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08/03/2013 à 07:42
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Bertrand Bisimwa, nouveau chef politique du M23, tendance pro-Makenga. Bertrand Bisimwa, nouveau chef politique du M23, tendance pro-Makenga. © AFP

Le haut commandement militaire du Mouvement du 23 mars (M23) a désigné, le 7 mars, Bertrand Bisimwa, alors porte-parole de la rébellion, pour remplacer Jean-Marie Runiga à la tête du groupe armé. À peine nommé, le nouveau chef politique du M23 a invité le gouvernement congolais à soumettre, aux pourparlers de Kampala, sa proposition de sortie de crise.

L’heure est à la réorganisation au Mouvement du 23 mars (M23), rébellion qui sévit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) depuis près d’une année. Après la destitution de Jean-Marie Runiga - qui a créé une autre branche du M23 -, l’aile restée fidèle à son chef militaire, Sultani Makenga, a nommé, le 7 mars, Bertrand Bisimwa au poste de coordonnateur politique. Une récompense pour un « combattant de la première heure », explique-t-on dans son entourage.

Bertrand Bisimwa, 40 ans, natif de la ville de Bukavu (Sud-Kivu), est une figure bien connue dans les groupes armés qui se sont succédé dans la partie est de la RDC depuis près de deux décennies. En 1996, il rejoint l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), rébellion qui mit fin aux 32 ans de règne de Mobutu. Deux ans plus tard, il participe à l’insurrection du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) contre le pouvoir de Kabila (père et fils), avant de se retrouver aux côtés des hommes du général déchu Laurent Nkunda, en 2009. « C’est la riche histoire du M23 », souligne-t-il.

Rapprochement M23 - Kinshasa ?

Aujourd’hui, à la tête du principal groupe armé au Nord-Kivu, Bertrand Bisimwa « souhaite » que son mouvement parvienne à un accord avec Kinshasa avant le 15 mars, date programmée de l’issue des pourparlers engagés depuis le début de décembre 2012 à Kampala. « Mais, à ce jour, contrairement à ce que certains médias ont annoncé, nous n’avons reçu aucun projet d’accord du gouvernement congolais », précise-t-il, rappelant qu’« en dehors du compromis sur l’évaluation de l’Accord du 23 mars [2009, NDLR], aucune proposition de Kinshasa se trouve sur la table des discussions ».

À Kampala, les délégués du M23 sont pris en charge par le gouvernement congolais : or on ne loge pas, on ne nourrit pas, on ne donne pas de l’argent de poche aux membres d’une "force négative".

Bertrand Bisimwa, le nouveau président du M23/pro-Makenga

Après l’éclatement du M23 en deux groupuscules, le gouvernement congolais avait indiqué se retrouver devant « un problème d’identification d’interlocuteurs » pour poursuivre les négociations. « Cette question est levée : Kinshasa nous a informé de son intention de continuer les pourparlers avec notre groupe », assure le nouveau chef politique du M23, aile Sultani Makenga.

En attendant, à New-York, les tractations se poursuivent pour renforcer le mandat des troupes onusiennes en RDC et décider du déploiement d’une brigade d’intervention internationale chargée de neutraliser tous les groupes armés et forces négatives actifs dans le Kivu. « Notre mouvement n’est pas concerné : le M23 n’est pas une force négative, soutient Bertrand Bisimwa. Nous sommes plutôt des partenaires de la paix. C'est pourquoi à Kampala, nos délégués sont pris en charge par le gouvernement congolais : or on ne loge pas, on ne nourrit pas, on ne donne pas l’argent de poche aux membres d’une "force négative" », conclut-il.

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Par Trésor Kibangula

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