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25/03/2013 à 08:41
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Michel Djotodia à Libreville, en janvier 2013. Michel Djotodia à Libreville, en janvier 2013. © AFP

Dix ans après son arrivée au pouvoir, François Bozizé tombe comme il est arrivé : sous la pression des armes. Michel Djotodia, le chef de la rébellion Séléka, le remplace à la tête de l'État de la république centrafricaine.

Le leader de la Séléka devait officialiser par une cérémonie, lundi 24 mars, son statut de nouveau chef de l’État de la république centrafricaine (RCA). Mais dans les faits, il l’est déjà depuis la veille. Après une offensive éclair de deux jours sur Bangui, Michel Djotodia a pris la capitale avec ses frères d’armes et mis en fuite François Bozizé, qui avait lui-même pris le pouvoir en menant un coup d’État contre Ange-Félix Patassé, en 2003. Deux présidents chassés par les armes, chacun au bout de dix ans de pouvoir exactement.

Originaire du nord-est du pays, Djotodia maîtrise plusieurs langues. Il avait tenté auparavant une carrière politique, en se présentant deux fois sans succès aux législatives dans la préfecture de Vakaga. Puis il avait épousé une carrière de diplomate - il devient notamment consul de la RCA à Nyala, au Soudan. Une ville où il fait connaissance avec les rebelles tchadiens – alors appuyés par Khartoum - avant de décider de suivre leur exemple. En 2006, il fonde l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), est brièvement arrêté au Bénin puis se réfugie au Sud-Darfour où il bénéficie d’importants soutiens et peut continuer à construire l’armée qui le mènera au pouvoir, sous le regard bienveillant de plusieurs chefs d’État d’Afrique centrale.

Ambiguités

Mais les premières déclarations de Djotodia sur RFI, lundi 25 mars, sont ambigües. Il affirme vouloir rester « dans l’esprit des accords de Libreville », avec un gouvernement dirigé par l’opposant Nicolas Tiangaye et qui comptera peut-être des partisans de Bozizé - « Nous ne sommes pas là pour faire une chasse aux sorcières », assure-t-il. Michel Djotodia a aussi déclaré vouloir organiser une élection présidentielle d'ici à trois ans, un délai certes prévu par les accords mais qui paraît bien long pour un président auto-proclamé qui souhaite ne pas se couper de l'aide internationale. « Je n’ai pas dit que, dans trois ans, je remettrais le pouvoir. J’ai dit que des élections libres et transparentes seront organisées à ce moment-là », a tenu à souligner le nouvel homme fort de Bangui, dont les ambitions politiques sont ainsi clairement affirmées face aux journalistes qui lui demandaient combien de temps il comptait rester au centre du jeu.

« Il ne s’agit pas de s’éterniser au pouvoir », a tenté de rassurer le porte-parole de la rébellion à Paris, Eric Massi, toujours sur RFI. Notre objectif est de permettre aux Centrafricains de prendre en main leur destin ». La question d’une nouvelle feuille de route avec un aménagement des accords de Libreville est donc posée et devra trouver une réponse rapidement, sous la pression de la communauté internationale. Une réduction du délai d’organisation de la présidentielle, voire d’un couplage de celle-ci avec les élections locales prévue d’ici à un an selon les accords de Libreville, pourrait être proposée.

 

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