Le Premier ministre sénégalais, Abdoul Mbaye, a annoncé mercredi 6 mars la volonté du gouvernement d’interdire totalement "la mendicité des enfants dans les rues". Une déclaration qui fait suite à la mort de neuf talibés dans l’incendie de leur école coranique, la nuit de dimanche à lundi.
La mort de neufs enfants « talibés » âgés de sept à douze ans dans l’incendie de leur medersa, ou daara en wolof (école coranique), relance le débat autour de l’interdiction de la mendicité des enfants au Sénégal. Le Premier ministre Abdoul Mbaye a affiché, jeudi 7 mars, la volonté du gouvernement de protéger les enfants sénégalais de l’exploitation en déclarant à l’Agence de presse sénégalaise (APS) qu’« il y a des décisions qui ont été prises et on va vers l'interdiction totale de la mendicité des enfants dans les rues, car le Coran s'apprend dans un daara et non dans la rue ».
« Il n'est pas question d’interdire la charité, mais organisons-la », a-t-il poursuivi. Macky Sall, président sénégalais, avait annoncé plus tôt que « des mesures fortes pour mettre fin à l'exploitation des enfants » seraient prises.
Pauvreté
Les enfants talibés sont souvent issus de familles rurales pauvres. Ils sont confiés à des marabouts qui sont censés leur apprendre le Coran. La mendicité, ou plutôt la charité, fait partie intégrante de l'éducation religieuse mais certains maîtres n’hésitent pas à utiliser leurs recrues en les faisant mendier toute la journée dans les rues où ils vivent généralement dans des conditions très précaires. Avec le risque de tomber dans la criminalité ou la drogue.
Selon de nombreux observateurs, la mise en œuvre de la décision d'interdiction de la mendicité des enfants sera difficile car elle rencontre l'hostilité de nombreux guides religieux, très influents dans le pays.
(Avec AFP)

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