Une équipe de virologues américains a annoncé, le 3 février, le premier cas de guérison "fonctionnelle" d'un enfant contaminé à la naissance avec le VIH. Le virus lui avait été transmis par sa mère séropositive non traitée. Une petite victoire dans la lutte pour l’éradication le sida.
Un pas de plus dans le combat contre le sida. Le premier cas de guérison apparente d'un jeune enfant contaminé à la naissance avec le VIH transmis par sa mère séropositive non traitée, a été annoncé, le 3 février, aux États-Unis. Une nouvelle qui conforte l'espoir de pouvoir vaincre cette infection dévastatrice.
Il ne s'agit pas d'une éradication du virus dans le corps du malade mais du fait que sa présence est tellement faible que le système immunitaire de l'organisme peut le contrôler sans traitement antirétroviral, ont expliqué les virologues, lors de la 20e conférence annuelle sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI) réunie ce week-end à Atlanta, en Géorgie.
Le "patient de Berlin"
À ce jour, la seule guérison complète officielle reconnue au monde est celle de l'Américain Timothy Brown, dit le patient de Berlin. Il a été déclaré guéri après une greffe de moelle osseuse d'un donneur présentant une mutation génétique rare empêchant le virus de pénétrer dans les cellules. Cette greffe visait à traiter une leucémie.
Faire une thérapie antirétrovirale chez les nouveau-nés très tôt pourrait permettre d'obtenir une très longue rémission sans antirétroviraux.
Dr Deborah Persaud, virologue
Dans le cas de l'enfant pouvant désormais contrôler sans traitement son infection, celui-ci avait reçu des antirétroviraux moins de 30 heures après sa naissance, soit beaucoup plus tôt que ce qui est normalement fait pour les nouveaux-nés à haut risque d'être contaminés. Les tests avaient montré une diminution progressive de la présence virale dans le sang du nouveau-né jusqu'à ce que le virus soit indétectable 29 jours après la naissance. Ce traitement précoce explique probablement sa guérison « fonctionnelle » en bloquant la formation de réservoirs viraux difficiles à traiter, selon ces chercheurs. L'enfant avait été traité avec des antirétroviraux jusqu'à 18 mois, âge à partir duquel les médecins ont perdu sa trace pendant dix mois. Pendant cette période il n'a pas eu de traitement antirétroviral. Les médecins ont procédé alors à une série de tests sanguins dont aucun n'a détecté la présence de VIH dans le sang.
« Faire une thérapie antirétrovirale chez les nouveau-nés très tôt pourrait permettre d'obtenir une très longue rémission sans antirétroviraux en empêchant la formation de ces réservoirs viraux cachés », souligne le Dr Deborah Persaud, une virologue du Centre des enfants de la faculté du centre hospitalier universitaire Johns Hopkins à Baltimore (Maryland, est), principal auteur de cette étude clinique. C'est ce qui s'est apparemment passé avec cet enfant, estime cette chercheuse.
Mais la suppression de la charge virale du VIH sans traitement est excessivement rare. Elle est observée dans moins de 0,5% des adultes infectés dont le système immunitaire empêche la réplication du virus et le rend cliniquement indétectable, précisent ces virologues. Selon eux, le cas du jeune enfant apparemment guéri pourrait changer la pratique médicale actuelle en mettant en lumière le potentiel d'un traitement antirétroviral très tôt après la naissance pour ces nouveau-nés à haut risque. Mais, soulignent ces chercheurs, le premier objectif est la prévention pour empêcher la transmission de la mère à l'enfant.
(Avec AFP)

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