Extension Factory Builder
05/03/2013 à 09:17
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le président guinéen Alpha Condé. Le président guinéen Alpha Condé. © AFP

Alors que depuis plusieurs jours la Guinée est confrontée à des violences, ayant fait au moins six morts la semaine dernière, le président guinéen Alpha Condé a reçu, lundi 4 mars, des représentants de la classe politique et de la société civile.

« J'ai décidé de mettre en place un cadre permanent de concertation sous l'égide du Premier ministre », Mohamed Saïd Fofana, a déclaré le président Condé à l'ouverture de la rencontre, au palais présidentiel. « Je lance un appel solennel, pour éviter la violence » a-t-il ajouté.

Cette courte réunion - elle a duré moins d'une heure – « avait pour but, selon une source proche de la présidence, de rechercher les voies et moyens de sortir de la crise que traverse le pays, née de la contestation de l'opposition qui exige des élections législatives libres et transparentes ».

Depuis 2011, année pendant laquelle devait se dérouler le scrutin législatif, maintenant fixé à mai, l’opposition multiplie les manifestations pour exiger des élections libres et transparentes en Guinée. Dénonçant l'absence de dialogue avec le pouvoir et la commission électorale, l’opposition avait annoncé, le 23 février, qu’elle se retirait du processus de préparation des législatives. Elle avait cependant précisé qu’elle n’envisageait pas de boycotter le scrutin.

Aboubacar Sylla, porte-parole de l'opposition guinéenne, qui a conduit la délégation des opposants, a exprimé sa déception à l'issue de la rencontre. « Nous sommes venus pour rien », a-t-il déclaré. « Le président nous a dit qu'il allait mettre en place un cadre permanent de concertation sous l'égide de son Premier ministre, qui allait nous contacter à une date indéterminée avec, à la clé, aucun calendrier, aucun agenda », a ajouté M. Sylla.

« Nous ne voulons pas d'un simulacre de dialogue, nous ne voulons pas d'une opération de communication destinée à présenter ce pouvoir comme un pouvoir qui tend la maison à son opposition », a-t-il poursuivi, en réclamant notamment le « gel du processus électoral », la libération des militants de l'opposition arrêtés.

Du côté de la majorité présidentielle, on salue cette rencontre.  Pour El-Hadj Bouna Kéita, chef du Rassemblement guinéen pour la prospérité (RGP, mouvance présidentielle), le président Condé « est en train d'écouter son peuple parce qu'aujourd'hui, il a fait appel à tous les partis politiques pour qu'ensemble, nous trouvions des solutions à nos problèmes pour aller de l'avant ». « Il faut aller maintenant aux élections, (...) les investisseurs étrangers ne viendront jamais en Guinée tant que le pays n'est pas sur la voie de la normalisation », a ajouté M. Kéita, en exhortant au calme.

Violences et pillages

La semaine dernière, Conakry a été le théâtre de violences qui ont fait au moins six morts - cinq civils et un policier – et plus de 200 blessés. Selon le gouvernement, ces heurts ont conduit à l'arrestation de 62 personnes.

Cette vague de violence a commencé le 27 février, alors que l’opposition avait mobilisé des milliers de personnes dans la rue à Conakry et dans les régions pour réclamer des législatives transparentes.

Les heurts se sont poursuivis le lendemain à Conakry, coïncidant avec une journée ville morte à l'appel de l'opposition, puis le 1er mars.
Lundi, de nouveaux affrontements ont lieu dans la capitale entre les forces de l’ordre et des personnes qui ont tenté de piller des commerces alors que tous les marchés de Conakry étaient fermés à l'appel de commerçants réclamant des dommages après avoir été victimes de pillages durant les violences de ces derniers jours. Selon des témoins, les marchés sont également fermés à Pita, Labé (nord) et Mamou (centre).

Dans un communiqué transmis à l'AFP par la présidence guinéenne, le gouvernement a fait également état d'attaques de domiciles privés, qui sont saccagés ou brûlés par des « bandes munies d'armes blanches et de cocktails incendiaires » dans la banlieue de Conakry.

« Trente-six blessés ont été admis dans les centres médicaux » en banlieue, la police et la gendarmerie sont déployées « afin d'empêcher de nouvelles exactions et rétablir l'ordre » et les sapeurs-pompiers « s'activent à éteindre les incendies », affirme le gouvernement.

(Avec AFP)
 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Guinée

Guinée : l'opposition ignore l'appel au dialogue du pouvoir

Guinée : l'opposition ignore l'appel au dialogue du pouvoir

Alors qu'Alpha Condé avait ouvert la porte au dialogue au sujet du calendrier électoral contesté, les chefs de l'opposition dénoncent une "opération de communication" de la pré[...]

Ebola : en Guinée et en Sierra Leone, le virus n'a pas dit son dernier mot

Après un net répit, les cas confirmés d'Ebola ont connu une forte augmentation la semaine passée en Guinée et en Sierra Leone.[...]

Guinée : rencontre apaisée pour Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo se dit déçu

Initialement prévu le 8 mai, le tête-à-tête entre le président guinéen Alpha Condé et son principal opposant Cellou Dalein Diallo a finalement eu lieu mercredi 20 mai à[...]

Guinée : Moussa Dadis Camara, l'onde de choc du béret rouge

L'encombrant putschiste de 2008 a annoncé, depuis son exil burkinabè, sa candidature à l'élection présidentielle guinéenne d'octobre. Et ça provoque déjà des[...]

Alpha Condé : "Ceux qui m'empêcheront de réussir ne sont pas encore nés"

À cinq mois de la fin de son premier mandat, le chef de l'État a deux priorités : en finir avec l'épidémie d'Ebola et contenir une opposition acharnée à contester sa[...]

Présidentielle guinéenne : à quoi joue Moussa Dadis Camara ?

L'annonce de la candidature présidentielle de Moussa Dadis Camara bouleverse l'échiquier politique guinéen. Que cherche l'ex-putschiste exilé à Ouagadougou ? Sera-t-il autorisé à[...]

Ebola : des experts de l'ONU étrillent l'action de l'OMS

Des experts onusiens dénoncent le retard pris en 2014 par l'OMS pour déclarer une urgence de santé publique mondiale.[...]

À Ouagadougou, Moussa Dadis Camara annonce sa candidature à la présidentielle guinéenne

En exil au Burkina Faso depuis 2010, l'ancien chef de la junte a annoncé lundi, lors d'une conférence de presse à Ouagadougou, qu'il se portait candidat à l'élection présidentielle[...]

Alpha Condé : "Les fusils de chasse et les frondes, c'est l'opposition qui en fait usage"

Le chef de l'État guinéen, Alpha Condé, a accordé une interview exclusive à "Jeune Afrique". Et répond aux attaques, alors que la situation dans son pays reste tendue.[...]

Guinée : le chef de l'opposition disposé à rencontrer le président la semaine prochaine

Le chef de l'opposition guinéenne Cellou Dalein Diallo, qui a décliné une rencontre avec le président Alpha Condé prévue vendredi matin, se dit prêt à le rencontrer la semaine[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers