Selon les premiers résultats officiels annoncés jeudi matin par la commission électorale, Uhuru Kenyatta arrive largement en tête du scrutin présidentiel. Le camp de son adversaire, Raila Odinga, dénonce des résultats trafiqués et demande l’arrêt du dépouillement en cours. La commission, par la voix de son président, reste sereine.
Le vice-Premier ministre Uhuru Kenyatta bénéficiait d'une nette avance jeudi matin sur son principal adversaire, Raila Odinga, pour l'élection présidentielle qui s'est déroulée lundi 4 mars au Kenya. Ces résultats partiels portent sur près de la moitié des votants, soit environ 4,5 millions de bulletins, alors que plus de 10 millions de personnes ont participé au scrutin, selon les estimations de la commission électorale nationale (IEBC).
De son côté, Raila Odinga dénonce déjà les résultats. Kalonzo Musyoka, colistier de l'actuel Premier ministre, a affirmé détenir « des preuves que les résultats que nous avons reçus ont été trafiqués. Dans certains cas, le nombre total de bulletins dépasse le nombre d'électeurs enregistrés ». M. Musyoka, qui veut se maintenir à son poste actuel de vice-président, aux côtés de Odinga si ce dernier est élu, a également affirmé que « des observateurs de sa coalition, Cord, s'étaient fait expulser de centres de dépouillement ». Il a cependant précisé que ses accusations ne constituaient pas un appel à la rue. « Nous sommes attachés à l'État de droit », a-t-il poursuivi.
"En aucune façon, il n'y a moyen de trafiquer les résultats"
La commission électorale reste sereine et réfute toute fraude en rejetant fermement les accusations du camp Odinga. « En aucune façon, il n'y a moyen de trafiquer les résultats », a déclaré devant la presse, son président, Ahmed Issack Hassan. Ajoutant que « tout résultat montrant un nombre total de votes supérieur au nombre d'électeurs enregistrés entraîne une annulation » et continuant, « jusqu’ici nous n’avons rien vu de tel ». Le président de la commission tenait également à prendre la défense des agents, arguant qu’ils sont « impartiaux ».
La commission publie depuis mercredi au compte-goutte des résultats partiels officiels du scrutin présidentiel, après qu'une panne de ses systèmes informatiques, apparemment saturés, l'a contrainte à suspendre une tentative de publication des résultats provisoires en temps réel. « Nous devrions annoncer les résultats finaux vendredi », a déclaré mercredi soir le président de la Commission, Ahmed Issack Hassan.
La veille, c’est la coalition d’Uhuru Kenyatta qui avait dénoncé le mode de calcul des résultats, risquant de la confronter à un second tour. Plus de 38 000 bulletins nuls ont été décomptés jeudi matin, selon la télévision Citizen TV, soit nettement moins que les centaines de milliers dont faisaient état les précédents résultats provisoires, et sans qu'aucune explication n'ait encore été donnée à ce propos.
Dans le même temps, la Cour pénale internationale annonce le report de l'ouverture du procès pour crimes contre l'humanité du candidat en tête, Uhuru Kenyatta, au 9 juillet 2013. Cette décision intervient à la demande de la défense. Le début du procès était initialement prévu le 11 avril.
(Avec AFP)

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