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06/03/2013 à 17h:11
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Des villageois marchent sur une route de Rangira, près de Rutshuru, en octobre 2012. Des villageois marchent sur une route de Rangira, près de Rutshuru, en octobre 2012. © AFP

À New York, le renforcement du mandat de la Monusco et le déploiement d’une brigade d’intervention dans la partie est de la RDC sont encore à l’étude. En attendant, Kinshasa et une branche du M23 dirigée par Sultani Makenga seraient prêts à conclure un accord de paix. Un rapprochement que dénonce le "colonel" Séraphin Mirindi, porte-parole de l’autre aile de la rébellion. Interview.

Chacun consulte encore les siens. Le président congolais Joseph Kabila réunit les membres de la Majorité présidentielle à Kingakati, une bourgade située à l’est de la ville de Kinshasa. Sultani Makenga, chef militaire de la rébellion du Mouvement du 23-Mars (M23), concerte ses lieutenants à Bunagana, à la frontière avec l’Ouganda. Selon RFI, les deux camps seraient prêts à signer un accord d’ici au 15 mars, mettant ainsi fin aux discussions de Kampala.

Contacté par Jeune Afrique, Lambert Mende ne confirme pas l’information. « Il n’en est rien, explique le porte-parole du gouvernement de la RDC. Avec l’éclatement du M23 en deux branches, nous nous retrouvons plutôt devant un problème d’identification d’interlocuteurs pour poursuivre les pourparlers dans la capitale ougandaise. » Mais, sur place à Kampala, les sources proches de la délégation congolaise n’excluent pas l’hypothèse d’un rapprochement entre Kinshasa et l’aile pro-Makenga du M23.

À Kibumba (à environ 30 km de Goma), où ils se sont retranchés, les hommes restés fidèles à Jean-Marie Runiga, président déchu du M23, se préparent déjà à l’éventualité d’une attaque de la coalition entre l’armée régulière congolaise, les FARDC, et les troupes de Sultani Makenga. Le « colonel » Séraphin Mirindi, porte-parole de la branche pro-Runiga du M23, revient sur la position de son mouvement par rapport à la nouvelle donne qui semble se dessiner sur le terrain.

Jeune Afrique : Que représentent aujourd’hui les pourparlers de Kampala pour la branche du M23 dirigée par Jean-Marie Runiga ?

Séraphin Mirindi : Pour nous, les discussions de Kampala restent la seule voie pour aboutir à une issue pacifique dans la crise au Kivu. Après la défection de Sultani Makenga, le président de notre mouvement, Jean-Marie Runiga, a d’ailleurs confirmé sa confiance à François Rucogoza, secrétaire général du M23, pour qu’il continue à conduire la délégation de la rébellion à ces pourparlers. Malheureusement, Kinshasa envisage plutôt de conclure une alliance avec Sultani Makenga pour torpiller les négociations de Kampala. C’est un mariage de dupes qui risque d’aggraver la situation sur le terrain.

Nous ne sommes pas avec le général Bosco Ntaganda, recherché par la CPI. Il faut chercher ailleurs…

On nous a appris que le chef d’état-major des forces terrestres de l’armée congolaise, le général François Olenga, s’apprête à implanter la base de ses opérations dans la ville de Goma, en prévision d’une attaque sur nos positions - l’ensemble du territoire de Nyirangongo et une partie de Rutshuru -, en coalition avec les rebelles rwandais des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), des milices Maï-maï et des hommes de Sultani Makenga. Ils seront donc tenus pour responsables de toute détérioration de la situation sécuritaire dans le Kivu.

Votre branche armée est considérée comme proche du général Bosco Ntaganda qui est recherché par la Cour pénale internationale (CPI). N’est-ce pas un handicap majeur à la fois sur le terrain militaire et sur la table des négociations ?

C’est une contre-vérité de vouloir nous associer avec ce général. Nous savons tous que Ntaganda a été utilisé en 2009 par Kinshasa, la région des Grands lacs et la communauté internationale pour mettre fin à la rébellion de Laurent Nkunda. À l’époque, tout le monde l’applaudissait et le considérait comme un partenaire de la paix. Joseph Kabila avait même refusé ouvertement de l’arrêter et de le remettre à la CPI. Nous ne sommes donc pas avec Bosco Ntaganda. Il faut chercher ailleurs…

Le Conseil de sécurité des Nations unies pourrait adopter d’ici la fin du mois de mars une résolution accordant à la Monusco un « mandat plus robuste ». Ne craignez-vous pas vous retrouver dans le collimateur de la brigade d’intervention internationale qui sera déployée dans la partie est de la RDC pour neutraliser toutes les forces négatives ?

Déployer une brigade d’intervention, c’est tenter de résoudre un problème en créant un autre. On ne fait que tourner en rond depuis plusieurs années. Les groupes armés dans le Kivu ne sont pas la cause du problème congolais, mais la conséquence de la mauvaise gouvernance à Kinshasa.

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Propos reccueillis par Trésor Kibangula

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