Extension Factory Builder
07/03/2013 à 19:40
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Formation à l'utilisation de Wikipedia à Abidjan, en novembre 2012. Formation à l'utilisation de Wikipedia à Abidjan, en novembre 2012. © Wikimedia Commons

Si l’Afrique s’ouvre chaque jour davantage aux nouvelles technologies, elle pâtit encore trop souvent d'un faible accès à Internet. En attendant une couverture complète du continent, Wikipédia lance le projet Afripédia. L’idée est simple : permettre aux Africains d’accéder au contenu de l’encyclopédie, même sans connexion web.

Un réseau alternatif au web mondial. Le projet Afripedia, porté par Wikimédia France, l’Institut Français et l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), ne manque pas d'ambition. L’objectif est double : rendre le contenu francophone de Wikipédia disponible dans les lieux où l’accès à Internet est difficile ou absent, et favoriser la création d’articles depuis ces zones mal connectées.

« Le système fonctionne avec un plug, qui est en fait un ordinateur sans clavier, sur lequel on branche une clé USB contenant la version francophone de Wikipédia, renouvelée tous les trois ou quatre mois », explique Adrienne Allix, coordinatrice du projet pour Wikimedia France, « le plug émet ensuite un signal Wifi qui permet aux ordinateurs alentours de se connecter au réseau et de naviguer sur Wikipédia, d’accéder aux archives, de faire des recherches de la même façon que s’ils étaient connectés à Internet ».


Un "plug" utilisé pour le projet Afripedia.

© Marie-Lan Nguyen / Wikimedia Commons

"Réellement conçu pour l’Afrique"

« Le fait d’être consultable hors connexion montre qu’Afripédia est réellement conçu pour l’Afrique qui est face à un grand défi en matière de connexion Internet », s’enthousiasme Boukary Konaté, enseignant et blogueur malien, qui a déjà équipé dix ordinateurs et formé cinq enseignants. « Aucune école ne doit rester en marge de cette opportunité, Afripédia est une bibliothèque portable pour les enseignants et les élèves africains ».

Une « bibliothèque » qui a déjà conquis bon nombre d’utilisateurs, en partie du fait de son prix abordable, 180 euros environ. Au Niger, « l'université Abdou Moumouni de Niamey ainsi que celles de Zinder, de Maradi et de Tahoua » vont être équipées, assure Mariama Abdoul-Moumouni, du Campus numérique francophone (CNF) de la capitale nigérienne. Il espère, à terme, « former des formateurs » afin qu’ils servent de « relais » à l’initiative.

Au Mali, « le dispositif est déployé au Centre d'Accès à l'information de l'École normale supérieure de Bamako, au Centre de documentation de l'Université Mandé Bukari, au centre de documentation de l'Institut polytechnique rural de Katibougou (environ 60 km de Bamako), ou encore à la bibliothèque de l'Université de Ségou (environ 270 km de Bamako) », énumère de son côté Michel Namar, responsable du CNF de Bamako qui multiplie depuis les sessions de formation.

Formation à l'utilisation de Wikipédia à Bamako, avec Michel Namar.

© Michel Namar

Renforcer le poids de l’Afrique sur Wikipédia

Lancé fin 2012, le projet Afripédia espère s’étendre sur toute la partie francophone du continent. Au début du mois de novembre, quatorze personnes venant de plus de dix pays différents après sélection par l’Agence universitaire de la Francophonie, ont été invitées à Abidjan, en Côte d’Ivoire, pour une formation d’une semaine. « C’était l’occasion de redécouvrir Wikipédia et, en prime, de renforcer notre capacité à contribuer au contenu de l’encyclopédie », confie Michel Namar.

L’enjeu est de taille. Du fait du mauvais accès à l’encyclopédie, le nombre d’articles concernant l’Afrique, en particulier subsaharienne, et donc le nombre de visiteurs sur ces pages (voir la carte ci-dessous), restent relativement faible en comparaison avec les autres continents. « Il y a un énorme déséquilibre de contributeurs sur Wikipédia entre le Nord et le Sud du continent », explique Adrienne Allix. « C’était intéressant de former des gens qui seront ensuite capables de faire connaître le projet et d’apporter leurs connaissances » afin d'enrichir le contenu concernant leur pays.

Origine par pays du nombre de personnes visitant des articles concernant les pays africains, entre 2009 et 2011.

Nombre d'articles édités dans Wikipédia par pays africains en 2011. © zerogeography.net/Mark Graham

Entre novembre 2012 et janvier 2013, une centaine d’articles ont ainsi déjà été créés, pour environ 300 000 octets de données. Une vraie réussite pour Wikimedia France, qui a désormais peur de se laisser dépasser par l’ampleur du projet, tant les demandes affluent, notamment de la part du réseau universitaire de RDC. Avant même de rentrer dans une deuxième phase de développement, vraisemblablement à partir de mai 2013, le projet contribue déjà à rendre Wikipédia, sixième site le plus consulté de la planète, un peu plus africain.

________

Par Mathieu Olivier

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

AUTRES

France : Patrick Balkany rattrapé par ses pratiques douteuses en Afrique

France : Patrick Balkany rattrapé par ses pratiques douteuses en Afrique

Patrick Balkany, député et maire de Levallois-Perret, en banlieue parisienne, a été mis en examen, mardi, pour "blanchiment de fraude fiscale", "corruption" et "blanchiment de[...]

Le foot n'est pas la guerre, vous êtes sûr ?

Il n'y a pas qu'en Afrique que les questions politiques font irruption sur les terrains de football.[...]

Tunisie : un ex-ministre de Ben Ali à Carthage ?

Caciques de l'ancien régime ou membres éphémères de l'équipe gouvernementale du président déchu, ils ont décidé de briguer la magistrature suprême le 23&[...]

Burkina : l'opposition manifeste contre le référendum favorable au maintien de Compaoré au pouvoir

L’annonce faite par le gouvernement hier d’un référendum à venir pour ouvrir la voie à une nouvelle candidature de Blaise Compaoré a déclenché des manifestations de m&[...]

Quand Sékouba Konaté se lâche

On le croyait taiseux, encore empreint d'une rigueur très militaire. Mais ça, c'était avant : l'ancien président de la transition est aujourd'hui décidé à régler ses [...]

Accusée d'adultère, une Syrienne est lapidée par son père et des jihadistes

Une Syrienne a été lapidée par son père et des jihadistes de l'organisation de l'État islamique dans le centre de la Syrie, selon une vidéo publiée mardi sur Youtube. Elle ét[...]

Football : le Camerounais Samuel Eto'o élu "Boulard d'or" 2014

C'est une distinction qui manquait encore à Samuel Eto'o. Mardi, le Camerounais a été élu "Boulard d'or" par les lecteurs du quotidien "L'Équipe", devant Zlatan Ibrahimovic [...]

RDC : le docteur Mukwege, lauréat du prix Sakharov du Parlement européen

Le docteur congolais Denis Mukwege s'est vu décerner mardi le Prix Sakharov 2014 pour son travail auprès des femmes victimes de violences sexuelles dans les conflits armés de l'est de la RDC.[...]

La course pour la direction du bureau Afrique de l'OMS est lancée...

Qui, début novembre, succédera à l'Angolais Luís Gomes Sambo à la tête du bureau Afrique de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ?[...]

Cinéma : "Bande de filles", quatre ados dans le vent

Porté par des actrices non professionnelles, le film de Céline Sciamma "Bande de filles" pose un regard plein de fraîcheur sur les banlieues françaises.[...]

Mali : ouverture du troisième round de négociations à Alger

Les pourparlers de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés ont repris mardi à Alger. Le ministre malien des Affaires étrangères a appelé les différents mouvements à c[...]

Comores : le juge et les putschistes présumés

Aux Comores, la justice prend son temps pour traiter les dossiers des auteurs présumés de la tentative de coup d'État du 19 avril 2013.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers