 54 blessés dont 15 « gravement atteints » parmi les assaillants, selon les ONG locales. Pourchassés par les éléments de la Garde républicaine, les miliciens s'étaient réfugiés au quartier général de la Monusco à Lubumbashi. « Ils ont forcé la porte », explique un témoin sur place. « Nous ne sommes pas venus pour nous rendre mais nous sommes ici pour demander à l'ONU de nous rendre notre indépendance. Nous voulons que le Katanga soit un État et que notre président soit reconnu », avait alors lancé un des miliciens au siège de la mission onusienne.

Finalement désarmés, les 245 combattants « Kata Katanga » ont été rendus le lendemain aux autorités provinciales qui les ont transférés, le 25 mars, à Kinshasa. Une décision des « autorités du pays », se contente d'avancer Dikanga Kazadi, le ministre de l'Intérieur du Katanga. Pas suffisant pour lever tout le mystère autour de l'entrée dans la ville de Lubumbashi de ces miliciens qui ne se reconnaissent pas comme des Congolais, mais simplement comme des Katangais.

L’Unafec montré du doigt

Leur chef se nomme Ferdinand Ntanda Imena Mutumbo. Une figure quasi-inconnue de la vie politique locale. « Il est l'oncle de Gédéon, le chef de la milice maï-maï du Nord-Katanga, aujourd'hui mort ou en cavale », soutient une source. Mais, à Lubumbashi, beaucoup pointent du doigt Kyungu wa Kumwanza, le président de l'Union nationale des fédéralistes du Congo (Unafec) et président de l'assemblée provinciale. Il serait, pour eux, le tireur de ficelles dans l' « affaire Kata Katanga ».

Un « complot pour salir le parti, se défend Jean-Noël Ngoy Kikungula, un des conseillers de l’Unafec. Il ne faut pas confondre fédéralisme et sécession : les miliciens réclament l'indépendance du Katanga, mais nous nous battons depuis des années pour l'instauration du fédéralisme dans notre pays », nuance-t-il.

Pour couper court à ces rumeurs de plus en plus insistantes, Kyungu wa Kumwanza avait prévu de tenir, le 25 mars, un meeting à la place de la Gare, à Lubumbashi. Mais, Kinshasa a ordonné l'annulation de ce rassemblement. Le fédéraliste n'aura donc pas, pour l'instant, l'occasion de s'expliquer...

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Par Trésor Kibangula, envoyé spécial à Lubumbashi

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